Les Écologistes (LES)

Marine Tondelier

Transition écologique au cœur de toutes les politiques publiques.

Qui est Marine Tondelier et que propose-t-il ?

Secrétaire nationale des Écologistes, conseillère municipale d'Hénin-Beaumont. Son programme comporte 161 mesures sourcées, dont 34 mesures phares, réparties en 8 thèmes, avec l'écologie comme principe organisateur de l'ensemble.

Sur la carte politique du site, Marine Tondelier est situé à gauche sur l'axe économique et du côté des libertés sur l'axe des libertés. Son programme est documenté sur 12 des 12 sujets du site, avec 6 mesures évaluées en détail et 34 principes notés. Il est crédité de 4 % d'intentions de vote au premier tour, dans une fourchette de 3 à 5 % selon les instituts.

Le programme de Tondelier, sujet par sujet

Écologie & énergie : Bifurcation écologique intégrale

L'écologie n'est pas un chapitre du programme mais son principe d'organisation : sortie progressive des énergies fossiles et du nucléaire, mix électrique visant le 100 % renouvelables, rénovation thermique massive, transformation de l'agriculture et de l'alimentation, et réorientation de la fiscalité vers les usages sobres. Le programme, présenté à l'été 2026 après dix mois de travail et plus de 50 000 contributions, revendique un cap de neutralité carbone anticipé par rapport à 2050.

TVA verte : moduler la TVA selon l'impact écologique

Différencier les taux de TVA en fonction de l'empreinte environnementale des produits : taux réduits sur la réparation, les transports en commun, les produits sobres et bio ; taux relevés sur les biens et services les plus carbonés.

Chiffrage : Effet budgétaire dépendant du calibrage ; l'objectif affiché est la neutralité de rendement avec un effet de substitution.

Note de crédibilité : 56 sur 100. Précision de la mise en œuvre 15 sur 25, financement 14 sur 25, adossement au consensus économique 15 sur 25, précédents observés 12 sur 25.

Arguments favorables : Le signal-prix est l'instrument identifié par la quasi-totalité des économistes comme le plus efficace pour réorienter la consommation : c'est le principe même de la taxation pigouvienne. (Pigou (1920) ; consensus large en économie de l'environnement) Une TVA réduite sur la réparation est déjà pratiquée en Suède et en Autriche, et autorisée par la directive TVA depuis sa révision de 2022. (Directive TVA 2006/112/CE révisée (2022)) Le passage par la TVA touche la consommation finale, là où la taxe carbone amont est souvent absorbée en cours de chaîne. (Économie de la fiscalité environnementale)

Objections : La TVA est un impôt régressif : relever le taux sur des biens carbonés de consommation courante, carburant, viande, électroménager, pèse proportionnellement plus sur les ménages modestes. C'est exactement le mécanisme qui a déclenché la crise des Gilets jaunes en 2018. (France, mouvement des Gilets jaunes (2018-2019)) Fixer un taux par produit selon son empreinte suppose une nomenclature environnementale fine, contestable et lourde à administrer, avec un risque élevé de contentieux et de lobbying sectoriel. (Complexité administrative de l'écoconception fiscale) Les marges de manœuvre nationales sur les taux de TVA restent encadrées par le droit européen : le calibrage annoncé n'est pas intégralement à la main de la France. (Directive TVA)

Précédent, Suède, taxe carbone depuis 1991 : Taxe carbone portée progressivement à plus de 120 € la tonne, avec compensation par la baisse d'autres prélèvements. Émissions en baisse d'environ 30 % tandis que le PIB progressait de plus de 60 % : le découplage le mieux documenté d'Europe. Le signal-prix fonctionne, à deux conditions : progressivité dans le temps et redistribution visible du produit de la taxe.

Précédent, France, 2018 : Hausse programmée de la composante carbone des taxes sur les carburants, sans dispositif de compensation lisible. Mouvement des Gilets jaunes, abandon de la trajectoire carbone. Le précédent français décisif : une fiscalité écologique sans mécanisme de redistribution explicite et immédiat est politiquement intenable.

Précédent, Suisse, redevance CO₂ avec redistribution : Taxe carbone dont les deux tiers du produit sont redistribués par habitant via l'assurance maladie. Acceptabilité durable et effet mesurable sur les émissions du bâtiment. La redistribution forfaitaire du produit, « fee and dividend », est le dispositif qui a le mieux résisté politiquement.

Sources : Parlons Politique, Le programme écologiste 2027 · Programme de Marine Tondelier

Sortie progressive du nucléaire et mix électrique 100 % renouvelables

Engager une sortie progressive du parc nucléaire sur une vingtaine d'années : arrêt du programme de nouveaux réacteurs EPR2, auquel les Écologistes se sont opposés au Parlement, fermeture des réacteurs existants à mesure de la montée des alternatives, et réorientation massive de l'investissement vers l'éolien, le solaire, le stockage, les réseaux et la sobriété, avec un mix électrique visant le 100 % renouvelables. C'est le point qui distingue le plus le programme de celui du reste de la gauche.

Chiffrage : Non chiffré globalement par le programme. RTE juge un système 100 % renouvelables techniquement atteignable en 2050 sous conditions fortes (sobriété, flexibilités, réseaux), mais plus coûteux que les scénarios conservant du nucléaire ; en face, le coût du nouveau nucléaire est lui-même très incertain, l'EPR de Flamanville étant estimé à environ 19 Md€ par la Cour des comptes.

Note de crédibilité : 36 sur 100. Précision de la mise en œuvre 9 sur 25, financement 8 sur 25, adossement au consensus économique 8 sur 25, précédents observés 11 sur 25.

Arguments favorables : La faisabilité technique n'est pas une chimère : le scénario M0 de RTE décrit un système électrique 100 % renouvelables en 2050, jugé possible sous conditions de sobriété, de flexibilité et de renforcement des réseaux. (RTE, « Futurs énergétiques 2050 » (2021)) Le nouveau nucléaire dérive : l'EPR de Flamanville a accumulé douze ans de retard et un coût multiplié par plus de cinq, estimé à environ 19 Md€ par la Cour des comptes, quand les coûts de l'éolien et du solaire ont fortement baissé sur la même période. (Cour des comptes, rapport sur la filière EPR (2020)) La sortie supprime des risques propres au nucléaire : déchets de haute activité sans exutoire définitif en service, dépendance à l'uranium importé, sensibilité du refroidissement aux canicules et aux étiages. (Argumentaire des Écologistes ; scénarios de l'association négaWatt)

Objections : L'électricité française est déjà l'une des plus décarbonées au monde grâce au nucléaire, qui fournit environ les deux tiers de la production : remplacer un moyen décarboné par un autre mobilise des dizaines de milliards pour un gain climatique quasi nul. (RTE, bilans électriques annuels) Le consensus scientifique ne fait pas de la sortie une condition climatique : la plupart des trajectoires compatibles avec 1,5 °C modélisées par le GIEC conservent ou accroissent la part du nucléaire. (GIEC, 6e rapport d'évaluation (AR6)) L'électrification des transports, du chauffage et de l'industrie va accroître fortement la demande d'électricité : fermer des capacités pilotables sur un calendrier rigide expose la sécurité d'approvisionnement, comme l'a rappelé l'hiver 2022-2023 avec l'indisponibilité d'une partie du parc. (RTE, bilans prévisionnels de sécurité d'approvisionnement)

Précédent, Allemagne, Energiewende, 2011-2023 : Sortie du nucléaire décidée après Fukushima, dernier réacteur arrêté en avril 2023, déploiement massif de l'éolien et du solaire. Aucune rupture d'approvisionnement et plus de la moitié de l'électricité renouvelable dès 2023-2024 ; mais recours prolongé au charbon puis au gaz, électricité restée plusieurs fois plus carbonée que la française et prix parmi les plus élevés d'Europe. La sortie est industriellement faisable sans blackout, mais son bilan climatique est dégradé tant que les fossiles servent de variable d'ajustement pendant la transition.

Précédent, Belgique, 2003-2025 : Loi de sortie du nucléaire votée en 2003, avec fermeture programmée de tous les réacteurs. Face à la crise énergétique, prolongation de dix ans des réacteurs Doel 4 et Tihange 3 décidée en 2022, puis remise en cause plus large du calendrier de sortie. Un calendrier de sortie voté peut être défait par la réalité du système électrique : la crédibilité dépend du rythme réel de déploiement des alternatives, pas de la loi.

Sources : Ce que le programme écologiste changerait pour les retraites, le nucléaire et les impôts · Programme de Marine Tondelier · RTE, « Futurs énergétiques 2050 »

Mettre fin aux subventions aux énergies fossiles et renchérir l'avion face au train

Supprimer les niches et soutiens publics aux énergies fossiles, taxer le kérosène et appliquer la TVA pleine aux billets d'avion, tout en baissant le coût du train.

Note : 50 sur 100. Le gisement est documenté (plusieurs milliards d'euros de dépenses fiscales défavorables au climat recensés chaque année par le ministère des Finances), et la taxation des billets est à la main de la France sur les vols intérieurs ; mais la taxation du kérosène sur les vols internationaux dépend d'accords européens et internationaux qui ne sont pas acquis. Source : Synthèse du programme, monvote2027.fr/candidat/tondelier.

Conditionner les aides agricoles à des critères écologiques et sortir progressivement de l'élevage intensif

Réorienter les aides de la politique agricole commune vers l'agroécologie et le bio, avec une conditionnalité environnementale stricte, et engager la sortie progressive de l'élevage intensif.

Note : 40 sur 100. Le levier des aides existe et la France a des marges dans la déclinaison nationale de la PAC ; mais la conditionnalité renforcée se négocie à 27, la sortie de l'élevage intensif n'a ni calendrier ni accompagnement chiffré, et le mouvement agricole de 2024 a montré la sensibilité politique de toute contrainte nouvelle. Source : Synthèse du programme, monvote2027.fr/candidat/tondelier.

Transformer la fiscalité des transports : un avion plus cher, un train moins cher

Déplacer l'avantage comparatif de l'avion vers le rail par la fiscalité et l'investissement ferroviaire, dans la ligne de la transformation de la fiscalité des transports annoncée lors de la présentation du programme.

Note : 48 sur 100. La direction est cohérente avec le signal-prix défendu partout ailleurs dans le programme et des instruments existent (éco-contribution sur les billets, contrats de plan ferroviaires) ; le volume d'investissement ferroviaire nécessaire, estimé à plusieurs milliards par an par la filière, n'est en revanche pas chiffré dans le programme. Source : Parlons Politique, présentation du programme écologiste 2027.

Fiscalité & impôts : ISF climatique et taxe Zucman

Alourdissement de la fiscalité sur les grandes entreprises, les plus hauts patrimoines et leurs héritiers, avec deux mesures phares : un ISF « climatique » orientant le patrimoine vers les investissements verts, et la taxe Zucman à 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros. S'y ajoutent une « contribution fiscale » demandée aux expatriés fiscaux et un alourdissement des successions au sommet.

Taxe Zucman : 2 % minimum sur les patrimoines de plus de 100 M€

Instaurer un impôt plancher garantissant que les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros acquittent au moins 2 % de leur valeur en impôt chaque année, tous prélèvements confondus, afin de corriger la régressivité constatée au sommet de la distribution.

Chiffrage : Rendement estimé par Gabriel Zucman autour de 15 à 25 Md€ par an en France, pour environ 1 800 foyers concernés. Les relais du programme retiennent environ 20 Md€ ; l'OFCE et la Banque de France jugent ce rendement incertain.

Note de crédibilité : 49 sur 100. Précision de la mise en œuvre 17 sur 25, financement 12 sur 25, adossement au consensus économique 12 sur 25, précédents observés 8 sur 25.

Arguments favorables : Le travail empirique de Zucman et Bach montre que le taux d'imposition effectif décroît au sommet de la distribution, les très hauts patrimoines percevant peu de revenu imposable et logeant leurs actifs dans des holdings. (Bach, Bozio, Guillouzouic & Malgouyres, Institut des politiques publiques (2023)) Le nombre de contribuables concernés est très faible, environ 1 800 foyers, ce qui rend le contrôle administrativement gérable. (Estimations IPP / Zucman) La proposition s'inscrit dans une dynamique internationale : le G20 a mandaté en 2024 des travaux sur une imposition minimale des grandes fortunes. (Rapport Zucman pour la présidence brésilienne du G20 (2024))

Objections : L'essentiel de ces patrimoines est constitué de titres d'entreprises non cotées : les valoriser chaque année est un problème technique majeur, et une source de contentieux permanent. (Difficultés d'évaluation des actifs illiquides) Un actionnaire fondateur peu liquide devrait vendre des titres chaque année pour payer l'impôt, ce qui peut diluer le contrôle d'entreprises françaises au profit d'acquéreurs étrangers. (Objection récurrente des organisations patronales et de certains fiscalistes) Le Conseil constitutionnel a déjà censuré des dispositifs jugés confiscatoires ou méconnaissant la capacité contributive : un impôt assis sur un patrimoine non productif de revenu est juridiquement exposé. (Jurisprudence du Conseil constitutionnel sur l'article 13 de la DDHC) Appliquée par un seul pays, la mesure incite à la délocalisation de résidence fiscale : ce que la proposition tente de corriger par une taxation des expatriés, dispositif lui-même contesté. (Concurrence fiscale internationale)

Précédent, Espagne, impôt de solidarité sur les grandes fortunes (2022) : Impôt temporaire sur les patrimoines supérieurs à 3 M€, conçu pour neutraliser les exonérations régionales. Validé par le Tribunal constitutionnel, rendement effectif d'environ 600 M€ par an : réel mais inférieur aux prévisions initiales. Le précédent le plus récent en Europe : ce type d'impôt passe le contrôle constitutionnel et rapporte, mais moins qu'annoncé.

Précédent, États-Unis, « billionaire minimum income tax » proposée en 2022 : Impôt minimum sur les milliardaires incluant les plus-values latentes. Jamais adoptée, bloquée notamment sur la constitutionnalité de l'imposition des plus-values non réalisées. La difficulté centrale, imposer une richesse non réalisée, n'a été résolue nulle part à grande échelle.

Sources : Programme complet de Marine Tondelier, Votons 2027 · Ce que le programme écologiste changerait

ISF climatique : rétablir l'impôt sur la fortune avec une composante carbone

Rétablir un impôt sur la fortune en remplacement de l'IFI, dont le montant serait modulé selon l'empreinte écologique du patrimoine : les actifs investis dans les activités les plus carbonées seraient taxés plus lourdement, les placements finançant la transition plus légèrement, afin d'orienter l'épargne des plus riches vers les investissements verts. La mesure fait partie de la « fiscalité verte et juste » présentée avec le programme.

Chiffrage : Rendement d'environ 10 Md€ par an selon les synthèses du programme. À titre de comparaison, l'ISF supprimé fin 2017 rapportait environ 4,2 Md€ par an : le rendement annoncé suppose un barème sensiblement plus lourd ou une assiette plus large.

Note de crédibilité : 48 sur 100. Précision de la mise en œuvre 12 sur 25, financement 12 sur 25, adossement au consensus économique 12 sur 25, précédents observés 12 sur 25.

Arguments favorables : L'empreinte carbone est très concentrée au sommet de la distribution : les plus hauts patrimoines émettent plusieurs fois plus que la moyenne, en grande partie via leurs placements financiers. Asseoir une fiscalité climatique sur le patrimoine cible les émissions là où elles se trouvent. (Travaux de Lucas Chancel sur les inégalités d'émissions (World Inequality Lab)) L'idée d'adosser le financement de la transition au patrimoine des plus aisés n'est pas propre aux Écologistes : le rapport Pisani-Ferry et Mahfouz, commandé par le gouvernement, proposait lui-même un prélèvement exceptionnel sur le patrimoine financier des ménages aisés. (France Stratégie, « Les incidences économiques de l'action pour le climat » (2023)) L'administration fiscale a collecté l'ISF pendant près de trente ans : l'outil déclaratif, la jurisprudence et le contrôle existent, contrairement à un impôt entièrement nouveau. (Précédent de l'ISF (1989-2017))

Objections : Mesurer l'empreinte carbone d'un patrimoine diversifié (actions, fonds, holdings, immobilier) n'a pas de méthodologie stabilisée : la modulation climatique du barème serait complexe, contestable et vulnérable au verdissement de façade des portefeuilles. (Débats sur la taxonomie verte européenne et la mesure d'empreinte des portefeuilles) Le comité d'évaluation des réformes de la fiscalité du capital documente un reflux des départs de contribuables fortunés après la suppression de l'ISF en 2017 : un rétablissement alourdi rouvrirait ce canal, et le rendement net en dépend. (Comité d'évaluation des réformes de la fiscalité du capital, France Stratégie) Le rendement annoncé représente environ le double de l'ancien ISF, alors que celui-ci était déjà critiqué pour le mitage de son assiette par les exonérations et le plafonnement : le chiffrage repose sur un barème qui n'est pas publié. (Rendement historique de l'ISF, données des lois de finances)

Précédent, France, ISF, 1989-2017 : Impôt annuel sur les patrimoines supérieurs à 1,3 M€ (barème de 0,5 à 1,5 %), remplacé en 2018 par l'IFI limité à l'immobilier. Rendement de 4 à 5 Md€ par an pour environ 350 000 foyers ; départs de contribuables réels mais limités à quelques centaines par an, assiette réduite par le plafonnement et les exonérations. Un impôt annuel sur la fortune est administrable en France ; son rendement réel reste borné par les régimes dérogatoires, ce qui rend le doublement annoncé exigeant.

Précédent, Norvège, depuis 2022 : Relèvement de l'impôt sur la fortune, dont le taux marginal a été porté à environ 1,1 %. Départs très médiatisés de dizaines de grandes fortunes vers la Suisse ; effet budgétaire net encore débattu entre pertes d'assiette et recettes accrues. Dans un espace de libre circulation, l'assiette la plus mobile réagit vite : les dispositifs anti-expatriation deviennent le point décisif du rendement.

Sources : Parlons Politique, Le programme écologiste 2027 (fiscalité verte et juste) · Programme de Marine Tondelier · Synthèse des positions, MonVote2027

Une « contribution fiscale » des expatriés fiscaux

Demander une contribution aux Français ayant établi leur résidence fiscale à l'étranger pour échapper à l'impôt, afin de limiter le contournement de la fiscalité du patrimoine.

Note : 28 sur 100. Le dispositif répond à la principale objection faite à la taxe Zucman, mais il se heurte aux conventions fiscales bilatérales qu'il faudrait renégocier une à une ; seule l'imposition à raison de la citoyenneté pratiquée par les États-Unis en offre un précédent, sans équivalent européen. Source : Parlons Politique, présentation du programme écologiste 2027.

Alourdir la fiscalité des très hauts héritages

Renforcer la progressivité des droits de succession au sommet de la distribution, en réduisant les niches qui permettent aux patrimoines les plus élevés d'échapper largement au barème.

Note : 45 sur 100. Le diagnostic est solidement documenté (le Conseil d'analyse économique a montré en 2021 que le taux effectif payé par les plus grosses successions est très inférieur au barème du fait des exonérations), mais les paramètres retenus par le programme ne sont pas détaillés et l'impôt successoral est l'un des plus impopulaires du pays. Source : Programme de Marine Tondelier, votons-2027.fr.

Économie & finances publiques : Sobriété et réorientation de l'investissement

Réorientation de l'appareil productif vers la sobriété et les activités bas-carbone : conditionnement des aides publiques aux entreprises à des critères climatiques et sociaux, investissement massif dans les transports et la rénovation, économie circulaire et droit à la réparabilité. Le programme assume de « sortir du capitalisme » au profit d'une « prospérité écologique », en distinguant les plus riches, dont les comportements doivent changer, des classes moyennes et populaires, dont la qualité de vie doit être préservée. Le blocage des prix n'est envisagé qu'en cas d'inflation jugée anormale.

Conditionner les aides publiques aux entreprises à des critères climatiques et sociaux

Subordonner les dizaines de milliards d'aides et de niches dont bénéficient les entreprises à des engagements de décarbonation et de non-versement de dividendes excessifs, avec remboursement en cas de non-respect.

Note : 48 sur 100. Le gisement est réel (les aides aux entreprises représentent plus de 100 Md€ par an selon les recensements universitaires) et des embryons de conditionnalité ont existé dans le plan de relance de 2020 ; mais leur contrôle s'est révélé faible, et une conditionnalité stricte suppose un appareil de suivi qui n'est pas décrit. Source : Programme de Marine Tondelier, votons-2027.fr.

Généraliser le droit à la réparation et l'économie circulaire

Étendre l'indice de réparabilité, allonger les garanties légales et soutenir les filières de réemploi, en cohérence avec la TVA réduite sur la réparation portée par la TVA verte.

Note : 58 sur 100. La France dispose déjà d'un socle opérationnel (loi anti-gaspillage de 2020, indice de réparabilité, fonds réparation) et le droit européen va dans le même sens avec la directive sur le droit à la réparation de 2024 : la mesure prolonge une trajectoire engagée plus qu'elle n'innove. Source : Programme de Marine Tondelier, votons-2027.fr.

Bloquer les prix en cas d'« inflation anormale »

Se réserver la possibilité d'un blocage ciblé des prix de biens essentiels lors d'épisodes d'inflation jugée anormale, plutôt qu'un contrôle permanent des prix.

Note : 35 sur 100. Le cadre juridique existe (le code de commerce autorise des mesures temporaires contre des hausses excessives) et le bouclier tarifaire de 2021-2023 en est un précédent réel mais très coûteux pour les finances publiques ; les critères de déclenchement et le périmètre ne sont pas précisés. Source : Parlons Politique, « Ce que le programme écologiste changerait ».

Travail, salaires & pouvoir d'achat : Hausse des bas salaires et réduction du temps de travail

Le programme fait des salaires le cœur de son volet social : hausse du SMIC, réforme des allègements de cotisations pour pousser les employeurs à augmenter les salaires au-dessus du minimum, semaine de 32 heures sans perte de salaire dans les métiers pénibles et de nuit, et protections nouvelles face au dérèglement climatique, dont un congé climatique en cas d'événement extrême.

Porter le SMIC vers 2 000 € brut, environ 1 600 € net

Augmenter fortement le salaire minimum en début de mandat ; les synthèses du programme divergent sur le véhicule, entre hausse directe du SMIC et suppression d'exonérations de cotisations destinée à pousser les employeurs à revaloriser l'ensemble des bas salaires.

Note : 35 sur 100. L'objectif est daté et quantifié et le précédent allemand de 2022 (salaire minimum porté à 12 € de l'heure sans pertes d'emplois mesurables) plaide pour la faisabilité ; mais une hausse française de cette ampleur toucherait une part bien plus grande de l'emploi qu'en Allemagne, avec un risque documenté sur l'emploi peu qualifié, et la présentation même de la mesure varie selon les relais du programme. Source : Parlons Politique ; synthèse MonVote2027.

32 heures sans perte de salaire pour les métiers pénibles et de nuit

Réduire la durée du travail à 32 heures hebdomadaires, à salaire maintenu, pour les salariés exerçant des métiers pénibles ou travaillant de nuit.

Note : 38 sur 100. Le ciblage sur la pénibilité rend la mesure plus finançable qu'une généralisation des 32 heures, et le précédent des 35 heures montre qu'une réduction négociée est praticable ; mais la définition juridique des métiers concernés, le coût pour les employeurs et les compensations éventuelles ne sont pas chiffrés. Source : Synthèse du programme, monvote2027.fr/candidat/tondelier.

Un congé climatique de cinq jours par an en cas d'événement extrême

Créer jusqu'à cinq jours de congé rémunéré par an pour les salariés ne pouvant pas télétravailler lors d'un événement climatique extrême (canicule, inondation), au titre d'une « sécurité sociale écologique ».

Note : 32 sur 100. La proposition répond à un risque croissant et documenté (les vagues de chaleur font déjà l'objet d'obligations patronales renforcées depuis 2025), mais son financement, employeurs ou solidarité nationale, n'est pas tranché et aucun pays ne l'a mise en œuvre sous cette forme. Source : Egora, « Un congé climatique en cas de chaleur extrême : la proposition des Écologistes ».

Retraites : Retour à 62 ans, 60 ans pour les carrières longues

Abrogation du report de l'âge légal à 64 ans voté en 2023 : retour immédiat à 62 ans, complété par un dispositif de départ à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt ou exercé des métiers pénibles. Le programme s'inscrit dans le prolongement de la suspension partielle de la réforme votée fin 2025, qui a gelé l'âge légal à 62 ans et 9 mois jusqu'en 2028.

Abroger la réforme de 2023 : retraite à 62 ans, 60 ans pour les carrières longues

Revenir à un âge légal de départ de 62 ans en abrogeant le report à 64 ans adopté en 2023, et ouvrir un droit au départ à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt ou exercé des métiers pénibles. La mesure prolonge la suspension déjà votée fin 2025, qui a gelé l'âge légal à 62 ans et 9 mois pour les générations 1964-1968 jusqu'en janvier 2028.

Chiffrage : Non chiffré par le programme. Estimations externes de l'abrogation : environ 8,2 Md€ par an à l'horizon 2027 dans le scénario médian de l'Institut Montaigne, et autour de 20 Md€ par an à l'horizon 2032 si les mesures sociales de la réforme, dont la revalorisation des petites pensions, sont conservées.

Note de crédibilité : 42 sur 100. Précision de la mise en œuvre 14 sur 25, financement 7 sur 25, adossement au consensus économique 8 sur 25, précédents observés 13 sur 25.

Arguments favorables : Le report uniforme de l'âge pèse d'abord sur ceux qui ont commencé tôt : les écarts d'espérance de vie entre cadres et ouvriers atteignent environ six ans chez les hommes, et l'espérance de vie sans incapacité se situe autour de 64 à 65 ans. (INSEE et DREES, statistiques d'espérance de vie et d'espérance de vie sans incapacité) Le véhicule législatif fonctionne : la suspension de la réforme a été votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, preuve qu'un retour en arrière est juridiquement et politiquement praticable. (franceinfo, « Que changera la suspension de la réforme des retraites ») La réforme de 2023 a été adoptée au 49.3 contre l'ensemble des organisations syndicales et une opinion durablement majoritaire contre le report : l'abrogation répond à une demande sociale documentée. (Mobilisations de 2023 ; positions de l'intersyndicale)

Objections : Le coût est pérenne et croissant, de l'ordre de 8 à 20 Md€ par an selon l'horizon, dans un système dont le Conseil d'orientation des retraites projette déjà le déficit ; le programme ne publie pas de financement dédié. (Institut Montaigne ; projections du COR) Le retour à 62 ans réduit la population active et donc l'activité et les recettes, un effet mesuré par l'OFCE à propos de la suspension de 2026 : la mesure se paie deux fois, en dépenses et en manque à gagner. (OFCE, « Réforme et suspension de la réforme des retraites » (janvier 2026)) La démographie joue contre la mesure : le ratio cotisants sur retraités se dégrade et tous les grands voisins européens relèvent l'âge de départ vers 65 à 67 ans plutôt qu'ils ne l'abaissent. (Comparaisons européennes des âges de départ, COR)

Précédent, France, décret carrières longues de 2012 : Réouverture du départ à 60 ans pour les assurés ayant commencé à travailler avant 20 ans, par décret, au début du quinquennat Hollande. Dispositif ciblé monté en charge sans crise de financement, pour un coût de l'ordre de 1 à 3 Md€ par an, financé par une hausse de cotisations. Un abaissement ciblé sur les carrières longues est finançable et administrable ; c'est la généralisation du retour à 62 ans qui change l'ordre de grandeur du coût.

Précédent, France, suspension de la réforme, 2025-2026 : Gel de l'âge légal à 62 ans et 9 mois pour les générations 1964-1968, inscrit dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Coût budgétaire limité à court terme mais croissant avec l'horizon ; la mesure a été obtenue par compromis parlementaire, sans abrogation complète. Le retour en arrière est politiquement possible, mais chaque année de recul de l'âge coûte structurellement plusieurs milliards : la question décisive est le financement de long terme.

Sources : Ce que le programme écologiste changerait pour les retraites · Abroger la réforme des retraites, combien ça coûte ? (chiffrages Institut Montaigne) · OFCE, impacts de la suspension de la réforme sur la population active · franceinfo, ce que change la suspension de la réforme des retraites

Logement : Rénovation thermique et régulation des loyers

Le logement est traité comme un chantier écologique et social : rénovation thermique massive en priorité pour les passoires et les ménages modestes, encadrement strict des loyers, et relance de la production de logements sociaux. Sur les passoires thermiques, Marine Tondelier a conditionné toute remise en location à des loyers strictement encadrés et fortement réduits.

Rénovation thermique massive des logements, priorité aux passoires

Faire de la rénovation thermique des bâtiments un chantier national : massifier les rénovations globales plutôt que les gestes isolés, en priorité pour les passoires thermiques et les ménages modestes, avec un accompagnement renforcé, afin de réduire les factures, la précarité énergétique et la dépendance aux énergies fossiles du bâtiment.

Chiffrage : Non chiffré précisément par le programme. Ordres de grandeur externes : le rapport Pisani-Ferry et Mahfouz évalue à environ 66 Md€ par an d'ici 2030 les investissements supplémentaires nécessaires à l'ensemble de la transition, le bâtiment en étant l'un des premiers postes ; une rénovation globale performante coûte plusieurs dizaines de milliers d'euros par logement.

Note de crédibilité : 52 sur 100. Précision de la mise en œuvre 10 sur 25, financement 8 sur 25, adossement au consensus économique 20 sur 25, précédents observés 14 sur 25.

Arguments favorables : C'est l'un des rares chantiers climatiques consensuels : la stratégie nationale bas-carbone et le Haut Conseil pour le climat identifient le bâtiment, environ 16 % des émissions nationales, comme un gisement incontournable, et aucune famille politique ne conteste l'objectif. (Haut Conseil pour le climat, rapports annuels) Le parc à traiter est connu : l'observatoire national de la rénovation énergétique a recensé environ cinq millions de passoires thermiques, dont la rénovation produit des gains immédiats de pouvoir d'achat et de santé publique. (Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE)) Les emplois créés sont locaux et non délocalisables : la massification de la rénovation soutient l'artisanat du bâtiment sur tout le territoire. (ADEME, scénarios « Transition(s) 2050 »)

Objections : Le précédent immédiat déçoit : MaPrimeRénov' a produit de gros volumes de gestes isolés mais peu de rénovations globales, avec des fraudes documentées et des recentrages successifs du dispositif. (Cour des comptes, rapports sur MaPrimeRénov') Le goulot d'étranglement est la main-d'œuvre : massifier les rénovations globales suppose de former des dizaines de milliers d'artisans qualifiés, une contrainte plus dure que le financement lui-même. (Constats de la filière bâtiment et de France Stratégie sur les métiers de la transition) L'équation des ménages modestes est coûteuse : sans reste à charge quasi nul ils ne s'engagent pas, et avec, le coût public par logement devient très élevé ; les gains réels d'énergie sont en outre souvent inférieurs aux gains théoriques. (Évaluations des aides à la rénovation énergétique ; littérature sur l'écart entre consommations théoriques et réelles)

Précédent, Allemagne, programmes KfW, depuis 2001 : Prêts bonifiés et subventions massives de la banque publique KfW pour la rénovation énergétique et la construction performante. Des millions de logements traités et une industrie de la rénovation structurée ; les évaluations pointent toutefois un coût élevé par tonne de CO₂ évitée et des consommations réelles supérieures aux calculs. Le financement public de masse via une banque publique fonctionne pour créer le volume ; l'efficacité climatique par euro dépensé reste le point discuté.

Précédent, France, MaPrimeRénov', depuis 2020 : Aide de masse à la rénovation, plusieurs centaines de milliers de dossiers par an. Déploiement rapide mais dominé par les gestes isolés à faible impact ; les rénovations d'ampleur restent très en deçà des objectifs, et le dispositif a subi fraudes et à-coups réglementaires. Le précédent français direct : l'enjeu n'est pas de distribuer des aides mais d'organiser des rénovations globales, ce qui exige accompagnement, contrôle et stabilité des règles.

Sources : Programme de Marine Tondelier · ÉlyséeScope, programme et positions de Marine Tondelier · France Stratégie, « Les incidences économiques de l'action pour le climat »

Un encadrement strict des loyers

Généraliser et durcir l'encadrement des loyers dans les zones tendues, avec des loyers réduits d'environ 30 % comme condition posée par la candidate à toute remise en location de passoires thermiques.

Note : 42 sur 100. L'outil existe déjà à Paris, Lille, Lyon ou Bordeaux et il modère les loyers de relocation les plus élevés ; mais les évaluations françaises et le précédent berlinois montrent des effets ambigus sur l'offre locative, et un rabais uniforme de 30 % sur les passoires n'a pas été expertisé. Source : Programme de Marine Tondelier ; déclarations sur la relocation des passoires thermiques.

Relancer la production de logements sociaux, l'objectif relayé étant 200 000 par an

Porter la production annuelle de logements sociaux à un niveau très supérieur aux agréments récents, pour résorber les plus de deux millions de demandes en attente.

Note : 38 sur 100. La demande est documentée et le réseau HLM sait produire, mais l'objectif dépasse nettement le maximum historique récent (environ 125 000 agréments en 2016, moins de 90 000 ces dernières années) et suppose de rétablir les capacités financières des bailleurs, affaiblies depuis 2018, sans chiffrage publié. Source : Synthèse des positions, monvote2027.fr/candidat/tondelier.

Santé & hôpital : Prévention et santé environnementale

L'approche articule santé et environnement : lutte contre les pollutions, prévention, dispositifs ciblés sur la santé des jeunes avec un chèque santé et un pass contraception, et réduction du reste à charge des patients. La santé est l'un des trois thèmes les plus fournis du programme en nombre de mesures.

Un chèque santé et un pass contraception pour les jeunes

Créer des dispositifs ciblés d'accès aux soins et à la contraception pour les jeunes, prolongeant la gratuité de la contraception déjà en vigueur pour les moins de 26 ans.

Note : 52 sur 100. Les précédents directs existent et fonctionnent (contraception gratuite pour les moins de 26 ans depuis 2022, consultations psychologiques remboursées pour les jeunes), ce qui rend la mesure administrable à coût modéré ; le montant du chèque et son ciblage ne sont pas publiés. Source : Programme de Marine Tondelier, votons-2027.fr.

Faire de la santé environnementale une priorité de santé publique

Renforcer la lutte contre les pollutions de l'air, de l'eau et des sols, les pesticides et les polluants éternels, au titre de la prévention des maladies chroniques.

Note : 50 sur 100. Le lien entre pollutions et santé est solidement établi (Santé publique France attribue environ 40 000 décès par an à la pollution de l'air) et l'Union européenne durcit déjà le cadre sur les PFAS ; mais les mesures précises du programme, interdictions ou redevances, ne sont pas détaillées dans les sources disponibles. Source : Programme de Marine Tondelier, votons-2027.fr.

Lutter contre les déserts médicaux

Garantir l'accès aux soins sur tout le territoire en renforçant les centres de santé et l'organisation territoriale de l'offre de soins.

Note : 42 sur 100. Le diagnostic est partagé par tous les candidats et des leviers existent (centres de santé salariés, assistants médicaux, quatrième année d'internat en zone sous-dotée) ; le programme ne tranche pas publiquement entre incitation et régulation de l'installation, point qui départage réellement les politiques possibles. Source : ÉlyséeScope, programme et positions de Marine Tondelier.

Éducation & école : Moyens, mixité et éducation à l'environnement

Réduction des effectifs par classe, revalorisation des enseignants, intégration de l'éducation à l'environnement dans les programmes et politique volontariste de mixité sociale, dans un ministère présenté comme prioritaire pour les recrutements.

Abaisser le nombre maximal d'élèves par classe

Réduire les effectifs par classe, en s'appuyant sur la baisse démographique scolaire qui libère mécaniquement des postes à niveau de recrutement constant.

Note : 48 sur 100. Les effets des petites classes sont parmi les mieux documentés en éducation (expérimentation STAR aux États-Unis, dédoublements des CP et CE1 en éducation prioritaire depuis 2017 avec des gains mesurés par la DEPP), et la démographie rend la mesure plus finançable qu'hier ; le seuil visé et le calendrier ne sont pas publiés. Source : Programme de Marine Tondelier, votons-2027.fr.

Revaloriser les salaires des enseignants

Poursuivre et amplifier la revalorisation des enseignants français, dont les salaires restent inférieurs à la moyenne de l'OCDE à ancienneté comparable, pour répondre à la crise du recrutement.

Note : 45 sur 100. Le diagnostic est établi (crise des concours, salaires sous la moyenne OCDE en milieu de carrière) et des revalorisations ont déjà été engagées depuis 2023, ce qui prouve la faisabilité ; l'ampleur promise n'est pas chiffrée, or chaque point de hausse générale coûte plusieurs centaines de millions d'euros. Source : Programme de Marine Tondelier, votons-2027.fr.

Intégrer l'éducation à l'environnement dans tous les cursus

Inscrire l'éducation au climat et à la biodiversité dans les programmes du primaire au supérieur.

Note : 55 sur 100. Le levier est réglementaire (les programmes relèvent d'arrêtés, pas de la loi) et le mouvement est déjà engagé, notamment dans le supérieur avec le socle de compétences transition adopté après le rapport Jouzel : la mesure est réaliste, son effet propre restant difficile à mesurer. Source : Programme de Marine Tondelier, votons-2027.fr.

Une politique volontariste de mixité sociale à l'école

Agir sur la carte scolaire et sur les obligations du privé sous contrat pour réduire la ségrégation sociale entre établissements.

Note : 38 sur 100. Les expérimentations françaises de secteurs multi-collèges ont donné des résultats positifs localement, mais le plan mixité de 2023 a montré la résistance du privé sous contrat, qui scolarise des publics nettement plus favorisés sans contrainte de recrutement : sans levier contraignant, l'objectif reste déclaratif. Source : ÉlyséeScope, programme et positions de Marine Tondelier.

Immigration : Accueil digne et régularisation par le travail

Ligne d'ouverture assumée : abrogation de la loi immigration de 2024, amélioration des conditions d'accueil, facilitation de l'accès au titre de séjour pour les travailleurs, développement de voies légales pour l'asile et lutte contre les discriminations. Le programme défend aussi le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales.

Abroger la loi immigration de 2024

Revenir sur la loi du 26 janvier 2024, dont le Conseil constitutionnel avait déjà censuré plus d'un tiers des articles, notamment les mesures issues des amendements de la droite sénatoriale.

Note : 45 sur 100. Juridiquement simple (une loi s'abroge par une loi) et cohérent avec le vote des députés écologistes ; la faisabilité dépend entièrement d'une majorité parlementaire, et le programme ne précise pas ce qui remplacerait le texte sur les points non contestés. Source : Synthèse des positions, monvote2027.fr/candidat/tondelier.

Faciliter l'accès au titre de séjour pour les travailleurs

Élargir les possibilités de régularisation par le travail, au-delà du cadre restrictif des métiers en tension issu de la loi de 2024.

Note : 50 sur 100. Des précédents directs existent et sont documentés : la circulaire Valls de 2012 a produit environ 30 000 régularisations par an sans appel d'air mesuré, et la régularisation espagnole de 2005 a augmenté les recettes sociales ; l'ampleur exacte de l'élargissement proposé n'est pas publiée. Source : ÉlyséeScope, programme et positions de Marine Tondelier.

Un accueil digne et des voies légales pour l'asile

Renforcer l'hébergement et l'accompagnement des demandeurs d'asile et développer les voies légales d'accès (réinstallation, visas humanitaires) pour réduire les traversées dangereuses.

Note : 42 sur 100. Les instruments existent (programmes de réinstallation du HCR auxquels la France participe déjà, conditions matérielles d'accueil définies par le droit européen) et le nouveau pacte européen encadre la matière ; le coût de la mise à niveau de l'hébergement, aujourd'hui saturé, n'est pas chiffré. Source : ÉlyséeScope, programme et positions de Marine Tondelier.

Le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales

Accorder le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales aux étrangers non européens résidant durablement en France.

Note : 25 sur 100. La mesure exige une révision constitutionnelle aux trois cinquièmes du Congrès ou par référendum, jamais réunie depuis que la promesse circule (elle figurait au programme de François Mitterrand en 1981) ; le précédent existe pour les citoyens européens depuis Maastricht, mais l'extension n'a jamais trouvé de majorité. Source : Synthèse des positions, monvote2027.fr/candidat/tondelier.

Sécurité & justice : Prévention, proximité et désescalade

Inversion des priorités par rapport aux politiques récentes : investir dans la prévention et la police de proximité plutôt que dans la logique du chiffre, renforcer les moyens de la justice, notamment des mineurs, et réformer le maintien de l'ordre avec la suppression des lanceurs de balles de défense et le démantèlement de la Brav-M.

Supprimer les LBD et démanteler la Brav-M

Retirer les lanceurs de balles de défense de la dotation du maintien de l'ordre et dissoudre les brigades motorisées créées en 2019, au profit d'une doctrine de désescalade.

Note : 45 sur 100. La décision est réglementaire, donc immédiatement exécutable par un gouvernement, et le Défenseur des droits comme le Conseil de l'Europe ont demandé la suspension du LBD après les blessures documentées de 2018-2019 ; les syndicats policiers y sont massivement opposés et l'efficacité comparée des doctrines de désescalade reste débattue en situation de violence élevée. Source : Parlons Politique, « Ce que le programme écologiste changerait ».

Rétablir une police de proximité

Réorienter une partie des effectifs vers une présence de terrain continue et le lien avec la population, sur le modèle de la police de proximité de 1998-2003.

Note : 48 sur 100. Le précédent français existe (créée en 1998, supprimée en 2003) et la littérature internationale sur le community policing montre des effets positifs sur la confiance et le renseignement de terrain, plus incertains sur la délinquance enregistrée ; le format et les effectifs redéployés ne sont pas chiffrés. Source : ÉlyséeScope, programme et positions de Marine Tondelier.

Renforcer la prévention et les moyens de la justice des mineurs

Augmenter les moyens de la protection judiciaire de la jeunesse, de la prévention spécialisée et de l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté, plutôt que de durcir la réponse pénale.

Note : 44 sur 100. L'orientation s'appuie sur un corpus établi (la récidive baisse davantage avec l'insertion qu'avec l'incarcération courte, constat partagé par les études françaises et internationales), mais elle va à rebours du mouvement législatif récent et son coût n'est pas chiffré. Source : ÉlyséeScope, programme et positions de Marine Tondelier.

Europe & institutions : Europe fédérale et écologique

Les Écologistes assument d'être le parti français le plus favorable à l'approfondissement européen : une Europe « plus sociale, mais aussi plus forte et plus fédérale » selon Marine Tondelier, un Green Deal renforcé, une conditionnalité écologique des accords commerciaux, et en interne une « Première République écologique et citoyenne » réduisant le présidentialisme.

Une Europe « plus forte et plus fédérale »

Approfondir l'intégration européenne : renforcement du budget commun, extension du vote à la majorité qualifiée et fédéralisation progressive, position qui distingue les Écologistes du reste de la gauche française.

Note : 32 sur 100. La ligne est constante et cohérente avec le groupe vert européen, mais toute avancée fédérale exige une révision des traités à l'unanimité des 27, puis des ratifications nationales : la France ne peut ni la décider ni la garantir seule, comme l'ont montré les référendums de 2005. Source : Marine Tondelier, entretien au JDD ; contributions du conseil fédéral des Écologistes.

Renforcer le Green Deal européen

Défendre au niveau européen le maintien et le renforcement du pacte vert, face aux mouvements de simplification qui en réduisent la portée depuis 2024.

Note : 45 sur 100. Le cadre existe déjà (paquet « Fit for 55 », mécanisme d'ajustement carbone aux frontières en vigueur), ce qui distingue la position d'un simple vœu ; mais le rapport de force au Parlement européen et au Conseil s'est déplacé vers l'allègement des normes, ce qu'un président français ne contrôle pas. Source : Programme de Marine Tondelier, votons-2027.fr.

Une « Première République écologique et citoyenne »

Refonder les institutions pour sortir du présidentialisme : revalorisation du Parlement, proportionnelle, indépendance de la justice sacralisée et éléments essentiels de la vie commune inscrits dans la Constitution.

Note : 30 sur 100. Le diagnostic sur l'hyper-présidentialisme est largement partagé par les constitutionnalistes, mais l'essentiel des changements exige une révision constitutionnelle aux trois cinquièmes du Congrès ou par référendum, hors de portée d'un président sans majorité très large ; seule la proportionnelle relève d'une loi ordinaire. Source : France 24 / AFP, « Les Écologistes veulent instaurer la Première République écologique et citoyenne ».

Conditionner les accords commerciaux à des clauses écologiques

Refuser les accords de libre-échange sans clauses miroirs environnementales et sociales contraignantes, dans la ligne de l'opposition française à l'accord UE-Mercosur.

Note : 44 sur 100. La position rejoint un débat européen réel (clauses miroirs défendues par la France depuis 2021, opposition transpartisane au Mercosur), mais la politique commerciale est une compétence exclusive de l'Union : la France pèse sans décider, et les minorités de blocage ne sont pas garanties. Source : Programme de Marine Tondelier, votons-2027.fr.

Défense & politique étrangère : Défense européenne et soutien à l'Ukraine

Position singulière à gauche : soutien à l'Ukraine y compris militaire, construction d'une défense européenne renforçant l'autonomie stratégique du continent, respect des décisions de la justice internationale et réduction de la présence militaire française en Afrique. Marine Tondelier a fait de la défense européenne un marqueur de différenciation avec La France insoumise.

Construire une véritable défense européenne

Mutualiser davantage les capacités militaires européennes, à la fois pour aider l'Ukraine à court terme et pour réduire la dépendance stratégique du continent envers les États-Unis.

Note : 44 sur 100. La direction est partagée par de nombreuses capitales depuis 2022 et des instruments existent (facilité européenne pour la paix, programmes industriels communs), et la position est ancienne chez les Écologistes ; mais l'architecture et le financement ne sont pas précisés, et l'unanimité requise sur les sujets de défense reste un verrou. Source : Contribution du conseil fédéral des Écologistes sur la défense européenne (cf.eelv.fr).

Poursuivre le soutien à l'Ukraine, y compris militaire

Maintenir l'aide militaire, économique et humanitaire à l'Ukraine face à l'agression russe, position constante du parti depuis 2022.

Note : 55 sur 100. C'est une politique déjà menée par la France, financée dans les budgets récents et soutenue par un large consensus parlementaire dont les Écologistes font partie : la crédibilité tient surtout à la continuité, la principale incertitude étant l'évolution du conflit lui-même. Source : Synthèse des positions, monvote2027.fr/candidat/tondelier.

Réduire la présence militaire française en Afrique

Poursuivre la réduction du dispositif militaire permanent en Afrique au profit de partenariats redéfinis avec les États hôtes.

Note : 52 sur 100. Le mouvement est déjà largement engagé : retraits du Mali, du Burkina Faso et du Niger entre 2022 et 2023, puis remise des emprises au Sénégal, au Tchad et en Côte d'Ivoire ; la mesure prolonge une trajectoire réelle plus qu'elle ne la crée, le débat portant sur la contrepartie stratégique. Source : Synthèse des positions, monvote2027.fr/candidat/tondelier.

Actualité récente de Tondelier

L'été studieux : les universités d'été fixent le tempo de la rentrée

1 août 2026

Les Écologistes se retrouvent à Grenoble du 20 au 22 août, LFI à Châteauneuf-sur-Isère du 20 au 23, les socialistes à Blois les 28 et 29. Gabriel Attal, lui, a choisi de ne pas suspendre sa campagne de l'été.

LCP — À quoi va ressembler l'été des candidats

Les Écologistes dévoilent TVA verte, ISF climatique et taxe Zucman

24 juin 2026

Le programme de Marine Tondelier — 161 mesures dont 34 phares — assume un alourdissement de la fiscalité des plus aisés : ISF « climatique », prélèvement de 2 % sur les patrimoines au-delà de 100 M€, TVA modulée selon l'empreinte écologique.

Parlons Politique — Ce que le programme écologiste changerait

Premier débat le 27 août : sept candidats face aux entrepreneurs du Medef

29 juillet 2026

Attal, Glucksmann, Le Pen, Mélenchon, Philippe, Retailleau et Tondelier acceptent de se retrouver le 27 août sur le court Philippe-Chatrier de Roland-Garros, à la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) du Medef, retransmis en direct sur LCI à 16 h 45. Ce sera le premier face-à-face télévisé réunissant l'ensemble du champ présidentiel.

Le JDD — Le premier débat aura lieu le 27 août face aux entrepreneurs du Medef

Primaire du 11 octobre : le PS se retire, Tondelier et Ruffin seuls en lice

25 juillet 2026

Après un vote des adhérents en juillet 2026, le Parti socialiste décide de ne pas participer à la primaire de la gauche unitaire du 11 octobre, préférant une désignation interne. LFI (Mélenchon) et Place Publique (Glucksmann) étaient déjà absents. Restent en lice Marine Tondelier (Écologistes) et François Ruffin (Debout!), Clémentine Autain ayant retiré sa candidature. La primaire perd de son amplitude mais le processus est maintenu.

France Bleu — La primaire de la gauche sans LFI ni Glucksmann se déroulera le 11 octobre

Musk exige l'arrestation de Tondelier pour « trahison » ; elle lui répond publiquement

6 août 2026

Le 5 août, Marine Tondelier propose dans Libération de menacer X d'une suspension en cas d'ingérence algorithmique électorale, soulignant que Musk soutient publiquement Marine Le Pen. Le 6 août, Elon Musk répond sur X : « J'exige qu'elle soit mise hors d'état de nuire pour trahison envers la France ! » Tondelier écrit directement à Musk, et Glucksmann appelle sur RTL à faire respecter les règles européennes sur X et TikTok.

franceinfo — Tondelier s'en prend à Musk après son message agacé