Économie & finances publiques : Choc de baisse de la dépense publique
Un État « fort mais pas obèse » : baisse de la dépense publique chiffrée entre 50 et 100 Md€ selon les documents et les prises de parole, abaissement de l'impôt sur les sociétés à 20 %, baisse des charges et flexibilisation du marché du travail. Le programme prévoit aussi une réduction très importante des effectifs publics adossée à l'intelligence artificielle, et une « rupture avec le modèle social-étatiste ».
Supprimer 250 000 à 300 000 postes publics grâce à l'IA
Réduire les effectifs de la fonction publique de 250 000 à 300 000 postes sur le quinquennat, en s'appuyant sur l'automatisation des tâches administratives et le déploiement de l'intelligence artificielle dans les services de l'État.
Chiffrage : Ordre de grandeur d'économies de 10 à 15 Md€ par an à terme, dans le prolongement du ratio observé lors de la RGPP.
Note de crédibilité : 40 sur 100. Précision de la mise en œuvre 12 sur 25, financement 13 sur 25, adossement au consensus économique 8 sur 25, précédents observés 7 sur 25.
Arguments favorables : L'emploi public français est parmi les plus élevés de l'OCDE rapporté à la population active : la comparaison internationale laisse une marge théorique réelle. (OCDE, « Government at a Glance ») Une part importante des tâches administratives, instruction de dossiers, réponses standardisées, contrôle de cohérence, est effectivement automatisable avec les technologies actuelles. (Études sur l'automatisation des tâches administratives)
Objections : Les gains de productivité des technologies de l'information dans le secteur public sont historiquement lents et décalés : c'est le « paradoxe de Solow », qui n'a jamais cessé de s'appliquer à l'administration. (Solow (1987) ; littérature sur l'informatisation du secteur public) L'essentiel de l'emploi public français est concentré dans l'éducation, la santé et la sécurité : des métiers de présence humaine, très peu automatisables. Retirer 300 000 postes suppose donc d'y toucher. (DGAFP, structure de l'emploi public) La RGPP a supprimé environ 150 000 postes en cinq ans avec un dispositif entièrement dédié : atteindre le double suppose un rythme sans précédent. (Évaluations de la RGPP (2012)) La cible varie entre 80 Md€ et 50 Md€ d'économies selon les documents publiés, ce qui affaiblit la lisibilité de l'engagement. (Comparaison des documents programmatiques LR 2026)
Précédent, France, RGPP 2007-2012 : Non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Environ 150 000 postes en moins, économies inférieures aux annonces, dégradation documentée de plusieurs services de proximité. Le précédent français le plus proche montre à la fois qu'une baisse d'effectifs est réalisable et que son rendement budgétaire est surestimé au moment de l'annonce.
Précédent, Estonie (e-gouvernement) : Numérisation intégrale des services publics, identité numérique, guichet unique. Administration réputée parmi les plus efficaces d'Europe, coûts administratifs faibles. La preuve que la technologie peut réduire l'administration existe : mais l'Estonie a construit son État numérique en partant d'une page blanche en 1991, sans stock de procédures ni de statuts à défaire.
Sources : Programme de Bruno Retailleau, ÉlyséeScope · Comparateur de programmes, Fondation iFRAP (think-tank libéral)
Réduire la dépense publique de 50 Md€ au moins
Engager une « rupture avec le modèle social-étatiste » par une réduction massive de la dépense publique : alignement du temps de travail des agents publics sur les 1 607 heures du droit commun, baisse des dotations aux agences de l'État, réduction et recentrage de l'aide publique au développement, restriction de l'aide médicale d'État, plafonnement du cumul des aides sociales et reprise de la réforme de l'assurance chômage. L'objectif affiché varie selon les documents : 50 Md€ sur le quinquennat dans la version la plus citée, jusqu'à 100 Md€ sur cinq ans dans d'autres présentations.
Chiffrage : 50 à 100 Md€ selon les documents. Briques évaluées par la Fondation iFRAP (think-tank libéral) : environ 4 Md€ pour l'alignement du temps de travail public sur 1 607 heures, 1,2 Md€ sur l'aide publique au développement. Le volet « travail gagnant » est chiffré par le candidat lui-même à 30 Md€ d'économies, dont la moitié serait restituée en pouvoir d'achat, donc hors désendettement.
Note de crédibilité : 44 sur 100. Précision de la mise en œuvre 8 sur 25, financement 12 sur 25, adossement au consensus économique 14 sur 25, précédents observés 10 sur 25.
Arguments favorables : La littérature sur les consolidations budgétaires montre que celles qui reposent sur la dépense sont moins récessives et plus durables que celles qui reposent sur l'impôt. (Alesina, Favero & Giavazzi, « Austerity: When It Works and When It Doesn't » (2019)) La France a l'un des ratios de dépense publique rapportée au PIB les plus élevés de l'Union européenne : la comparaison internationale suggère des marges d'efficience réelles. (Eurostat, comptes des administrations publiques) Certaines briques sont opérationnelles et déjà engagées ailleurs : l'alignement sur les 1 607 heures a été imposé aux collectivités par la loi de transformation de la fonction publique. (Loi de transformation de la fonction publique (2019))
Objections : Aucun quinquennat récent n'a réalisé des économies nettes de cet ordre, et les programmes comparables (100 Md€ annoncés en 2017 par François Fillon) n'ont jamais été testés. (Historique des trajectoires de finances publiques françaises) Le montant varie du simple au double selon les documents et les prises de parole, ce qui rend l'engagement difficile à évaluer et à contrôler. (Comparaison des documents programmatiques LR 2026 (ÉlyséeScope, iFRAP)) Les économies coexistent avec des baisses de prélèvements coûteuses (impôt sur les sociétés à 20 %, heures supplémentaires défiscalisées) et un effort de défense accru : le solde net pour le désendettement n'est pas documenté. (Chiffrages des baisses de prélèvements annoncées)
Précédent, Canada, 1994-1998 : Consolidation budgétaire massive portant à 80 % sur la dépense, avec revue de programmes ministère par ministère. Passage d'un déficit de 9 % du PIB à un excédent en quatre ans, sans récession, aidé par une monnaie qui se déprécie et une demande américaine forte. La référence pour ce type de trajectoire : c'est possible, mais les conditions extérieures étaient très favorables et la France ne dispose pas du levier de change.
Précédent, France, RGPP 2007-2012 : Programme transversal de réduction de la dépense et des effectifs de l'État. Économies réelles mais nettement inférieures aux annonces, et dégradation documentée de plusieurs services publics de proximité. Le précédent français direct : les rendements annoncés en campagne sont systématiquement surestimés d'un facteur important.
Sources : Comparatif des programmes économiques 2027, ÉlyséeScope · Comparateur de programmes, Fondation iFRAP (think-tank libéral) · Plan « travail gagnant » présenté le 7 janvier 2026, Public Sénat
Un « revenu familial » de 240 euros par mois et par enfant
Verser 240 euros mensuels par enfant, de la naissance à 18 ans, en remplacement de douze dispositifs existants, dans le cadre d'une politique familiale et nataliste assumée qui comprend aussi un congé de naissance étendu à six mois indemnisé à 70 %.
Note : 45 sur 100. Le montant et le principe de fusion sont précis, et la Fondation iFRAP (think-tank libéral) en estime le solde proche de l'équilibre à terme ; mais le coût de transition et l'articulation avec le plafonnement global des aides à 70 % du SMIC ne sont pas documentés. Source : Comparateur iFRAP des programmes 2027.
Immigration : Réduction drastique, tranchée par référendum
Réduction drastique de l'immigration soumise à référendum, révision constitutionnelle destinée à contourner les décisions de justice bloquant certaines expulsions, suppression du droit du sol, durcissement du regroupement familial et des aides sociales versées aux étrangers. Le candidat, qui juge qu'« un demi-million d'entrées par an, c'est trop », veut que le peuple tranche directement, l'immigration étant selon lui « une question existentielle pour la France ».
Réviser la Constitution pour lever les blocages juridictionnels
Modifier la Constitution par référendum afin de restreindre les fondements sur lesquels les juridictions administratives et judiciaires bloquent les mesures d'éloignement, et rendre exécutables les décisions d'expulsion aujourd'hui suspendues.
Chiffrage : Pas de coût budgétaire direct significatif.
Note de crédibilité : 51 sur 100. Précision de la mise en œuvre 15 sur 25, financement 18 sur 25, adossement au consensus économique 8 sur 25, précédents observés 10 sur 25.
Arguments favorables : L'écart entre obligations de quitter le territoire prononcées et effectivement exécutées est un fait documenté et constant depuis vingt ans, tous gouvernements confondus. (Rapports parlementaires sur l'exécution des OQTF) Le pouvoir constituant est bien souverain en droit interne : une révision peut modifier l'équilibre entre droits fondamentaux et police des étrangers. (Constitution, article 89)
Objections : Le principal obstacle à l'exécution des éloignements n'est pas le juge mais la délivrance de laissez-passer consulaires par les pays d'origine : une révision constitutionnelle ne change rien à cette contrainte diplomatique. (Rapports de la Cour des comptes et du Sénat sur l'éloignement) La Convention européenne des droits de l'homme continue de s'appliquer indépendamment du droit constitutionnel interne : la Cour EDH resterait compétente, sauf dénonciation de la Convention. (Articles 3 et 8 de la CEDH ; jurisprudence de la Cour) Le recours à l'article 11 pour réviser la Constitution est juridiquement contesté depuis 1962 ; l'article 89 exige les trois cinquièmes du Congrès, ce qui suppose une majorité qu'aucun sondage ne laisse entrevoir. (Débat constitutionnel sur les articles 11 et 89)
Précédent, Royaume-Uni, plan Rwanda (2022-2024) : Législation votée pour déclarer le Rwanda « pays sûr » et contourner les objections juridictionnelles à l'expulsion des demandeurs d'asile. Bloqué par la Cour suprême britannique, puis par la Cour EDH ; quasiment aucune expulsion effective avant l'abandon du dispositif en 2024, pour un coût de plusieurs centaines de millions de livres. Le précédent le plus récent et le plus proche : légiférer contre le contrôle juridictionnel n'a pas suffi, même avec une majorité parlementaire déterminée.
Précédent, Danemark, depuis 2015 : Durcissement progressif mené dans le cadre des traités, en exploitant les marges de la directive Retour. Baisse réelle et durable des flux d'asile, avec un contentieux limité. L'approche qui a fonctionné en Europe consiste à utiliser les marges du droit existant plutôt qu'à l'affronter frontalement.
Sources : Que propose Bruno Retailleau sur l'immigration, ÉlyséeScope · Retailleau officialise sa candidature
Soumettre la réduction de l'immigration à un référendum
Consulter directement les Français pour « réduire drastiquement l'immigration », au motif que l'immigration a bouleversé la société depuis cinquante ans « sans que les Français aient jamais été consultés ». Le champ de l'article 11 de la Constitution n'incluant pas l'immigration, le candidat propose de l'étendre pour « redonner la parole au peuple », quitte à passer par l'article 11 lui-même pour opérer cette extension.
Chiffrage : Pas de coût budgétaire direct significatif, hors organisation du scrutin.
Note de crédibilité : 41 sur 100. Précision de la mise en œuvre 10 sur 25, financement 18 sur 25, adossement au consensus économique 5 sur 25, précédents observés 8 sur 25.
Arguments favorables : L'argument démocratique est réel : aucune des grandes lois migratoires des dernières décennies n'a été soumise au vote direct, alors que le sujet structure durablement le débat public. (Argumentaire du candidat lors de l'annonce de candidature) Le précédent de 1962 montre qu'un référendum tenu sur le fondement de l'article 11, même juridiquement contesté, s'impose politiquement une fois approuvé par le peuple. (Précédent du référendum du 28 octobre 1962)
Objections : Pour une partie des constitutionnalistes, utiliser l'article 11 pour contourner l'article 89 constitue une « violation de la Constitution », avec un risque de dérive vers des pratiques de démocratie plébiscitaire. (Marie-Anne Cohendet, constitutionnaliste (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), citée par Public Sénat) En l'état, ni l'immigration ni la justice n'entrent dans le champ de l'article 11 : le référendum promis suppose d'abord une révision constitutionnelle, donc l'accord des deux chambres ou les trois cinquièmes du Congrès. (Constitution, articles 11 et 89 ; Public Sénat) Même approuvée par référendum, une réduction drastique se heurterait au droit de l'Union et à la CEDH ; la primauté du droit national conduirait « très vite » à poser la question de l'appartenance à l'UE. (Mathieu Carpentier, constitutionnaliste (Toulouse Capitole), cité par Public Sénat)
Précédent, Suisse, votation du 9 février 2014 : Initiative populaire « contre l'immigration de masse » approuvée à 50,3 %, imposant des plafonds et une préférence nationale. Application très édulcorée en 2016 : le Parlement a réduit l'initiative à une simple obligation d'annonce des postes vacants, pour préserver les accords bilatéraux avec l'Union européenne. Même dans le pays du référendum, un vote populaire sur l'immigration n'a pas suffi à surmonter les contraintes des traités européens.
Précédent, France, 1962 et 1969 : Révisions constitutionnelles soumises au peuple par l'article 11 par le général de Gaulle. Succès politique en 1962 malgré la controverse juridique ; échec en 1969, entraînant la démission du président. La voie n'a plus jamais été utilisée depuis. Le précédent existe mais il est unique, ancien et à double tranchant : un référendum perdu engage le mandat lui-même.
Sources : Le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?, Public Sénat · Retailleau officialise sa candidature
Supprimer le droit du sol
Mettre fin à l'acquisition automatique de la nationalité française liée à la naissance sur le sol : la nationalité doit être selon lui « le fruit d'un choix et du mérite », l'assimilation « ne fonctionnant plus ». La mesure exigerait une révision constitutionnelle ou une loi exposée à la censure du Conseil constitutionnel.
Note : 30 sur 100. L'intention est claire mais le véhicule juridique ne l'est pas, et l'effet sur les flux d'entrée serait indirect : le droit du sol concerne des enfants déjà nés et élevés en France, pas les entrées sur le territoire. Source : Entretien à Valeurs actuelles, 30 juin 2026.
Restreindre le regroupement familial et conditionner les prestations
Durcir les conditions de revenus et d'exigences linguistiques du regroupement familial, et réserver certaines prestations comme les APL ou les allocations familiales aux étrangers en situation régulière justifiant de cinq années de travail effectif.
Note : 45 sur 100. Des leviers voisins existent chez plusieurs voisins européens, au Danemark ou en Autriche notamment, et le Sénat a déjà voté des dispositions proches en 2023 ; mais le Conseil constitutionnel a censuré une large part de ces mesures en janvier 2024, et le droit européen encadre strictement les conditions de résidence. Source : Entretien à Valeurs actuelles, 30 juin 2026 ; loi immigration de 2023 et décision du Conseil constitutionnel de janvier 2024.
Fiscalité & impôts : Moins d'impôts sur le travail et la production
Baisse de l'impôt sur les sociétés à 20 %, allègement des impôts de production avec la suppression de la CVAE, et défiscalisation totale des heures travaillées au-delà du nouveau seuil de 1 623 heures annuelles. Au Sénat, la ligne défendue par la majorité LR consiste par ailleurs à remplacer l'impôt sur la fortune immobilière par un impôt sur la « fortune improductive » à seuil relevé.
Abaisser l'impôt sur les sociétés à 20 %
Ramener le taux normal de l'impôt sur les sociétés de 25 % à 20 % pour renforcer la compétitivité des entreprises, dans le prolongement de la trajectoire de baisse engagée depuis 2017.
Note : 50 sur 100. La cible est simple et le véhicule législatif classique, avec un précédent direct : la baisse de 33 % à 25 % a été menée à bien entre 2017 et 2022. Mais le coût, plusieurs milliards d'euros par point de taux, n'est pas financé dans un programme qui promet en parallèle un effort massif de désendettement. Source : Comparatif des programmes économiques, ÉlyséeScope.
Défiscaliser totalement les heures au-delà de 1 623 heures
Exonérer d'impôt sur le revenu et de cotisations salariales et patronales, hors CSG et CRDS, toutes les heures travaillées au-delà du seuil annualisé de 1 623 heures, pour augmenter le salaire net sans renchérir le coût du travail.
Note : 55 sur 100. Le dispositif prolonge la défiscalisation TEPA de 2007, appliquée puis partiellement rétablie depuis 2019 : la faisabilité est démontrée. Les évaluations de TEPA ont toutefois mesuré un gain de pouvoir d'achat réel mais un effet faible sur les heures effectivement travaillées, pour un coût budgétaire élevé. Source : Public Sénat, plan « travail gagnant », 7 janvier 2026 ; évaluations de la loi TEPA.
Remplacer l'IFI par un impôt sur la « fortune improductive »
Substituer à l'impôt sur la fortune immobilière une contribution assise sur les actifs jugés improductifs, liquidités dormantes, or, cryptoactifs ou biens de luxe, avec un seuil d'entrée relevé à environ 2,5 M€ : la version votée par les sénateurs LR lors du budget 2026.
Note : 45 sur 100. Le Sénat l'a effectivement adoptée en novembre 2025, preuve d'une faisabilité parlementaire réelle ; mais le rendement attendu est modeste et la frontière entre patrimoine productif et improductif est difficile à définir et à administrer. Source : Sénat, PLF 2026, amendement de la majorité sénatoriale (novembre 2025).
Sécurité & justice : Ordre républicain et fermeté pénale
C'est l'axe central de la candidature : rétablissement de « l'ordre républicain », « révolution de la justice pénale » soumise à référendum, rétablissement des courtes peines de prison, remise en cause du juge de l'application des peines, construction de places de prison et « état d'urgence sécuritaire » dans les quartiers tenus par le narcotrafic.
Une « révolution de la justice pénale » soumise à référendum
Soumettre directement au vote des Français une réforme pénale d'ampleur : rétablissement des courtes peines de prison en revenant sur la loi de 2019, qu'il dit avoir « toujours combattue », suppression ou encadrement drastique du juge de l'application des peines, qualifié d'« aberration » responsable du « laxisme judiciaire », sanctions immédiates (« il faut tout de suite un interdit, une sanction certaine, qui puisse briser les parcours délinquants ») et construction de 10 000 places de prison supplémentaires.
Chiffrage : Non chiffré par le candidat. Pour référence externe, le coût de construction d'une place de prison est de l'ordre de 300 000 à 400 000 euros dans les programmes récents, soit environ 3 à 4 Md€ pour 10 000 places, hors coûts de fonctionnement.
Note de crédibilité : 34 sur 100. Précision de la mise en œuvre 12 sur 25, financement 8 sur 25, adossement au consensus économique 6 sur 25, précédents observés 8 sur 25.
Arguments favorables : La surpopulation carcérale française est à un niveau record, avec plus de 80 000 détenus pour environ 62 000 places opérationnelles : la construction de places répond à un besoin objectivement documenté. (Statistiques mensuelles de l'administration pénitentiaire (2025-2026)) La criminologie converge sur un point : c'est la certitude et la rapidité de la sanction, plus que sa sévérité, qui dissuadent. L'accent mis sur une « sanction certaine » est cohérent avec ce corpus. (Littérature criminologique sur la certitude de la peine)
Objections : Sur les courtes peines elles-mêmes, la recherche est défavorable : les études disponibles mesurent une récidive plus élevée après une courte incarcération qu'après une sanction alternative comparable. (Études sur la récidive ; Union syndicale des magistrats, citée par Public Sénat) Le champ de l'article 11 de la Constitution n'inclut pas la justice : le référendum promis suppose une révision constitutionnelle préalable, avec les mêmes obstacles que sur l'immigration. (Constitution, article 11 ; Public Sénat) L'individualisation des peines a valeur constitutionnelle : supprimer le juge de l'application des peines exposerait la réforme à la censure, au-delà du débat sur son opportunité. (Jurisprudence du Conseil constitutionnel sur l'individualisation des peines)
Précédent, France, peines planchers 2007-2014 : Instauration de peines minimales pour les récidivistes par la loi Dati, abrogées en 2014. Application réelle par les juridictions, hausse de la population carcérale, mais aucune baisse démontrée de la récidive dans les évaluations disponibles. Le durcissement automatique des peines a déjà été essayé en France : son effet dissuasif mesuré a été faible au regard de son coût carcéral.
Précédent, France, programme « 15 000 places » depuis 2018 : Plan de construction de 15 000 places de prison annoncé pour 2027. Retards massifs et répétés : seule une fraction des places avait été livrée à mi-parcours, et l'échéance a été repoussée au-delà de 2027. Construire des prisons est une politique lente : foncier, recours et coûts en font un engagement de deux quinquennats plus que d'un.
Sources : Retailleau favorable aux courtes peines de prison, Public Sénat · Programme de Bruno Retailleau, ÉlyséeScope · Retailleau officialise sa candidature
Un « état d'urgence sécuritaire » contre le narcotrafic
Déployer des moyens d'exception dans les quartiers tenus par le narcotrafic, dans le prolongement de son action au ministère de l'Intérieur : opérations coup de poing, renforcement des moyens d'enquête et des comparutions rapides.
Note : 35 sur 100. L'intention s'adosse à une expérience ministérielle réelle et à la loi narcotrafic de 2025, mais le contenu juridique d'un « état d'urgence sécuritaire » n'est pas défini, et les évaluations des opérations « place nette » ont montré des effets peu durables sur les points de deal. Source : Annonce de candidature, février 2026.
Écologie & énergie : Nucléaire d'abord
Une politique énergétique centrée sur le nucléaire et l'hydroélectricité : prolongation du parc existant, relance de la filière, et arrêt du financement public de l'éolien et du photovoltaïque, jugés intermittents et coûteux. Les députés LR ont voté en 2025 un moratoire sur les nouveaux projets renouvelables. Le programme assume une réserve générale sur les contraintes environnementales pesant sur l'industrie et la construction.
Rebâtir le parc nucléaire, stopper les subventions aux renouvelables
Faire du nucléaire, avec l'hydroélectricité, le pilier de la production électrique française : prolonger les réacteurs existants pour éviter « l'effet falaise » lié à leur vieillissement, reconstituer la compétence industrielle de la filière, et cesser de financer par subventions publiques l'éolien et le photovoltaïque, accusés de produire une « intermittence coûteuse » et de déstabiliser les réseaux.
Chiffrage : Non chiffré par le candidat, le plan énergie LR de juillet 2025 ne comportant ni nombre de réacteurs ni calendrier. Pour référence externe, le coût du programme de six EPR2 déjà engagé par l'État a été réévalué à la hausse d'environ 25 % dans les estimations rendues publiques en 2024.
Note de crédibilité : 38 sur 100. Précision de la mise en œuvre 10 sur 25, financement 6 sur 25, adossement au consensus économique 10 sur 25, précédents observés 12 sur 25.
Arguments favorables : L'électricité française est déjà parmi les plus décarbonées d'Europe grâce au couple nucléaire-hydraulique : consolider cet acquis est une stratégie climatique défendable. (RTE, bilans électriques annuels) La prolongation du parc existant est l'option la moins coûteuse du système électrique, point qui fait consensus parmi les scénarios de RTE. (RTE, « Futurs énergétiques 2050 »)
Objections : Même dans son scénario le plus nucléarisé, RTE ne fait pas dépasser au nucléaire environ la moitié du mix en 2050, avec au moins 70 GW de solaire et 43 GW d'éolien terrestre nécessaires : arrêter les renouvelables met le système en tension dans la décennie 2030. (RTE, « Futurs énergétiques 2050 ») Les coûts se sont inversés : l'éolien terrestre et le solaire sont sortis des appels d'offres autour de 59 et 70 €/MWh en 2022, contre plus de 100 €/MWh pour le nucléaire neuf. (Appels d'offres de la Commission de régulation de l'énergie (2022)) Les délais du nucléaire neuf sont structurellement incertains : Flamanville a été livré avec douze ans de retard, comme les chantiers comparables finlandais et britannique. (Cour des comptes, rapports sur la filière EPR)
Précédent, France, plan Messmer 1974-1990 : Construction accélérée de 58 réacteurs en une vingtaine d'années après le premier choc pétrolier. Électricité massivement décarbonée et longtemps parmi les moins chères d'Europe. La preuve historique qu'un État peut construire vite existe, mais elle reposait sur un tissu industriel, un cadre de financement et une acceptabilité qui se sont érodés depuis.
Précédent, France, EPR de Flamanville 2007-2024 : Construction d'un réacteur de troisième génération annoncée pour cinq ans. Dix-sept ans de chantier et un coût multiplié par environ six par rapport au devis initial selon la Cour des comptes. Le précédent le plus récent de la filière fragilise tout calendrier de relance rapide : la compétence industrielle promise est précisément ce qui a fait défaut.
Sources : « Rebâtir un parc nucléaire », plan énergie des Républicains (site officiel du parti) · L'union des droites contre les énergies renouvelables, Natura Sciences (presse spécialisée)
Europe & institutions : Souveraineté nationale dans l'UE
Rester dans l'Union mais réaffirmer la primauté du droit national sur les sujets régaliens, dans le prolongement de sa proposition de loi constitutionnelle de 2023, et recourir au référendum pour trancher. Le programme mise aussi sur la renégociation des règles migratoires européennes et la défense des intérêts agricoles français.
Faire primer le droit national sur les sujets régaliens
Réviser la Constitution pour permettre à la France d'écarter des règles européennes ou conventionnelles quand elles « contreviennent à l'identité constitutionnelle » du pays, dans le prolongement de sa proposition de loi constitutionnelle de 2023, retirée faute de soutien parlementaire.
Note : 25 sur 100. Le texte a déjà échoué une fois au Parlement, et les constitutionnalistes relèvent qu'une primauté générale du droit national conduirait très vite à poser la question de l'appartenance à l'Union : le chemin juridique et politique reste entier. Source : Public Sénat, analyse de faisabilité, 13 février 2026.
Renégocier les règles migratoires européennes
Peser sur la refonte du droit européen de l'asile et du retour : listes de pays tiers sûrs, externalisation de l'examen de certaines demandes et durcissement des règles d'éloignement.
Note : 40 sur 100. L'agenda européen évolue réellement dans ce sens depuis 2024, avec le pacte asile et migration puis la proposition de règlement retour de 2025, ce qui rend la ligne moins isolée qu'auparavant ; mais l'issue dépend de majorités européennes que Paris ne contrôle pas. Source : Pacte européen asile et migration (2024) ; proposition de règlement retour (2025).
Retraites : Report de l'âge légal à 65 ans
Report progressif de l'âge légal de départ à 65 ans, dans la continuité assumée de la réforme de 2023, et priorité donnée au travail des seniors avec un cumul emploi-retraite facilité et exonéré de cotisations. Aucun retour sur les 64 ans n'est envisagé.
Porter l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans
Poursuivre le relèvement de l'âge légal de départ au-delà des 64 ans de la réforme de 2023, pour le porter à 65 ans, afin d'assurer l'équilibre financier du système par un paramètre d'âge plutôt que par des hausses de cotisations ou une baisse des pensions.
Chiffrage : Non chiffré par le candidat. Pour référence, le report de 62 à 64 ans voté en 2023 était chiffré par le gouvernement à environ 17 Md€ de moindres dépenses à l'horizon 2030 ; une année supplémentaire représente un ordre de grandeur de quelques milliards par an à terme.
Note de crédibilité : 60 sur 100. Précision de la mise en œuvre 14 sur 25, financement 16 sur 25, adossement au consensus économique 13 sur 25, précédents observés 17 sur 25.
Arguments favorables : Le système de retraites reste en besoin de financement durable dans la plupart des scénarios du Conseil d'orientation des retraites : un paramètre d'âge est l'un des rares leviers au rendement documenté. (Conseil d'orientation des retraites, rapports annuels) Les reports d'âge de 2010 et 2023 ont produit des économies effectives et se sont accompagnés d'une hausse mesurée du taux d'emploi des seniors. (Évaluations des réformes de 2010 et 2023 (DREES, COR))
Objections : Une partie des économies est absorbée par des effets de report : hausse des dépenses d'invalidité, de chômage et de minima sociaux pour les seniors qui ne sont plus en emploi avant l'âge légal. (Études DREES et OFCE sur les effets de report des réformes d'âge) La mesure est uniforme alors que l'espérance de vie ne l'est pas : les écarts entre cadres et ouvriers font peser le coût du report d'abord sur les carrières longues et les métiers pénibles. (INSEE, écarts d'espérance de vie par catégorie socioprofessionnelle) L'acceptabilité est le principal risque : la réforme de 2023, adoptée sans vote par le 49.3, a déclenché l'un des plus longs conflits sociaux récents ; aller à 65 ans rouvre ce front. (LCP, panorama des positions sur les retraites (juin 2026))
Précédent, Allemagne, depuis 2007 : Relèvement progressif de l'âge légal de 65 à 67 ans, étalé jusqu'en 2031. Montée en charge très lente et lisible, forte hausse de l'emploi des seniors, acceptation sociale sans conflit majeur. Un report d'âge passe mieux quand il est très progressif et annoncé vingt ans à l'avance : c'est le rythme, plus que le principe, qui fait la différence.
Précédent, France, réforme de 2023 : Report de l'âge légal de 62 à 64 ans, adopté par 49.3. Mesure appliquée et économies engagées, mais au prix d'une crise sociale et politique majeure et d'un rejet durable dans l'opinion. La faisabilité juridique et budgétaire est acquise ; l'acceptabilité politique d'un nouveau tour de vis, deux ans après, ne l'est pas.
Sources : Présidentielle 2027 : qui propose quoi sur les retraites ?, LCP · Programme de Bruno Retailleau, ÉlyséeScope
Encourager le cumul emploi-retraite des seniors
Exonérer de cotisations le cumul emploi-retraite pour inciter les retraités volontaires à poursuivre une activité, la présentation du plan « travail gagnant » évoquant en contrepartie une minoration de pension de l'ordre de 30 % pendant la période de cumul.
Note : 45 sur 100. Le dispositif existe déjà et son assouplissement fait consensus ; mais l'articulation entre exonération de cotisations et minoration de pension reste peu lisible, non chiffrée, et son attractivité réelle pour les intéressés est incertaine. Source : Public Sénat, plan « travail gagnant », 7 janvier 2026.
Travail, salaires & pouvoir d'achat : « Travail gagnant » : travailler plus, aides plafonnées
Le plan « travail gagnant » présenté en janvier 2026 : annualisation du temps de travail portée à 1 623 heures, « zéro cotisation et zéro impôt » au-delà de ce seuil, plafonnement du cumul des aides sociales à 70 % du SMIC via un compte social unique, fusion du RSA, de la prime d'activité et de l'ASS dans un « revenu d'incitation à l'activité » assorti de 15 heures d'activité obligatoires, et reprise de la réforme de l'assurance chômage. « La fête est finie », résume le candidat.
Le plan « travail gagnant » : 1 623 heures et aides plafonnées à 70 % du SMIC
Sortir du « modèle social-étatiste » en donnant la « priorité au travail plutôt qu'à l'assistanat ». Le plan annualise le temps de travail en portant la référence de 1 607 à 1 623 heures, exonère de cotisations et d'impôt, hors CSG et CRDS, les heures effectuées au-delà, pour les salariés comme pour les employeurs, plafonne le cumul de l'ensemble des aides sociales à 70 % du SMIC net grâce à un « compte social unique », et fusionne RSA, prime d'activité et allocation de solidarité spécifique dans un « revenu d'incitation à l'activité » conditionné à 15 heures d'activité obligatoires.
Chiffrage : 30 Md€ d'économies revendiquées par le candidat, dont 15 Md€ restitués en pouvoir d'achat et 15 Md€ affectés à la compétitivité, avec 2 points de croissance espérés. Chiffrage non contre-expertisé par un organisme indépendant à ce stade.
Note de crédibilité : 49 sur 100. Précision de la mise en œuvre 15 sur 25, financement 10 sur 25, adossement au consensus économique 12 sur 25, précédents observés 12 sur 25.
Arguments favorables : L'objectif que le travail paie toujours plus que l'inactivité s'appuie sur un problème documenté : les taux marginaux effectifs de prélèvement peuvent être très élevés en bas de la distribution des revenus, au moment de la reprise d'activité. (Travaux sur les taux marginaux effectifs (Conseil d'analyse économique, DREES)) Les politiques d'activation, conditionnalité et accompagnement renforcé, ont contribué à faire baisser le chômage structurel dans plusieurs pays de l'OCDE. (OCDE, stratégies pour l'emploi)
Objections : Le plafonnement à 70 % du SMIC frappe d'abord les familles : l'exemple donné lors de la présentation, un couple avec deux enfants passant de 2 375 à 1 685 euros d'aides mensuelles, implique un risque direct de hausse de la pauvreté infantile. (Présentation du plan, Public Sénat, 7 janvier 2026) Les 15 heures d'activité obligatoires supposent un appareil d'accompagnement massif : l'expérimentation du RSA rénové a montré des coûts d'encadrement élevés et des heures effectives très en deçà de la cible. (Évaluations de l'expérimentation France Travail du RSA sous conditions) La défiscalisation des heures supplémentaires a un précédent direct, la loi TEPA de 2007 : gain de pouvoir d'achat réel, mais effet faible sur les heures effectivement travaillées et coût budgétaire élevé. (Comité d'évaluation des dispositifs TEPA (2011))
Précédent, Allemagne, lois Hartz 2003-2005 : Fusion des minima sociaux, durcissement de la conditionnalité et activation des demandeurs d'emploi. Chômage divisé par deux en dix ans, mais forte hausse des travailleurs pauvres et des minijobs, au cœur du débat allemand depuis. L'activation fonctionne sur l'emploi, mais le précédent de référence montre qu'elle déplace une partie du problème vers la pauvreté laborieuse.
Précédent, Royaume-Uni, Universal Credit depuis 2013 : Fusion de six prestations sociales en une allocation unique, proche du principe du « compte social unique ». Incitations au travail améliorées selon les évaluations, mais déploiement chaotique étalé sur plus de dix ans, avec des ruptures de versement massives pour les allocataires. Fusionner des prestations est une réforme de systèmes d'information autant que de barèmes : le risque d'exécution est le principal risque.
Sources : « La fête est finie » : le plan emploi de Retailleau, Public Sénat · Comparatif des programmes économiques 2027, ÉlyséeScope
Durcir l'assurance chômage en reprenant la réforme de 2024
Reprendre la réforme suspendue de l'assurance chômage, appliquer réellement la suppression de l'allocation après un troisième refus d'offre raisonnable d'emploi, et encadrer l'indemnisation consécutive aux ruptures conventionnelles, dont le coût est évalué à environ 9 Md€ par an.
Note : 50 sur 100. Les paramètres existent et relèvent pour l'essentiel du décret, ce qui rend la mesure rapidement opérationnelle ; mais le rendement réel des sanctions pour refus d'offre est faible dans les données de l'opérateur public, et l'effet sur le retour durable à l'emploi reste débattu. Source : Public Sénat, plan « travail gagnant », 7 janvier 2026.
Logement : Choc d'offre et propriété
Le plan « Mieux se loger, et moins cher » présenté le 28 mai 2026 : 1 million de logements supplémentaires en cinq ans par un choc d'offre, suppression du « zéro artificialisation nette » et des interdictions de location liées au DPE, loi d'urgence divisant par deux les délais des projets, statut fiscal du bailleur privé, prêt à taux zéro simplifié et universalisé, et déduction des intérêts d'emprunt croissant avec le nombre d'enfants.
1 million de logements supplémentaires en cinq ans
« Rompre avec 40 ans de pénurie organisée » : produire 1 million de logements supplémentaires entre 2027 et 2032 par un choc d'offre. Le plan supprime le « zéro artificialisation nette », met fin aux interdictions de location fondées sur le DPE (450 000 logements maintenus en location selon le candidat), crée un statut du bailleur privé avec amortissement fiscal (350 000 logements attendus), mise sur la transformation de bureaux (150 000) et les friches (50 000), rend la main aux maires, restitue aux communes 9 000 euros de TVA par logement neuf, supprime l'encadrement des loyers et fait voter une loi d'urgence ramenant les délais des projets de sept à trois ans, sur le modèle du chantier de Notre-Dame.
Chiffrage : Objectif quantitatif décomposé par le candidat : 450 000 logements via la fin des interdictions DPE, 350 000 via le statut du bailleur privé, 150 000 par transformation de bureaux, 50 000 sur les friches. Le coût des dépenses fiscales associées, amortissement, PTZ élargi, déduction des intérêts d'emprunt, n'est pas chiffré.
Note de crédibilité : 40 sur 100. Précision de la mise en œuvre 14 sur 25, financement 8 sur 25, adossement au consensus économique 10 sur 25, précédents observés 8 sur 25.
Arguments favorables : Le diagnostic d'une crise de l'offre est partagé par la quasi-totalité des acteurs : la construction neuve s'est effondrée depuis 2022 et les besoins sont évalués nettement au-dessus des mises en chantier actuelles. (Statistiques de la construction, ministère du Logement ; fédérations professionnelles) La fin des interdictions de location liées au DPE agit immédiatement sur le stock existant, sans dépense budgétaire directe. (Présentation du plan, 28 mai 2026) Le statut du bailleur privé avec amortissement figure dans plusieurs rapports parlementaires récents et fait l'objet d'un relatif consensus dans le secteur. (Rapports parlementaires sur la fiscalité locative (2024-2025))
Objections : L'histoire des dispositifs fiscaux du logement, de Robien à Pinel, est celle de coûts élevés pour des effets d'aubaine importants : la Cour des comptes a jugé le Pinel coûteux et peu efficace. (Cour des comptes, évaluation des aides fiscales à l'investissement locatif) Une large part du « million » repose sur des logements maintenus en location plutôt que construits : l'effet net sur l'offre nouvelle est difficile à vérifier, et l'abandon du DPE et du ZAN revient sur des objectifs environnementaux votés, en tension avec le droit européen sur la performance énergétique des bâtiments. (Directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments ; décomposition du plan) La capacité de production de la filière, foncier, main-d'œuvre, coûts de construction et taux d'intérêt, limite le rythme réel, quel que soit le cadre réglementaire. (Conjoncture de la construction, fédérations professionnelles du bâtiment)
Précédent, Allemagne, depuis 2021 : Objectif gouvernemental de 400 000 logements neufs par an inscrit dans le contrat de coalition. Jamais atteint : autour de 295 000 logements en 2023, puis en baisse, malgré un volontarisme affiché comparable. Les objectifs quantitatifs nationaux de construction se heurtent aux taux d'intérêt et aux coûts plus qu'aux règles d'urbanisme : le levier réglementaire seul ne suffit pas.
Précédent, France, dispositifs Robien à Pinel, 2003-2024 : Successions d'incitations fiscales à l'investissement locatif pour stimuler la construction. Soutien réel aux mises en chantier, mais coût par logement très élevé et zonages mal ciblés, conduisant à l'extinction du Pinel fin 2024. La dépense fiscale produit du logement, mais à un coût public élevé : le chiffrage absent du plan est précisément le point dur.
Sources : Les propositions logement de Bruno Retailleau, Journal de l'Agence (presse spécialisée) · Le candidat Retailleau propose un choc d'offre dès 2027, Batiactu (presse spécialisée)
Remplacer les quotas SRU par des objectifs négociés
Substituer aux quotas uniformes de logements sociaux de la loi SRU des objectifs négociés territoire par territoire, avec un rôle accru des maires dans les attributions et un recentrage de l'accès sur les ménages modestes, assorti de réexamens réguliers.
Note : 35 sur 100. La contractualisation existe déjà à la marge avec les contrats de mixité sociale ; mais vingt ans d'évaluations montrent que c'est la contrainte chiffrée qui a produit du logement social, et l'assouplissement risque de ralentir la production dans les communes réticentes. Source : Plan « Mieux se loger, et moins cher », 28 mai 2026.
Santé & hôpital : Accès aux soins par la formation et la régulation
Le volet santé est l'un des moins développés du programme présidentiel à ce stade. Les jalons posés par le candidat et les sénateurs LR : quatrième année d'internat de médecine générale orientée vers les territoires sous-dotés, régulation de l'installation des nouveaux médecins dans les zones déjà bien pourvues, et lutte contre les déserts médicaux et les pénuries de médicaments.
Une quatrième année d'internat de médecine générale dans les territoires
Consolider la quatrième année d'internat de médecine générale, créée par la loi à l'initiative notamment du groupe sénatorial qu'il présidait, en orientant ces jeunes médecins en priorité vers les zones sous-dotées.
Note : 55 sur 100. La mesure est déjà votée et en cours de déploiement, ce qui en fait l'un des rares points du programme adossés à un texte existant ; son effet réel sur la densité médicale des zones rurales reste à démontrer, les premières affectations étant récentes. Source : Proposition de loi du groupe LR du Sénat (2022) ; Public Sénat.
Réguler l'installation des médecins dans les zones sur-dotées
Conditionner l'installation de nouveaux médecins libéraux dans les zones considérées comme bien pourvues, sur le modèle de la proposition de loi des sénateurs LR adoptée en commission en 2025.
Note : 45 sur 100. Le levier existe déjà pour les pharmaciens et les infirmiers avec des effets documentés sur la répartition territoriale ; mais les syndicats de médecins y sont très opposés et l'effet possible sur l'attractivité de la médecine libérale reste incertain. Source : Public Sénat, proposition de loi LR sur les déserts médicaux (2025).
Défense & politique étrangère : Réarmement financé par les économies
Soutien au réarmement engagé : le candidat a défendu au Sénat l'actualisation de la loi de programmation militaire visant 3 % du PIB pour la défense en 2030, un « choix politique » pour « être crédible en Europe » face au « désengagement américain ». Le financement reposerait sur les économies budgétaires et la croissance, sans hausse d'impôts.
Porter l'effort de défense à 3 % du PIB en 2030
Soutenir l'actualisation de la loi de programmation militaire et ses crédits supplémentaires, en le finançant par la maîtrise de la dépense : « nous ferons des économies, nous créerons de la richesse et nous financerons la nouvelle loi de programmation militaire ».
Note : 45 sur 100. L'objectif est partagé par la plupart des candidats et adossé aux engagements pris dans l'OTAN en 2025, ce qui le rend crédible politiquement ; mais la Fondation iFRAP (think-tank libéral) évalue à environ 100 Md€ cumulés le coût du passage à 3 % d'ici 2030, un effort qui s'ajoute aux 50 Md€ d'économies déjà promis pour le désendettement. Source : Débats sur la LPM au Sénat, Public Sénat ; Fondation iFRAP.