Immigration : Remigration
Le programme va au-delà de l'arrêt de l'immigration : il propose un ministère de la Remigration chargé d'organiser le départ d'étrangers déjà présents sur le territoire, et l'arrêt de l'immigration non européenne. Un référendum est prévu pour valider ces mesures, et les prestations sociales non contributives seraient réservées aux Français.
Ministère de la Remigration
Créer une administration dédiée à l'organisation du départ d'étrangers présents en France : personnes en situation irrégulière, délinquants et criminels étrangers, fichés S étrangers et, selon les formulations, des étrangers en situation régulière jugés non assimilés. Le candidat assume le terme et se dit « pour l'immigration zéro mais aussi pour l'immigration négative », c'est-à-dire plus de départs que d'arrivées. Le dispositif serait adossé à un référendum sur l'immigration et à la suppression du droit du sol et du regroupement familial.
Chiffrage : Aucun chiffrage public consolidé. Les évaluations externes situent le coût d'un éloignement forcé entre 10 000 et 15 000 € par personne, hors coûts de rétention.
Note de crédibilité : 21 sur 100. Précision de la mise en œuvre 10 sur 25, financement 4 sur 25, adossement au consensus économique 3 sur 25, précédents observés 4 sur 25.
Arguments favorables : L'écart entre obligations de quitter le territoire prononcées et exécutées est un dysfonctionnement réel et constant, reconnu par tous les gouvernements successifs. (Rapports parlementaires sur l'exécution des OQTF) L'éloignement des étrangers condamnés pour des faits graves fait l'objet d'un accord politique beaucoup plus large que le reste de la proposition. (Convergence des positions sur les expulsions d'étrangers délinquants)
Objections : L'éloignement d'étrangers en situation régulière se heurte frontalement au droit au respect de la vie privée et familiale et à l'interdiction des expulsions collectives, qui relèvent d'engagements conventionnels que le droit interne ne peut pas écarter unilatéralement. (Articles 3, 8 et Protocole n° 4 de la Convention européenne des droits de l'homme) L'exécution d'un éloignement dépend de la délivrance d'un laissez-passer consulaire par le pays d'origine : sans accord de celui-ci, la mesure reste sans effet, quelle que soit l'administration créée. (Contrainte diplomatique documentée de l'éloignement) L'ordre de grandeur logistique (capacités de rétention, vols, agents) est sans équivalent dans l'histoire administrative française récente, et aucun dimensionnement n'a été publié. (Absence de chiffrage opérationnel) Les besoins de main-d'œuvre dans la santé, le bâtiment et l'agriculture rendent la mesure économiquement contradictoire avec les objectifs de croissance affichés par ailleurs. (DARES, métiers en tension)
Précédent, États-Unis, « Operation Wetback » (1954) : Campagne d'expulsion massive de travailleurs mexicains. Chiffres officiels très largement gonflés, nombreuses violations des droits documentées, retours rapides des personnes expulsées. Le seul précédent de cette ampleur dans une démocratie a produit des résultats très inférieurs aux annonces, pour un coût humain et juridique majeur.
Précédent, Royaume-Uni, plan Rwanda (2022-2024) : Externalisation de l'asile pour contourner les obstacles juridictionnels. Quasiment aucune expulsion effective, plusieurs centaines de millions de livres dépensées, abandon en 2024. Précédent récent : même avec une majorité parlementaire déterminée, les contraintes conventionnelles ont bloqué l'exécution.
Sources : Programme d'Éric Zemmour, Reconquête · Public Sénat, Zemmour détaille son programme et assume le terme « remigration » · Reconquête, programme et positions
Priorité nationale : prestations non contributives réservées aux Français
Réserver aux citoyens français l'ensemble des prestations sociales « non contributives », celles qui ne sont pas la contrepartie d'une cotisation : RSA, minimum vieillesse, allocations familiales et aides au logement ne seraient plus versés aux étrangers résidant en France. L'aide médicale d'État serait supprimée, hors urgences, le candidat en faisant l'une de ses premières mesures.
Chiffrage : L'Institut Montaigne évaluait en 2022 le volet « prestations et AME » à environ 9,5 Md€ d'économies annuelles, tout en soulignant que la mesure suppose de lever des obstacles constitutionnels et conventionnels majeurs.
Note de crédibilité : 35 sur 100. Précision de la mise en œuvre 11 sur 25, financement 11 sur 25, adossement au consensus économique 5 sur 25, précédents observés 8 sur 25.
Arguments favorables : L'économie budgétaire de court terme est réelle et documentée : le chiffrage externe du volet prestations et AME atteint 9,5 Md€ par an. (Institut Montaigne, chiffrage du programme 2022) Conditionner des prestations non contributives à la durée de résidence existe déjà en Europe : le Danemark et l'Autriche ont instauré des exigences de résidence préalable pour certains minima. (Régimes de résidence préalable danois et autrichien) Sur l'AME, l'idée d'une restriction dépasse Reconquête : le Sénat a voté en 2023 sa transformation en aide médicale d'urgence. (Vote du Sénat, novembre 2023 (projet de loi immigration))
Objections : Le Conseil constitutionnel juge depuis 1990 que l'exclusion des étrangers en situation régulière de prestations sociales méconnaît le principe d'égalité : la mesure exigerait une révision constitutionnelle, voire une rupture avec les conventions ratifiées. (Conseil constitutionnel, décision n° 89-269 DC du 22 janvier 1990) Le droit de l'Union impose l'égalité de traitement pour les résidents de longue durée et coordonne les droits sociaux des citoyens européens : une exclusion générale des étrangers serait contraire au droit européen. (Directive 2003/109/CE ; règlement (CE) n° 883/2004) Sur l'AME, la mission indépendante commandée par le gouvernement a conclu en 2023 que le dispositif est sanitairement utile, budgétairement contenu, et que sa suppression reporterait des coûts différés et majorés vers l'hôpital. (Rapport Évin-Stefanini sur l'aide médicale d'État (décembre 2023))
Précédent, États-Unis, réforme de l'aide sociale (PRWORA, 1996) : Exclusion des non-citoyens, y compris en situation régulière, de plusieurs prestations fédérales (SSI, bons alimentaires). Économies partiellement réalisées puis rognées par des restaurations successives dès 1997 ; hausse documentée de la pauvreté des ménages immigrés et renoncement aux droits par crainte, y compris chez des ayants droit. Juridiquement possible aux États-Unis faute de principe d'égalité comparable au nôtre ; les coûts sociaux se sont reportés sur d'autres guichets et une partie des exclusions a été défaite.
Précédent, Danemark, prestation d'intégration réduite (2002 puis 2015) : Minima sociaux fortement réduits pour les nouveaux arrivants pendant leurs premières années de résidence. Légère hausse de l'emploi des réfugiés à court terme, mais pauvreté accrue et effets négatifs documentés sur les enfants (scolarité, délinquance juvénile). Une différenciation par la durée de résidence est administrable dans un cadre national, mais les gains d'emploi sont modestes au prix d'effets sociaux durables.
Sources : Institut Montaigne, Supprimer l'aide médicale d'État (chiffrage 2022) · Institut Montaigne, synthèse du programme d'Éric Zemmour
Supprimer le droit du sol
Mettre fin à l'acquisition de la nationalité française par la naissance sur le territoire, la nationalité ne se transmettant plus que par filiation.
Note : 30 sur 100. La restriction adoptée à Mayotte en 2018 montre qu'un aménagement législatif ciblé est possible, mais une suppression générale exigerait selon la plupart des juristes une révision constitutionnelle et créerait des situations d'apatridie contraires aux conventions ratifiées par la France. Source : Programme 2022 ; débats constitutionnels sur le droit du sol à Mayotte.
Un référendum sur l'immigration
Soumettre directement aux Français les mesures migratoires du programme pour les faire prévaloir sur les jurisprudences internes et européennes.
Note : 22 sur 100. L'article 11 de la Constitution ne couvre pas l'immigration : il faudrait d'abord réviser la Constitution par l'article 89, qui suppose l'accord des deux assemblées, précisément le verrou que le référendum prétend contourner. Source : Constitution, articles 11 et 89 ; programme 2022.
Économie & finances publiques : Libéral et protectionniste sur l'industrie
Baisse de la fiscalité des entreprises, priorité à la croissance et à la réindustrialisation, et refus explicite des contraintes environnementales jugées pénalisantes pour la production. Depuis 2025, Sarah Knafo porte pour le parti une ligne « dépenser moins pour taxer moins », adossée à un plan d'économies budgétaires.
Baisser de 30 Md€ les impôts de production
Réduire massivement les impôts pesant sur l'appareil productif (CVAE, CFE, C3S) pour ramener la France dans la moyenne européenne et relocaliser l'industrie.
Note : 45 sur 100. Instrument identifié et chiffré (coût évalué à 25,2 Md€ par l'Institut Montaigne), consensus économique large sur la nocivité de ces impôts et continuité avec les baisses engagées depuis 2021, mais aucun financement n'est précisé dans un budget déjà très déficitaire. Source : Institut Montaigne, chiffrage du programme 2022.
Abaisser l'impôt sur les sociétés de 25 % à 15 %
Ramener le taux d'IS au plancher mondial négocié à l'OCDE pour attirer et relocaliser l'industrie, proposition portée par Sarah Knafo.
Note : 32 sur 100. Le taux visé correspond au minimum mondial de l'OCDE, donc la mesure est juridiquement possible, mais la perte de recettes serait considérable et n'a fait l'objet d'aucun chiffrage ni financement publié par le parti. Source : Propositions publiques de Sarah Knafo (2025).
« Dépenser moins pour taxer moins » : 80 Md€ d'économies
Contre-budget présenté par Sarah Knafo en octobre 2025 : 80 Md€ d'économies sur la dépense publique et 20 Md€ de baisse des prélèvements obligatoires.
Note : 40 sur 100. Rare exemple d'un parti documentant ses économies ligne à ligne, mais plusieurs gisements invoqués (fraude, agences, train de vie de l'État) sont régulièrement surestimés selon les travaux de la Cour des comptes, et le passage de l'affichage au vote budgétaire n'a jamais été testé. Source : Plan d'économies présenté par Sarah Knafo (octobre 2025).
Fiscalité & impôts : Allègement
La fiscalité du capital et de la transmission est le cœur du programme fiscal : exonération des transmissions d'entreprises familiales, abattements massifs sur les donations, IFI recentré hors résidence principale. Le candidat qualifie les droits de succession d'« impôt sur la mort ».
Alléger massivement les droits de succession et de donation
Exonérer totalement de droits de donation et de succession les transmissions d'entreprises familiales entre générations, « comme en Italie, comme en Allemagne » selon le candidat, et permettre à chaque parent ou grand-parent de donner jusqu'à 200 000 € par enfant en franchise de droits tous les dix ans, contre 100 000 € tous les quinze ans aujourd'hui pour les parents. Le candidat revendique d'exonérer ainsi la quasi-totalité des familles.
Chiffrage : Institut Montaigne (estimation externe, 2022) : environ 2,75 Md€ par an pour le seul relèvement des abattements sur les donations. Le coût de l'exonération des transmissions d'entreprises s'y ajoute et n'a pas été chiffré par le candidat.
Note de crédibilité : 55 sur 100. Précision de la mise en œuvre 15 sur 25, financement 11 sur 25, adossement au consensus économique 13 sur 25, précédents observés 16 sur 25.
Arguments favorables : L'Allemagne et l'Italie exonèrent très largement la transmission d'entreprise, et la France dispose déjà du pacte Dutreil (exonération de 75 %) : la mesure étend un dispositif existant plutôt qu'elle n'en crée un. (Comparaisons européennes, Institut Montaigne (2022)) Les droits français en ligne directe comptent parmi les plus lourds de l'OCDE au-delà des abattements, et l'impôt successoral est l'un des plus impopulaires : la mesure répond à un problème d'acceptabilité documenté. (OCDE, « Inheritance Taxation in OECD Countries » (2021))
Objections : Le Conseil d'analyse économique recommande exactement l'inverse : réduire les exonérations, dont le pacte Dutreil, au motif que l'impôt successoral est peu distorsif et favorable à l'égalité des chances face à la concentration croissante de l'héritage. (CAE, « Repenser l'héritage » (2021)) Le coût n'est pas financé : 2,75 Md€ par an pour les seules donations selon l'Institut Montaigne, auxquels s'ajoute l'exonération des entreprises, alors que la mesure bénéficie mécaniquement aux patrimoines les plus élevés, la grande majorité des successions étant déjà exonérées de fait. (Institut Montaigne, chiffrage 2022) Une exonération totale des transmissions d'entreprise a été jugée contraire à l'égalité devant l'impôt par la Cour constitutionnelle allemande, qui a imposé en 2014 de plafonner et conditionner l'avantage. (Bundesverfassungsgericht, arrêt du 17 décembre 2014)
Précédent, Suède, 2004 : Abolition complète des droits de succession et de donation, votée par une majorité sociale-démocrate. Pas de déséquilibre budgétaire (la recette était faible), retours documentés de capitaux et d'entrepreneurs expatriés, consensus politique durable sur le nouveau régime. La suppression est administrable et politiquement stable quand la recette est modeste ; la recette française étant nettement plus élevée, le parallèle ne vaut que partiellement.
Précédent, Allemagne, exonérations de transmission d'entreprise (2009-2016) : Exonération de 85 % à 100 % des transmissions d'entreprises sous condition de maintien de l'emploi. Transmissions facilitées, mais optimisation massive documentée, les très grands patrimoines se transmettant via des structures d'entreprise ; censure constitutionnelle en 2014 puis durcissement en 2016. Une exonération ciblée sur l'outil productif tend à devenir une niche pour les plus gros patrimoines si elle n'est pas strictement bornée.
Sources : Institut Montaigne, Exonérer les transmissions d'entreprises familiales · Institut Montaigne, Relever l'abattement à 200 000 € tous les 10 ans
Exclure la résidence principale de l'IFI
Sortir la résidence principale de l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière, au-delà de l'abattement de 30 % existant.
Note : 45 sur 100. Techniquement simple et de coût limité au regard du rendement de l'IFI (environ 2 Md€ par an), mais l'avantage se concentre par construction sur les patrimoines immobiliers les plus élevés, seuls assujettis à cet impôt. Source : Institut Montaigne, chiffrage du programme 2022.
TVA à 0 % sur les produits de première nécessité
Supprimer la TVA sur un panier de produits essentiels pour soutenir le pouvoir d'achat, proposition portée par Sarah Knafo.
Note : 38 sur 100. Le droit européen autorise des taux zéro sur certains biens essentiels depuis la directive de 2022, mais le coût dépend du panier retenu et n'est pas chiffré, et le précédent espagnol de 2023 montre une répercussion seulement partielle sur les prix. Source : Propositions publiques de Sarah Knafo (2025) ; directive (UE) 2022/542.
Travail, salaires & pouvoir d'achat : Baisse du coût du travail
Le programme veut augmenter les salaires nets sans augmenter les coûts patronaux : prime au mérite totalement exonérée de charges à la main de l'employeur, et forte baisse de la CSG sur les revenus du travail.
Une prime « zéro charge » au mérite
Permettre aux employeurs de verser une prime au mérite totalement exonérée de cotisations et d'impôt pour augmenter le salaire net sans alourdir le coût du travail.
Note : 30 sur 100. Le périmètre du dispositif reste flou et son coût est majeur (28 Md€ par an selon l'Institut Montaigne), avec un risque documenté de substitution de la prime au salaire de base, comme l'INSEE l'a observé pour la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat. Source : Institut Montaigne, chiffrage du programme 2022.
Baisser la CSG sur les revenus du travail de 9,2 % à 2,5 %
Réduire fortement la contribution sociale généralisée prélevée sur les salaires pour augmenter immédiatement le net perçu.
Note : 33 sur 100. Effet direct et lisible sur les fiches de paie, mais coût évalué à 18,5 Md€ par an par l'Institut Montaigne : la CSG finance la protection sociale et aucun mécanisme de compensation n'est annoncé. Source : Institut Montaigne, chiffrage du programme 2022.
Éducation & école : Reprise en main et savoirs fondamentaux
Recentrage radical sur les savoirs fondamentaux, restauration de l'autorité et de la transmission du roman national.
Uniforme obligatoire au primaire et au collège
Instaurer une tenue commune dans tous les établissements publics du primaire et du collège pour restaurer l'autorité de l'institution et gommer les différences sociales visibles.
Note : 50 sur 100. Mesure faisable, de coût modéré, et déjà expérimentée en France depuis 2024 dans une centaine d'établissements volontaires ; mais aucune évaluation scientifique, en France comme à l'étranger, n'établit d'effet de l'uniforme sur le niveau scolaire ou le climat de classe. Source : Programme 2022 ; expérimentation nationale de la tenue unique (2024).
Recentrer l'école sur les fondamentaux et le récit national
Concentrer le primaire sur lire, écrire, compter, restaurer l'autorité du professeur et remettre la chronologie de l'histoire de France au centre des programmes.
Note : 42 sur 100. Direction largement partagée dans le champ politique et cohérente avec le décrochage documenté par les enquêtes PISA et TIMSS, mais sans chiffrage, sans calendrier et sans leviers précis sur la formation ou la rémunération des enseignants. Source : Programme 2022, ericzemmour.fr.
Santé & hôpital : Priorité nationale
La santé est abordée d'abord par le prisme migratoire et budgétaire : suppression de l'aide médicale d'État hors urgences, prestations recentrées sur les Français, et un effort massif annoncé sur le grand âge avec 400 000 places en maisons de retraite d'ici 2030.
Supprimer l'aide médicale d'État
Réserver la prise en charge des étrangers en situation irrégulière aux seules urgences, l'AME complète étant supprimée.
Note : 32 sur 100. Supprimable par une loi de finances et déjà votée au Sénat en 2023, mais la mission Évin-Stefanini a conclu que le dispositif est sanitairement utile et budgétairement contenu (environ 1,2 Md€), sa suppression reportant des coûts différés et majorés vers l'hôpital public. Source : Institut Montaigne, chiffrage 2022 ; rapport Évin-Stefanini (2023).
400 000 places en maisons de retraite d'ici 2030
Construire massivement des places d'hébergement pour personnes âgées dépendantes afin d'anticiper le vieillissement démographique.
Note : 28 sur 100. Le besoin démographique est réel et documenté, mais l'objectif représente un quasi-doublement du parc en huit ans, sans précédent, pour un coût évalué à 12,4 Md€ par an par l'Institut Montaigne et sans financement identifié. Source : Institut Montaigne, chiffrage du programme 2022.
Défense & politique étrangère : Réarmement et puissance nucléaire
Renforcement des capacités militaires et nucléaires françaises, souverainisme stratégique.
Porter le budget de la défense à 70 Md€ par an d'ici 2030
Doubler pratiquement l'effort de défense pour moderniser les forces nucléaires et conventionnelles.
Note : 55 sur 100. Cible chiffrée et datée qui, depuis la loi de programmation militaire 2024-2030, est devenue proche de la trajectoire officielle (environ 67 à 69 Md€ en 2030) : l'essentiel de la mesure est déjà financé par le droit existant. Source : Programme défense 2022, ericzemmour.fr ; LPM 2024-2030.
Un format d'armées fortement élargi
Force opérationnelle terrestre à 100 000 hommes en 2027, 300 avions de chasse à l'horizon 2040, 20 frégates, 8 sous-marins nucléaires d'attaque et 2 porte-avions.
Note : 28 sur 100. Les cibles sont précises mais dépassent largement la programmation en vigueur sans aucune évaluation de coût, et les calendriers annoncés sont incompatibles avec les cadences industrielles actuelles : un second porte-avions n'est par exemple pas même engagé. Source : Programme défense 2022, ericzemmour.fr.
Sécurité & justice : Autorité maximale
Durcissement pénal généralisé, référendum sur la justice, remise en cause de la primauté du droit européen en matière pénale.
10 000 places de prison, peines planchers et perpétuité réelle
Construire 10 000 places de prison supplémentaires, en plus du plan « 15 000 places » en cours, rétablir les peines planchers supprimées en 2014, supprimer les remises de peine automatiques, instaurer une perpétuité réelle, abaisser la majorité pénale à 16 ans et créer une police pénitentiaire chargée de rétablir l'ordre dans les prisons.
Chiffrage : Institut Montaigne (estimation externe, 2022) : environ 2,4 Md€ d'investissement pour les 10 000 places, sur la base de 236 000 € par place, puis 0,4 Md€ de fonctionnement par an. Le durcissement des peines, qui augmente la population détenue, n'est pas chiffré.
Note de crédibilité : 45 sur 100. Précision de la mise en œuvre 14 sur 25, financement 12 sur 25, adossement au consensus économique 10 sur 25, précédents observés 9 sur 25.
Arguments favorables : La surpopulation carcérale est un fait massif et documenté : environ 78 000 détenus pour 62 000 places opérationnelles à l'été 2024, avec des densités supérieures à 150 % dans de nombreuses maisons d'arrêt. (Statistiques mensuelles du ministère de la Justice) La France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour ses conditions de détention : l'extension du parc répond aussi à une obligation européenne. (CEDH, J.M.B. et autres c. France (30 janvier 2020))
Objections : Les peines planchers ont déjà été appliquées en France de 2007 à 2014 : les bilans n'ont pas montré d'effet dissuasif mesurable sur la récidive, mais une contribution à la surpopulation, ce qui a conduit à leur abrogation. (Bilan de la loi du 10 août 2007 et travaux préparatoires de l'abrogation de 2014) Le plan « 15 000 places » lancé en 2017 accuse des années de retard, la livraison complète ayant glissé vers 2029 : difficultés foncières et délai moyen de six ans entre annonce et livraison s'appliqueraient aussi aux 10 000 places supplémentaires. (Institut Montaigne ; rapports budgétaires sur l'immobilier pénitentiaire) Supprimer les remises de peine et instaurer une perpétuité réelle allonge mécaniquement les durées de détention : le durcissement aggrave la surpopulation que la construction prétend résoudre. (Études d'impact sur les crédits de réduction de peine)
Précédent, France, peines planchers (2007-2014) : Peines minimales obligatoires pour les récidivistes, sauf motivation spéciale du juge. Prononcées dans moins de la moitié des cas éligibles, hausse de la population carcérale, aucune baisse documentée de la récidive ; abrogées en 2014. Le précédent national direct de la mesure proposée n'a pas produit les effets attendus.
Précédent, France, programme « 13 000 » (1987-1992) : Construction de 13 000 places de prison en recourant à des procédures dérogatoires et au privé. Places effectivement livrées en environ cinq ans, un record de rapidité ; la surpopulation n'a toutefois pas disparu, la population détenue ayant continué d'augmenter. Construire vite est possible avec des procédures d'exception, mais la construction seule ne résorbe pas la surpopulation quand la politique pénale accroît les entrées.
Précédent, États-Unis, peines minimales obligatoires (années 1980-2000) : Généralisation des « mandatory minimums » au niveau fédéral et dans les États. Quintuplement de la population carcérale, effet propre sur la criminalité jugé faible par la recherche académique, puis marche arrière bipartisane (First Step Act, 2018). À grande échelle, les peines automatiques remplissent les prisons sans preuve d'un gain de sécurité proportionné.
Sources : Institut Montaigne, Construire 10 000 places de prison supplémentaires · LCP, Sécurité et justice : les propositions des candidats 2022
Instaurer la « défense excusable » pour policiers et citoyens agressés
Élargir la légitime défense en faisant bénéficier d'une excuse pénale les forces de l'ordre et les personnes agressées qui ripostent.
Note : 22 sur 100. La notion n'a pas de définition juridique stable et une présomption en faveur de l'auteur de la riposte est jugée par la plupart des juristes contraire à la jurisprudence de la CEDH sur l'usage de la force ; aucun précédent démocratique probant n'existe. Source : LCP, propositions sécurité et justice 2022.
Recruter 3 000 magistrats et 3 000 greffiers supplémentaires
Doubler pratiquement l'effort de recrutement pour accélérer les jugements et l'exécution des peines, en diversifiant le recrutement des magistrats.
Note : 55 sur 100. Répond au sous-encadrement documenté par les États généraux de la justice, et la loi de programmation 2023-2027 finance déjà 1 500 magistrats et 1 800 greffiers : la direction est consensuelle, mais la cible double l'effort sans chiffrage propre et le vivier de recrutement est la vraie contrainte. Source : LCP, propositions sécurité et justice 2022 ; loi de programmation de la justice 2023-2027.
Abaisser la majorité pénale à 16 ans
Juger comme des adultes les mineurs de 16 ans et plus.
Note : 25 sur 100. Possible par la loi ordinaire en apparence, mais le Conseil constitutionnel a érigé l'atténuation de la responsabilité pénale des mineurs en principe fondamental reconnu par les lois de la République, et la mesure contreviendrait à la Convention internationale des droits de l'enfant. Source : LCP, propositions 2022 ; Conseil constitutionnel, décision n° 2002-461 DC.
Europe & institutions : Europe des nations
Refus de l'intégration fédérale : primauté du droit national sur le droit européen, transformation de la Commission en simple secrétariat au service des États, et protection physique des frontières extérieures. Depuis 2024, Reconquête siège au Parlement européen dans le groupe Europe des nations souveraines, aux côtés de l'AfD allemande.
Primauté du droit national sur le droit européen
Inscrire dans la Constitution que la loi française prime sur les traités européens et le droit dérivé de l'Union, notamment en matière migratoire et pénale.
Note : 22 sur 100. Frontalement contraire à la jurisprudence constante de la CJUE et aux engagements de l'article 55 de la Constitution : applicable seulement au prix d'un conflit institutionnel ouvert avec l'Union, dont aucun État membre n'est sorti gagnant. Source : Programme 2022 ; jurisprudence CJUE (Costa c. ENEL et suivantes).
Remplacer la Commission européenne par un secrétariat du Conseil
Supprimer la Commission dans sa forme actuelle et réserver l'initiative législative aux gouvernements des États membres réunis en Conseil.
Note : 12 sur 100. Exigerait une révision des traités à l'unanimité des vingt-sept, qu'aucun autre État membre ne soutient : il n'existe aucune voie unilatérale pour y parvenir hors d'une sortie de l'Union, que le candidat ne propose pas. Source : Positions publiques d'Éric Zemmour sur les institutions européennes.
Un mur aux frontières extérieures de l'Union
Soutenir financièrement les États membres qui érigent des barrières physiques aux frontières extérieures, sur le modèle hongrois.
Note : 30 sur 100. La Hongrie et la Grèce ont effectivement construit des clôtures, avec une efficacité locale documentée mais des reports de routes migratoires ; la Commission a refusé jusqu'ici de financer des murs, et les frontières concernées ne sont pas françaises : la mesure dépend d'États tiers. Source : Positions publiques d'Éric Zemmour ; précédents hongrois et grec.
Écologie & énergie : Nucléaire
La politique énergétique et climatique repose entièrement sur le nucléaire : prolongation des réacteurs existants, quatorze nouveaux EPR d'ici 2050 et relance de la recherche de quatrième génération, tandis que tout nouveau projet éolien, terrestre ou marin, serait interdit.
Construire 14 EPR d'ici 2050 et interdire tout nouveau projet éolien
Prolonger la durée de vie des réacteurs existants à soixante ans ou plus, lancer la construction d'au moins quatorze nouveaux EPR d'ici 2050, relancer la recherche de quatrième génération abandonnée en 2019 (programme Astrid), et interdire tout nouveau projet éolien terrestre ou maritime, les soutiens publics étant réorientés vers la géothermie, les réseaux de chaleur et les pompes à chaleur.
Chiffrage : Le candidat n'a pas publié de chiffrage. Institut Montaigne (estimation externe, 2022) : surcoût d'environ 2,5 Md€ par an d'ici 2050 pour le système électrique, imputable principalement au renoncement à l'éolien, qui oblige à des moyens de flexibilité et de stockage plus coûteux.
Note de crédibilité : 50 sur 100. Précision de la mise en œuvre 14 sur 25, financement 9 sur 25, adossement au consensus économique 14 sur 25, précédents observés 13 sur 25.
Arguments favorables : La relance du nucléaire est devenue une politique nationale : six EPR2 engagés et huit à l'étude depuis 2022, loi d'accélération votée en 2023, et le Sénat s'est prononcé pour quatorze EPR d'ici 2050 : la proposition s'inscrit dans une trajectoire déjà amorcée. (Loi du 22 juin 2023 relative à l'accélération du nucléaire ; position du Sénat) Le scénario le plus nucléarisé de RTE pour 2050, proche de cette proposition avec quatorze EPR2 et la prolongation du parc, est jugé techniquement atteignable et parmi les moins coûteux, à condition de tenir les délais. (RTE, « Futurs énergétiques 2050 », scénario N03)
Objections : Même le scénario RTE le plus nucléarisé conserve une part importante de renouvelables : interdire tout nouvel éolien renchérit le système d'environ 2,5 Md€ par an d'ici 2050 et supposerait un développement solaire d'une ampleur (autour de 150 GW) jugée peu réaliste. (Institut Montaigne, chiffrage 2022 ; RTE) La filière est déjà sous tension pour six EPR2 : soudeurs, ingénierie et cadences industrielles limitent le rythme, et quatorze réacteurs d'ici 2050 supposent des cadences jamais atteintes depuis les années 1980. (Audits de la filière nucléaire, plan Excell d'EDF) Le financement n'est pas précisé, alors que le devis du seul programme de six EPR2 est passé de 51,7 Md€ à environ 67 Md€ avant même le début des travaux. (Réévaluations publiques du programme EPR2 (2023-2024))
Précédent, France, plan Messmer (1974-1990) : Lancement en série de dizaines de réacteurs après le premier choc pétrolier. Une cinquantaine de réacteurs raccordés en une quinzaine d'années : électricité parmi les moins chères et les moins carbonées d'Europe pendant des décennies. La France a déjà réalisé un programme nucléaire de cette ampleur, avec un État maître d'ouvrage, une filière standardisée et un consensus politique durable.
Précédent, France, EPR de Flamanville (2007-2024) : Construction du premier EPR français, tête de série. Douze ans de retard et un coût multiplié par quatre, de 3,3 Md€ annoncés à environ 13,2 Md€ selon EDF, davantage encore en intégrant les coûts financiers selon la Cour des comptes. La filière reconstituée n'a pas encore fait la preuve qu'elle sait construire dans les délais et les budgets : le calendrier de quatorze EPR reste hypothétique.
Sources : Institut Montaigne, Construire 14 nouveaux EPR d'ici 2050 et interdire l'éolien · Institut Montaigne, synthèse du programme d'Éric Zemmour
Interdire tout nouveau projet éolien
Stopper les projets éoliens terrestres et maritimes en cours et à venir, les aides publiques étant réorientées vers géothermie et pompes à chaleur.
Note : 25 sur 100. Juridiquement possible pour les nouveaux projets, mais contraire à tous les scénarios d'équilibre du système électrique publiés par RTE, y compris le plus nucléarisé, avec un surcoût estimé à 2,5 Md€ par an d'ici 2050 par l'Institut Montaigne. Source : Institut Montaigne, chiffrage 2022 ; RTE, Futurs énergétiques 2050.