Parti communiste français (PCF)

Fabien Roussel

Salaires, services publics, nucléaire et « France des jours heureux ».

Qui est Fabien Roussel et que propose-t-il ?

Secrétaire national du PCF, candidat en 2022 avec 2,28 % des voix. Sa ligne se distingue à gauche par un soutien assumé au nucléaire et un discours centré sur le travail et les salaires plutôt que sur la sobriété.

Sur la carte politique du site, Fabien Roussel est situé à gauche sur l'axe économique et en position médiane sur l'axe des libertés. Son programme est documenté sur 12 des 12 sujets du site, avec 6 mesures évaluées en détail et 20 principes notés. Il est crédité de 3 % d'intentions de vote au premier tour, dans une fourchette de 2.5 à 4 % selon les instituts.

Loin à l'ouest : SMIC à 2 000 €, nationalisations, pôles publics. Mais presque au milieu de l'axe nord-sud : le PCF de Roussel assume travail, nucléaire et sécurité, plus « ordre » que le reste de la gauche.

Le programme de Roussel, sujet par sujet

Travail, salaires & pouvoir d'achat : SMIC à 2 000 € bruts et indexation

Le cœur du programme est salarial : un SMIC porté à 2 000 € bruts (environ 1 500 € nets), l'indexation des salaires sur l'inflation, et une conférence nationale des salaires pour relever les grilles de branche.

SMIC à 2 000 € bruts

Porter le salaire minimum à 2 000 € bruts mensuels, soit environ 1 500 € nets, ce qui représente une hausse de l'ordre de 18 % par rapport au niveau de référence, et réindexer l'ensemble des salaires sur l'inflation. La revendication a été confirmée par Fabien Roussel à la Fête de l'Humanité 2025, accompagnée d'une hausse de 10 % du point d'indice des fonctionnaires.

Chiffrage : Hausse d'environ 18 %. Coût direct pour l'État sur la fonction publique et les allègements de charges ; coût principal supporté par les entreprises.

Note de crédibilité : 48 sur 100. Précision de la mise en œuvre 19 sur 25, financement 8 sur 25, adossement au consensus économique 9 sur 25, précédents observés 12 sur 25.

Arguments favorables : La littérature post-Card et Krueger montre que des hausses de salaire minimum n'ont pas l'effet destructeur d'emploi que prédisait le modèle concurrentiel standard. (Cengiz, Dube, Lindner & Zipperer, Quarterly Journal of Economics (2019)) Une part importante des travailleurs au SMIC est employée dans des secteurs non délocalisables (commerce, aide à la personne, restauration), ce qui limite le risque de fuite de l'emploi. (DARES, structure de l'emploi au SMIC)

Objections : Le SMIC français atteint déjà environ 60 % du salaire médian, l'un des ratios les plus élevés de l'OCDE : une hausse de 18 % le porterait à un niveau sans précédent international. (OCDE, ratio salaire minimum / salaire médian) L'effet d'écrasement des grilles de branche est mécanique : les salaires immédiatement au-dessus du SMIC sont rattrapés, ce qui déclenche des revendications en cascade. (Rapports du groupe d'experts SMIC) L'indexation générale des salaires sur les prix est le mécanisme supprimé en 1983 précisément pour briser la boucle prix-salaires. (Désindexation française de 1983)

Précédent, Allemagne, 2015 puis 2022 : Introduction d'un salaire minimum, puis relèvement à 12 €. Hausse des bas salaires sans destruction massive d'emplois, ajustement par les heures. Un choc de salaire minimum est absorbable, mais depuis un niveau de départ bien plus bas.

Précédent, Belgique (indexation permanente) : Indexation automatique des salaires sur les prix. Pouvoir d'achat préservé pendant le choc inflationniste de 2022, dégradation mesurée de la compétitivité-coût. L'indexation tient ses promesses, et son coût apparaît sur les parts de marché à l'export.

Sources : Discours de Fabien Roussel à la Fête de l'Humanité 2025 (pcf.fr) · Fabien Roussel, programme et positions (MonVote2027) · Fabien Roussel (PCF) 2027, ÉlyséeScope

La semaine de travail à 32 heures

Réduire la durée légale hebdomadaire de 35 à 32 heures sans réduction de salaire, par la négociation de branche appuyée sur une loi-cadre.

Note : 32 sur 100. Le précédent des 35 heures a créé des emplois selon les évaluations de la DARES, mais au prix d'aides publiques massives : le passage à 32 heures n'est ni chiffré ni assorti d'un calendrier. Source : « La France des jours heureux », programme 2022 (fabienroussel2022.fr).

Une sécurité d'emploi ou de formation pour éradiquer le chômage

Garantir à chacun soit un emploi, soit une formation rémunérée, dans un système géré avec les salariés et présenté comme un dépassement de l'assurance chômage.

Note : 22 sur 100. Concept ancien du PCF, jamais expérimenté à l'échelle d'un pays : ni chiffrage, ni administration décrite. La note sanctionne l'écart entre l'ambition et l'outillage. Source : « La France des jours heureux », programme 2022 (fabienroussel2022.fr).

Écologie & énergie : Nucléaire et pôle public de l'énergie

Le PCF revendique une singularité à gauche : le nucléaire est une énergie d'avenir. Le programme prévoit la construction de 20 EPR, contre 14 dans le plan gouvernemental, dans le cadre d'un pôle public de l'énergie, et une baisse du prix de l'électricité pouvant aller jusqu'à 30 %.

Construire 20 EPR dans un pôle public de l'énergie

Porter le programme nucléaire français à 20 réacteurs EPR2, contre 14 dans la trajectoire gouvernementale, en le pilotant depuis un pôle public de l'énergie intégrant EDF renationalisée, et en répercutant la baisse du coût de production sur les prix.

Chiffrage : Le coût d'un EPR2 est estimé entre 11 et 16 Md€ par la Cour des comptes ; 20 réacteurs représentent donc un ordre de grandeur de 220 à 320 Md€.

Note de crédibilité : 49 sur 100. Précision de la mise en œuvre 16 sur 25, financement 9 sur 25, adossement au consensus économique 15 sur 25, précédents observés 9 sur 25.

Arguments favorables : Le nucléaire est l'une des sources d'électricité les moins émettrices en analyse de cycle de vie, comparable à l'éolien, et le GIEC l'inclut dans les trajectoires de décarbonation. (GIEC, AR6, WG III ; analyses de cycle de vie de l'électricité) Le pilotage public permet d'appliquer un taux d'actualisation bas, ce qui change radicalement la rentabilité d'un actif à coûts fixes élevés et durée de vie longue. (Économie du financement des actifs de long terme) L'effet de série est documenté : construire un grand nombre de réacteurs identiques fait baisser le coût unitaire, comme lors du programme français des années 1970-80. (Retour d'expérience du programme électronucléaire français)

Objections : L'expérience récente est mauvaise : Flamanville 3 a été livré avec douze ans de retard pour un coût passé d'environ 3,3 à plus de 13 Md€ selon la Cour des comptes. (Cour des comptes, rapports sur l'EPR de Flamanville) Le facteur limitant est industriel et humain : soudeurs qualifiés, chaudronnerie lourde, ingénierie. La filière a perdu ces compétences et ne les reconstitue pas au rythme d'un décret. (Rapport Folz sur la construction de Flamanville 3 (2019)) Le calendrier ne colle pas avec l'objectif climatique : un EPR2 mis en chantier en 2027 produit au mieux au milieu des années 2040, après l'échéance de 2030. (Calendriers de construction nucléaire)

Précédent, France, programme Messmer (1974-1990) : Construction de 58 réacteurs en une quinzaine d'années, sous pilotage public intégré. Électricité largement décarbonée et parmi les moins chères d'Europe pendant des décennies. C'est la réussite industrielle française de référence. Le précédent le plus favorable à la mesure : la France a déjà fait exactement cela, à une échelle supérieure, avec un pilotage public.

Précédent, Finlande, Olkiluoto 3 / France, Flamanville 3 : Construction d'EPR de première génération. Plus de dix ans de retard chacun, coûts multipliés par trois à quatre. Le contre-exemple immédiat : la compétence perdue ne se retrouve pas par décision politique. Les deux précédents s'appliquent tous les deux.

Sources : Discours de Fabien Roussel sur le nucléaire (pcf.fr) · franceinfo, « Le Parti communiste va proposer un pacte pour la France » (2025) · Fabien Roussel (PCF) 2027, ÉlyséeScope

Un plan d'investissement dans le rail et la baisse du prix des billets

Investir dans le réseau ferroviaire au titre du fonds public de 500 milliards d'euros et faire baisser le prix des billets pour encourager le report vers le train.

Note : 35 sur 100. L'orientation est consensuelle et l'outil de financement identifié, le fonds public du « pacte pour la France » ; mais ni le montant fléché vers le rail ni le mécanisme de baisse des prix ne sont détaillés. Source : Pacte pour la France, PCF (2025).

Santé & hôpital : 100 000 emplois à l'hôpital

Création de 100 000 emplois hospitaliers, réouverture de petits hôpitaux, déploiement de centres de santé et conventionnement sélectif des médecins pour réduire les déserts médicaux.

100 000 emplois supplémentaires à l'hôpital public

Recruter 100 000 soignants et personnels hospitaliers pour rouvrir des lits et desserrer la charge de travail, dans le cadre d'un plan pluriannuel de recrutements publics.

Note : 42 sur 100. L'objectif est chiffré en effectifs, soit un ordre de grandeur de 5 Md€ par an de masse salariale, et le Ségur de la santé a montré que des revalorisations massives sont finançables ; mais l'hôpital peine déjà à pourvoir ses postes ouverts, et le calendrier n'est pas détaillé. Source : Programme 2022 et Pacte pour la France, PCF (2025).

Des centres de santé publics et un conventionnement sélectif des médecins

Déployer des centres de santé employant des médecins salariés et restreindre le conventionnement dans les zones surdotées pour orienter les installations vers les déserts médicaux.

Note : 44 sur 100. Le conventionnement sélectif existe déjà pour les infirmiers avec des effets documentés sur la répartition territoriale ; son extension aux médecins est régulièrement proposée au Parlement et bute sur l'opposition des syndicats de médecins libéraux. Source : Positions publiques du PCF.

Expérimenter une sécurité sociale de l'alimentation

Créer des caisses locales finançant un budget alimentaire universel, orienté vers des produits conventionnés avec les producteurs, sur le modèle de la Sécurité sociale de 1946.

Note : 28 sur 100. Des expérimentations locales existent, notamment dans des municipalités communistes, et le PCF a publié des notes de cadrage ; mais aucun financement national n'est décrit et le dispositif reste au stade du prototype. Source : Notes et publications du PCF sur la sécurité sociale de l'alimentation (presse du parti).

Économie & finances publiques : Nationalisations et industrie

Un « pacte pour la France » de 500 milliards d'euros sur cinq ans, des pôles publics de l'énergie et du crédit adossés à une nationalisation partielle des banques, une politique industrielle volontariste et le conditionnement des aides publiques aux entreprises.

Un fonds public de 500 milliards d'euros et un pôle public bancaire

Créer un fonds public doté de 500 milliards d'euros sur cinq ans, soit 100 milliards par an, pour financer grands travaux, réindustrialisation, logement, ferroviaire et services publics, en réorientant le crédit grâce à une nationalisation partielle du secteur bancaire et à la mobilisation de la Caisse des dépôts et de la Banque centrale européenne.

Chiffrage : 500 Md€ sur cinq ans revendiqués, financés selon le PCF par le crédit et non par l'impôt. Aucun chiffrage indépendant ne valide ce montage, qui suppose le concours d'institutions indépendantes, BCE comprise.

Note de crédibilité : 34 sur 100. Précision de la mise en œuvre 12 sur 25, financement 6 sur 25, adossement au consensus économique 6 sur 25, précédents observés 10 sur 25.

Arguments favorables : Le besoin d'investissement supplémentaire pour la transition climatique est documenté : le rapport Pisani-Ferry et Mahfouz l'évalue à environ 66 milliards d'euros par an d'ici 2030, publics et privés confondus. (France Stratégie, « Les incidences économiques de l'action pour le climat » (2023)) La France a déjà pratiqué le fléchage public du crédit : le Trésor et les banques nationalisées ont financé la reconstruction et l'équipement du pays de 1945 aux années 1970. (Histoire économique de la planification française)

Objections : L'article 123 du traité sur le fonctionnement de l'UE interdit le financement monétaire des États : mobiliser la BCE pour un fonds national suppose de changer les traités ou de s'en affranchir. (Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, article 123) Une nationalisation même partielle des grandes banques exige d'indemniser les actionnaires au prix de marché : plusieurs dizaines de milliards d'euros de dette supplémentaire avant le premier euro investi. (Précédent des nationalisations de 1982) 100 milliards par an représentent plus de trois points de PIB, alors que la dette publique dépasse déjà 110 % du PIB : le programme ne dit pas ce qui advient si le crédit fléché ne suffit pas. (Insee, comptes nationaux et dette publique)

Précédent, France, 1945-1948 : Nationalisation de la Banque de France et des grandes banques de dépôt, planification du crédit. Reconstruction financée et décennies de croissance forte, mais dans une économie administrée, fermée aux mouvements de capitaux. Le crédit administré a fonctionné, dans un monde de contrôle des changes qui n'existe plus : la transposition n'est pas automatique.

Précédent, France, 1982 : Nationalisation de 39 banques et de cinq groupes industriels par le gouvernement Mauroy. Indemnisations coûteuses, pilotage inégal, puis reprivatisations dès 1986-1993 sans transformation durable du financement de l'économie. La dernière nationalisation bancaire française a été défaite en quelques années, sans démontrer le gain attendu sur l'investissement.

Sources : Un pacte national pour l'avenir de la France (pcf.fr) · franceinfo, « Le Parti communiste va proposer un pacte pour la France » (2025)

Demander des comptes sur les 211 milliards d'aides publiques aux entreprises

Conditionner et contrôler les aides et exonérations versées aux entreprises, évaluées à 211 milliards d'euros par an par une commission d'enquête sénatoriale de 2025.

Note : 46 sur 100. Le chiffre s'appuie sur des travaux du Sénat et le conditionnement des aides gagne du terrain dans le débat public ; les critères précis et l'administration chargée du contrôle restent à définir. Source : Discours de Fabien Roussel, Fête de l'Humanité 2025 (pcf.fr).

Retraites : Retour à 60 ans à taux plein

Restaurer la retraite à 60 ans à taux plein, calculer la pension sur les dix meilleures années dans le privé, la porter à 75 % du revenu net d'activité et garantir une pension minimale de 1 200 euros par mois.

Retraite à 60 ans à taux plein

Restaurer le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, calculer la pension du privé sur les dix meilleures années, porter le taux de remplacement à 75 % du revenu net pour le public comme pour le privé et garantir une pension minimale de 1 200 euros par mois.

Chiffrage : Entre 30 et 40 Md€ par an selon le candidat en 2022. L'Institut Montaigne estimait le coût à 87,7 Md€ par an en scénario médian, dans une fourchette de 55 à 177 Md€ selon les hypothèses.

Note de crédibilité : 38 sur 100. Précision de la mise en œuvre 16 sur 25, financement 5 sur 25, adossement au consensus économique 7 sur 25, précédents observés 10 sur 25.

Arguments favorables : L'espérance de vie sans incapacité à la naissance se situe autour de 63 à 65 ans : reporter l'âge légal au-delà fait travailler une partie des salariés en mauvaise santé, surtout dans les métiers pénibles. (DREES, espérance de vie sans incapacité) Les relèvements d'âge se traduisent en partie par des bascules vers le chômage, l'invalidité et les minima sociaux pour les seniors sans emploi, ce qui réduit l'économie nette et plaide symétriquement pour un âge plus bas. (Institut des politiques publiques, évaluations de la réforme de 2010)

Objections : Le rapport démographique se dégrade : environ 1,7 cotisant par retraité aujourd'hui, contre plus de 2 au début des années 2000, et les projections du COR n'anticipent aucun retour spontané à l'équilibre. (Conseil d'orientation des retraites, rapports annuels) L'écart de chiffrage est massif : l'estimation externe médiane représente plus du double du coût revendiqué par le candidat, et jusqu'à quatre fois en haut de fourchette. (Institut Montaigne, chiffrage du programme 2022) La France consacre déjà près de 14 % de son PIB aux retraites, parmi les niveaux les plus élevés de l'OCDE, avec un âge effectif de départ parmi les plus bas. (OCDE, Panorama des pensions)

Précédent, France, 1982 : Abaissement de l'âge légal de 65 à 60 ans par ordonnance, sous la présidence Mitterrand. La mesure a été appliquée, mais son financement a exigé des hausses répétées de cotisations, puis les réformes de 1993, 2003, 2010 et 2023 ont rallongé carrières et âge légal. La retraite à 60 ans a déjà existé en France : elle n'a pas résisté à la démographie.

Précédent, France, réforme de 2010 : Relèvement de l'âge légal de 60 à 62 ans. Hausse mesurée de l'emploi des seniors, mais aussi des dépenses de chômage et d'invalidité qui ont absorbé une partie des économies attendues. Les effets d'un abaissement seraient symétriques : un coût brut très élevé, seulement atténué par les vases communicants sociaux.

Sources : Institut Montaigne, chiffrage de la retraite à 60 ans (programme 2022) · « La France des jours heureux », programme 2022

Indexer les pensions sur les salaires, pas sur les prix

Revenir à une indexation des pensions sur l'évolution des salaires, plus dynamique que celle des prix sur longue période.

Note : 33 sur 100. Mesure simple à écrire et protectrice pour les retraités, mais son coût croît mécaniquement avec le temps et n'est pas chiffré dans le programme. Source : Institut Montaigne, analyse du programme 2022.

Fiscalité & impôts : Rétablir et tripler l'ISF, taxer le capital

Rétablissement et triplement de l'ISF, suppression du prélèvement forfaitaire unique pour imposer les revenus du capital au barème, impôt sur le revenu plus progressif à quinze tranches et impôt plancher de 2 % sur les patrimoines au-delà de 100 millions d'euros.

Rétablir et tripler l'ISF, imposer le capital au barème

Rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune supprimé en 2018 et viser le triplement de son rendement, supprimer le prélèvement forfaitaire unique pour soumettre les revenus du capital au barème progressif, et instaurer un impôt minimal de 2 % sur les patrimoines dépassant 100 millions d'euros.

Chiffrage : L'ISF rapportait environ 4 à 5 Md€ par an avant sa suppression ; le triplement revendiqué viserait un ordre de grandeur de 12 à 15 Md€. Les promoteurs d'un impôt plancher de 2 % sur les très hauts patrimoines avancent 15 à 25 Md€ par an, estimation contestée.

Note de crédibilité : 51 sur 100. Précision de la mise en œuvre 14 sur 25, financement 13 sur 25, adossement au consensus économique 12 sur 25, précédents observés 12 sur 25.

Arguments favorables : Le comité d'évaluation des réformes de la fiscalité du capital n'a pas mis en évidence d'effet mesurable de la suppression de l'ISF sur l'investissement des entreprises. (France Stratégie, comité d'évaluation des réformes de la fiscalité du capital) Les travaux de l'Institut des politiques publiques montrent que l'imposition effective devient régressive au sommet de la distribution : les patrimoines les plus élevés échappent largement au barème. (Institut des politiques publiques, étude sur l'imposition des plus hauts patrimoines (2023))

Objections : Tripler le rendement de l'ISF suppose des taux ou une assiette sans équivalent dans l'OCDE, avec des réponses comportementales, départs et optimisation, qui érodent le rendement attendu. (OCDE, « The Role and Design of Net Wealth Taxes » (2018)) Un impôt plancher assis sur le patrimoine taxe des actifs illiquides comme les participations d'entreprise : la liquidité et la valorisation ont dominé le débat parlementaire sur la taxe dite Zucman en 2025. (Débats parlementaires sur l'impôt plancher sur les très hauts patrimoines (2025)) Sur la douzaine de pays de l'OCDE qui taxaient la fortune en 1990, la plupart ont abandonné, invoquant un rendement faible au regard des coûts administratifs et des départs. (OCDE, « The Role and Design of Net Wealth Taxes » (2018))

Précédent, Suisse (impôt cantonal sur la fortune) : Impôt annuel sur le patrimoine net, à taux modérés et assiette large, prélevé par les cantons. Rendement stable, de l'ordre de 1 % du PIB, sans exode notable, mais avec des taux très inférieurs à ceux d'un ISF triplé. Un impôt sur la fortune dure quand il est modéré et à assiette large : l'inverse du triplement proposé.

Précédent, Suède, jusqu'en 2007 : Impôt sur la fortune d'environ 1,5 %, aboli en 2007. Sorties de capitaux importantes et rendement jugé décevant, conduisant à l'abolition sans rétablissement depuis. Un taux élevé sur une assiette mobile finit par éroder sa propre base.

Sources : « La France des jours heureux », programme 2022 (rétablissement et triplement de l'ISF) · Oxfam France, fiche fiscalité du candidat Roussel (2022) · Discours de Fabien Roussel à la Fête de l'Humanité 2025 (pcf.fr)

Un impôt sur le revenu à quinze tranches

Remplacer le barème actuel à cinq tranches par un barème à quinze tranches, pour lisser la progressivité et alléger les revenus moyens.

Note : 40 sur 100. Techniquement simple et déjà pratiqué, la France a connu des barèmes à plus de dix tranches avant 1994 ; mais l'effet redistributif dépend des taux retenus, que le programme ne détaille pas, et le rendement net n'est pas chiffré. Source : Oxfam France, fiche fiscalité du candidat Roussel (2022).

Éducation & école : 90 000 enseignants pré-recrutés

Un plan de pré-recrutement de 90 000 enseignants rémunérés dès le baccalauréat ou la licence, un plafonnement des effectifs par classe, le repas à 1 euro dans les cantines scolaires et une allocation d'autonomie de 850 euros par mois pour les étudiants.

Pré-recruter 90 000 enseignants avec un statut d'élève fonctionnaire

Rémunérer 90 000 futurs enseignants dès le baccalauréat ou la licence, avec un statut d'élève fonctionnaire stagiaire, une formation à bac + 5 et un engagement de dix ans dans l'Éducation nationale.

Note : 45 sur 100. Le dispositif est précis et un précédent français existe : les IPES ont rémunéré les futurs professeurs de 1957 à 1979 et alimenté les recrutements des Trente Glorieuses. Le coût budgétaire complet n'est en revanche pas affiché. Source : Fabien Roussel 2022, programme école (fabienroussel2022.fr).

Plafonner les effectifs par classe

Limiter le nombre d'élèves par classe, autour de 20 en maternelle et en élémentaire et de 25 au collège et au lycée, avec des seuils abaissés en éducation prioritaire.

Note : 36 sur 100. L'effet des petites classes est documenté par l'expérimentation américaine STAR et par les dédoublements de CP français, surtout dans les premiers niveaux ; généralisé, le plafonnement exige des dizaines de milliers de postes et des locaux, sans chiffrage global. Source : Fabien Roussel 2022, programme école (fabienroussel2022.fr).

850 € par mois pour tous les étudiants et le repas à 1 €

Verser une allocation d'autonomie de 850 euros par mois à tous les étudiants et généraliser le repas à 1 euro dans les cantines scolaires.

Note : 25 sur 100. Versée à l'ensemble des quelque 2,5 millions d'étudiants, l'allocation représenterait un ordre de grandeur de 25 Md€ par an, un chiffrage que le programme n'aborde pas ; le repas à 1 € prolonge en revanche un dispositif existant pour les boursiers. Source : « La France des jours heureux », programme 2022 (fabienroussel2022.fr).

Sécurité & justice : Police nationale de proximité

Recréer une police nationale de proximité avec 30 000 agents statutaires supplémentaires, formés, encadrés et mieux rémunérés, rompre avec la « politique du chiffre » et refuser la privatisation de la sécurité.

30 000 agents pour une police nationale de proximité

Recruter 30 000 policiers et gendarmes statutaires, formés, bien encadrés et correctement rémunérés, pour reconstituer une police nationale de proximité présente sur la voie publique, en rupture avec la politique du chiffre et avec le recours croissant à la sécurité privée.

Chiffrage : Non chiffré par le candidat. À titre d'ordre de grandeur externe, 30 000 agents représentent environ 1,5 à 2 Md€ par an de masse salariale chargée, hors formation et immobilier.

Note de crédibilité : 49 sur 100. Précision de la mise en œuvre 14 sur 25, financement 8 sur 25, adossement au consensus économique 14 sur 25, précédents observés 13 sur 25.

Arguments favorables : Les revues systématiques du « community policing » concluent à des effets positifs sur la confiance envers la police et la satisfaction des habitants, condition du renseignement de terrain. (Gill et al., revue systématique Campbell Collaboration (2014)) La Cour des comptes a critiqué la politique du chiffre et l'affaiblissement du lien entre police et population après 2003, un diagnostic que la mesure reprend. (Cour des comptes, rapports sur l'organisation des forces de sécurité publique)

Objections : L'expérience française de 1998-2003 n'a jamais démontré d'effet mesurable sur la délinquance avant sa suppression, faute d'évaluation rigoureuse et de moyens stabilisés. (Bilans de la police de proximité (1998-2003)) Recruter vite dégrade la sélection et la formation : les vagues de recrutement des années 2015-2022 se sont accompagnées d'une réduction de la scolarité en école de police, critiquée par la Cour des comptes. (Cour des comptes, rapport sur la formation des policiers (2022))

Précédent, France, 1998-2003 : Police de proximité déployée par le gouvernement Jospin, supprimée en 2003. Bilan contrasté : implantation inégale selon les circonscriptions, progrès du lien local constatés par les élus, mais aucune évaluation nationale achevée avant l'abandon. La continuité politique est la condition de réussite : cinq ans n'ont pas suffi pour trancher.

Précédent, Royaume-Uni, années 2000 : Généralisation du « neighbourhood policing » après un essai contrôlé national. Amélioration mesurée de la confiance et du sentiment de sécurité, effets modestes sur la délinquance enregistrée. La proximité paie d'abord sur la confiance, moins sur les statistiques de délinquance : l'objectif doit être explicite.

Sources : Fabien Roussel 2022, « une police nationale de proximité » · Public Sénat, présentation des 180 propositions du programme

Logement : Doubler la construction de logements publics

Une loi de programmation pour le logement portant la construction publique à 200 000 logements par an, dont 60 000 très sociaux, dotée de 10 à 13 milliards d'euros par an, avec la rénovation thermique de 700 000 logements par an et un service public national et décentralisé du logement.

200 000 logements publics par an

Doubler la production HLM pour atteindre 200 000 logements publics par an, dont 60 000 très sociaux, dans le cadre d'une loi de programmation de 10 à 13 milliards d'euros par an.

Note : 45 sur 100. Le chiffrage est affiché et le pays a déjà construit à ce rythme dans les années 1970 ; mais la production HLM récente plafonne sous les 90 000 agréments par an, contrainte par le foncier, les coûts de construction et les capacités du bâtiment autant que par l'argent public. Source : Batiactu, audition devant la Fondation Abbé Pierre (2022) ; Pacte pour la France, PCF (2025).

Rénover 700 000 logements par an

Consacrer 10 milliards d'euros par an à la rénovation énergétique des logements et des bâtiments publics, pour isoler 700 000 logements par an.

Note : 40 sur 100. L'objectif rejoint les volumes visés par la planification écologique et le montant annuel est affiché ; le goulot d'étranglement est la filière, artisans qualifiés et contrôle de la qualité des travaux, que le programme ne traite pas en détail. Source : Un pacte national pour l'avenir de la France (pcf.fr).

Europe & institutions : Désobéir aux traités si nécessaire

Le PCF entend appliquer son programme en s'affranchissant des règles européennes qui s'y opposent : dérogation aux traités jugés contraires aux intérêts populaires, sortie du marché européen de l'électricité et refus des politiques d'austérité, sans proposer la sortie de l'Union.

Déroger aux règles européennes contraires aux « intérêts du peuple »

Appliquer le programme national même lorsqu'il contrevient au droit de l'Union, en assumant un rapport de force avec les institutions européennes.

Note : 24 sur 100. Aucun État membre n'a durablement gagné un bras de fer frontal avec la Cour de justice de l'UE ; le principe dit l'intention sans décrire l'instrument juridique ni les représailles budgétaires possibles. Source : Résolution de la conférence européenne du PCF (pcf.fr).

Sortir du marché européen de l'électricité

Découpler les prix français du marché de gros européen pour facturer l'électricité au coût de production du parc national.

Note : 35 sur 100. Un précédent partiel existe, l'« exception ibérique » obtenue par l'Espagne et le Portugal en 2022 ; mais il s'agissait d'une dérogation temporaire négociée avec Bruxelles, pas d'une sortie unilatérale. Source : franceinfo (2022) ; positions publiques du PCF.

Défense & politique étrangère : Sortie de l'OTAN et politique de paix

Ligne de paix héritée de l'histoire du parti : sortie de l'OTAN, refus de l'« économie de guerre » et de l'escalade militaire en Europe, reconnaissance de l'État de Palestine et règlement des conflits dans le cadre de l'ONU.

Sortir de l'OTAN

Retirer la France de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord.

Note : 20 sur 100. Position isolée dans le champ politique français et sans précédent complet : la France de 1966 n'a quitté que le commandement intégré, avant d'y revenir en 2009, et le contexte de guerre en Europe rend la rupture encore plus coûteuse diplomatiquement. Source : Discours de Fabien Roussel, Fête de l'Humanité 2025 (pcf.fr).

Refuser l'« économie de guerre » et l'engrenage militaire en Europe

S'opposer à la hausse massive des budgets militaires européens et réorienter ces moyens vers les besoins sociaux, en défendant une issue négociée aux conflits.

Note : 25 sur 100. La position est constante et documentée dans les textes du parti, mais elle est minoritaire au Parlement comme chez les alliés, et le programme ne précise pas le niveau de budget militaire visé. Source : Résolution du Conseil national du PCF sur l'engrenage guerrier (pcf.fr, 2025).

Immigration : Régulariser les travailleurs, garantir l'asile

Régularisation des travailleurs sans papiers pour mettre fin à leur exploitation, droit d'asile effectif et droit de vote des résidents étrangers aux élections locales. Le PCF a voté contre la loi immigration de décembre 2023.

Régulariser les travailleurs sans papiers

Régulariser les travailleurs en situation irrégulière qui occupent un emploi, pour mettre fin à leur exploitation et aux distorsions de concurrence entre employeurs.

Note : 45 sur 100. Réalisable par voie de circulaire, comme la régularisation de 1997-1998 en France ou celle de l'Espagne en 2005, dont les évaluations n'ont pas montré d'appel d'air massif ; l'ampleur exacte du public concerné reste débattue. Source : Public Sénat, propositions de Fabien Roussel sur l'immigration.

Droit de vote des étrangers aux élections locales

Accorder aux résidents étrangers en situation régulière le droit de vote aux élections municipales.

Note : 26 sur 100. Promesse récurrente de la gauche depuis 1981, elle exige une révision constitutionnelle, donc une majorité des trois cinquièmes du Congrès qu'aucune configuration politique récente ne rend accessible. Source : Positions publiques du PCF.