Fiscalité & impôts : Aligner le capital sur le travail
Le cœur du programme fiscal est l'alignement de l'imposition des revenus du capital sur celle des revenus du travail, c'est-à-dire la fin de la flat tax à 30 % créée en 2018. S'y ajoutent un ISF européen, un taux minimal de 25 % sur les multinationales et la taxation des très hautes successions. Il soutient par ailleurs la taxe Zucman sur les patrimoines des ultra-riches, dont il fait un point central de tout accord de gouvernement à gauche, tout en se disant ouvert sur les modalités, l'assiette et le taux.
Supprimer la flat tax et réintégrer le capital au barème
Mettre fin au prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les dividendes, intérêts et plus-values, et réintégrer ces revenus dans le barème progressif de l'impôt sur le revenu, de sorte qu'un euro de dividende soit imposé comme un euro de salaire.
Chiffrage : Rendement estimé entre 3 et 8 Md€ par an selon les hypothèses de comportement.
Note de crédibilité : 61 sur 100. Précision de la mise en œuvre 19 sur 25, financement 15 sur 25, adossement au consensus économique 13 sur 25, précédents observés 14 sur 25.
Arguments favorables : Le comité d'évaluation officiel de la réforme de 2018 a constaté une forte hausse des versements de dividendes sans effet net démontré sur l'investissement productif : l'objectif affiché de la flat tax n'a pas été atteint. (France Stratégie, comité d'évaluation des réformes de la fiscalité du capital) L'écart d'imposition entre travail et capital est difficilement justifiable en équité horizontale, et il est le principal moteur de l'optimisation par transformation de salaire en dividende. (Rapport Mirrlees (IFS, 2011) ; Conseil des prélèvements obligatoires) La mesure est techniquement simple : c'est un retour au droit antérieur à 2018, sans construction administrative nouvelle. (Faisabilité législative)
Objections : Une part de la littérature en fiscalité optimale conclut qu'il est efficient d'imposer le capital moins que le travail, parce que le capital est mobile et que l'imposition du rendement pénalise l'épargne longue. (Atkinson & Stiglitz (1976) ; Chamley-Judd, discutés et contestés depuis) Sans harmonisation européenne, le différentiel de traitement des revenus mobiles crée un incitatif à la relocalisation des patrimoines et des holdings. (Littérature sur la concurrence fiscale) Le rendement dépend fortement des comportements d'anticipation : la première année, les dividendes sont avancés ou reportés, ce qui rend le chiffrage peu fiable à court terme. (Élasticité du revenu imposable)
Précédent, France, 2013-2017 : Réintégration des revenus du capital au barème progressif sous François Hollande. Rendement effectif réel, mais forte contestation sur l'épargne longue et l'entrepreneuriat ; le dispositif a été abandonné en 2018. Précédent français direct, dans les deux sens : la mesure est applicable, et sa durée de vie politique a été de cinq ans.
Précédent, Pays nordiques (dual income tax) : Système dual : capital imposé à taux proportionnel modéré, travail au barème progressif. Rendement stable, base fiscale préservée, niveaux de redistribution globalement élevés obtenus par ailleurs. Les pays les plus redistributifs d'Europe ont fait le choix inverse sur ce point précis : ils imposent le capital séparément et modérément, et redistribuent par la dépense.
Sources : Raphaël Glucksmann et la fiscalité · Comparatif des programmes économiques 2027
Soutenir la taxe Zucman sur le patrimoine des ultra-riches
Instaurer une imposition plancher sur les plus hauts patrimoines, sur le modèle proposé par l'économiste Gabriel Zucman. Il se dit ouvert « sur les modalités, l'assiette et le montant », mais fait de la taxation des milliardaires « le socle de tout accord politique » à gauche.
Note : 50 sur 100. La mesure est précisément documentée par son auteur et débattue au Parlement depuis le budget 2026, mais le candidat laisse volontairement ouverts les paramètres, et le rendement dépend fortement des comportements d'évitement et de la valorisation des actifs non cotés. Source : Déclarations sur RTL, synthèse WikiGlucksmann ; LCP, débats sur le budget 2026.
Un ISF européen plutôt que national
Créer un impôt sur la fortune à l'échelle de l'Union européenne afin de limiter l'exil fiscal, en complément du rééquilibrage national entre capital et travail.
Note : 30 sur 100. La logique économique, limiter la mobilité des assiettes en taxant à l'échelle du continent, est cohérente, mais toute décision fiscale européenne exige l'unanimité des Vingt-Sept, qui n'a jamais été réunie sur l'imposition des patrimoines. Source : WikiGlucksmann, synthèse des positions fiscales.
Un taux effectif minimal de 25 % sur les multinationales
Porter l'imposition minimale effective des bénéfices des multinationales à 25 %, au-delà du plancher mondial de 15 % négocié à l'OCDE.
Note : 38 sur 100. Le pilier 2 de l'accord OCDE de 2021 prouve qu'un plancher mondial est possible, mais son relèvement à 25 % supposerait une renégociation internationale qu'aucune grande économie ne porte actuellement, dans un contexte où l'accord existant est déjà fragilisé. Source : WikiGlucksmann, synthèse des positions fiscales.
Taxer les « super-successions »
Distinguer les transmissions familiales modestes des très grandes successions, davantage taxées, au motif que la France redevient « une société d'héritiers » plutôt que de travailleurs.
Note : 45 sur 100. Le diagnostic s'appuie sur des travaux établis, notamment ceux du Conseil d'analyse économique sur l'héritage (2021), mais ni barème, ni seuils, ni rendement n'ont été précisés à ce stade. Source : LCP, « Raphaël Glucksmann dévoile les premières lignes de son possible programme », 26 mai 2026.
Écologie & énergie : Plan d'investissement vert de 50 Md€
Un plan de 50 Md€ sur cinq ans pour la rénovation des logements, les transports en commun et les énergies renouvelables, complété par une ambition d'économie circulaire et un droit à la réparabilité.
Plan de 50 Md€ sur cinq ans pour la transition
Financer sur cinq ans la rénovation thermique des logements, le développement des transports en commun et les énergies renouvelables, en obtenant en parallèle une renégociation des règles budgétaires européennes pour que l'investissement climatique ne soit pas comptabilisé comme de la dépense courante.
Chiffrage : 50 Md€ sur cinq ans, soit 10 Md€ par an, financés par la fiscalité du capital et l'emprunt. Le plan a aussi été présenté comme un « investissement public vert » de 100 Md€ sur dix ans lors des rencontres de La Réole (été 2025), soit le même ordre de grandeur annuel.
Note de crédibilité : 63 sur 100. Précision de la mise en œuvre 16 sur 25, financement 14 sur 25, adossement au consensus économique 18 sur 25, précédents observés 15 sur 25.
Arguments favorables : Le rapport Pisani-Ferry/Mahfouz chiffre le besoin d'investissement supplémentaire pour la transition à environ 66 Md€ par an à horizon 2030 : l'ordre de grandeur proposé est cohérent avec le diagnostic officiel, même s'il reste en-deçà. (Pisani-Ferry & Mahfouz, « Les incidences économiques de l'action pour le climat » (France Stratégie, 2023)) La rénovation thermique a un double dividende documenté : baisse des émissions et baisse durable des factures énergétiques des ménages. (ADEME, évaluations des programmes de rénovation) La règle d'or verte, exclure l'investissement climatique des ratios de déficit, est défendue par une partie de la Commission et de nombreux économistes européens. (Débat sur la réforme du Pacte de stabilité (2023-2024))
Objections : Le principal obstacle à la rénovation thermique en France n'est pas le budget mais l'exécution : les dispositifs successifs ont buté sur la fraude, le manque d'artisans qualifiés et les rénovations partielles peu efficaces. (Cour des comptes, rapports sur MaPrimeRénov') La renégociation des règles budgétaires européennes n'est pas à la main d'un président français : elle exige l'accord de l'Allemagne et des pays frugaux, qui l'ont refusée en 2023. (Négociations sur la réforme du Pacte de stabilité) Un plan financé partiellement par un rendement fiscal incertain expose la trajectoire au risque de devoir arbitrer entre l'investissement et le déficit dès la deuxième année. (Risque budgétaire standard)
Précédent, Allemagne, KfW (permanent) : Prêts bonifiés et subventions à la rénovation énergétique via la banque publique KfW, depuis les années 2000. Millions de logements rénovés, filière industrielle structurée, mais coût par tonne de CO₂ évitée élevé et effets d'aubaine importants. Le dispositif fonctionne à grande échelle quand il est stable dans la durée : l'instabilité des dispositifs français est précisément ce qui a limité leur efficacité.
Précédent, États-Unis, Inflation Reduction Act (2022) : Crédits d'impôt massifs et automatiques pour l'industrie verte, plutôt que des subventions sur dossier. Vague d'investissements industriels supérieure aux prévisions, au prix d'un coût budgétaire lui aussi bien supérieur aux estimations initiales. La simplicité du guichet compte davantage que le montant affiché : un crédit d'impôt automatique se déploie plus vite qu'une subvention conditionnée.
Sources : Raphaël Glucksmann, programme et positions · Comparatif des programmes économiques 2027 · Programme de Raphaël Glucksmann, ÉlyséeScope
Une voiture électrique à 100 euros par mois pour les ménages modestes
Permettre aux Français modestes « d'avoir accès à une voiture électrique contre une location de 100 euros par mois », dans la continuité du leasing social lancé en 2024.
Note : 60 sur 100. Le dispositif existe déjà : le leasing social de 2024 a été souscrit en quelques semaines, preuve d'une demande réelle, mais il a dû être suspendu la première année faute d'enveloppe suffisante, signe d'un coût public par véhicule élevé si le dispositif est massifié. Source : LCP, compte rendu du meeting d'Aubervilliers, 13 juin 2026.
Défense & politique étrangère : Défense européenne et soutien maximal à l'Ukraine
C'est son marqueur le plus identifiable : défendre le continent européen contre l'impérialisme russe, augmenter le soutien à l'Ukraine et saisir les 206 milliards d'euros d'actifs publics russes gelés pour les affecter à la résistance ukrainienne. Il propose en outre un fonds européen de défense de 100 Md€ financé par un emprunt commun, sur le modèle de l'emprunt de la pandémie, et affirme que « le moment est venu de construire notre souveraineté militaire ».
Saisir les actifs publics russes gelés pour financer l'Ukraine
Passer du gel à la confiscation des quelque 206 milliards d'euros d'avoirs de la Banque centrale de Russie immobilisés en Europe, pour l'essentiel chez Euroclear en Belgique, et les affecter au soutien militaire et à la reconstruction de l'Ukraine.
Chiffrage : 206 Md€ d'actifs publics russes immobilisés dans l'Union européenne.
Note de crédibilité : 54 sur 100. Précision de la mise en œuvre 15 sur 25, financement 20 sur 25, adossement au consensus économique 10 sur 25, précédents observés 9 sur 25.
Arguments favorables : Le financement existe déjà et ne pèse sur aucun contribuable européen : c'est la seule proposition de ce niveau qui n'a pas de coût budgétaire national. (Montants immobilisés chez Euroclear) Un précédent existe : la commission d'indemnisation des Nations unies a utilisé des avoirs irakiens pour indemniser le Koweït après 1991. (UNCC, résolution 687 du Conseil de sécurité (1991)) L'utilisation des seuls intérêts générés par ces avoirs a déjà été actée par l'UE en 2024, ce qui montre que la voie juridique est praticable par étapes. (Décisions du Conseil de l'UE sur les revenus extraordinaires (2024))
Objections : La confiscation d'avoirs d'une banque centrale se heurte au principe d'immunité souveraine ; la BCE a averti à plusieurs reprises du risque pour la crédibilité de l'euro comme monnaie de réserve. (Avertissements publics de la Banque centrale européenne (2023-2024)) La Belgique, où sont logés la majorité des avoirs, s'y est opposée en raison de l'exposition juridique et financière d'Euroclear aux mesures de rétorsion. (Position du gouvernement belge) La décision n'appartient pas à la France seule : elle requiert l'unanimité ou une majorité qualifiée au Conseil, ce qui rend l'engagement présidentiel non exécutable unilatéralement. (Procédure décisionnelle de l'UE)
Précédent, Irak / Koweït, après 1991 : Affectation de revenus pétroliers irakiens à l'indemnisation du Koweït sous mandat de l'ONU. Environ 52 milliards de dollars effectivement versés sur trente ans. Le transfert forcé d'avoirs d'un État agresseur a déjà été réalisé : mais sous mandat explicite du Conseil de sécurité, impossible ici en raison du veto russe.
Précédent, Afghanistan, 2022 : Blocage puis affectation partielle par les États-Unis des réserves de la banque centrale afghane. Réalisé, mais très contesté juridiquement et suivi d'une défiance accrue de plusieurs banques centrales vis-à-vis des réserves en dollars. Techniquement faisable pour un État déterminé ; l'effet de second tour sur la confiance dans la monnaie de réserve est le vrai coût.
Sources : Raphaël Glucksmann, programme et positions · Raphaël Glucksmann et l'Europe, WikiGlucksmann
Un fonds européen de défense de 100 Md€ financé par emprunt commun
Créer un fonds de 100 milliards d'euros pour financer le réarmement et l'industrie de défense européenne, abondé par un emprunt commun sur le modèle de celui de la pandémie, dans le cadre d'une défense européenne intégrée qu'il place « au cœur du projet européen ».
Chiffrage : 100 Md€ levés par emprunt européen commun. À titre de comparaison, l'instrument SAFE adopté par l'UE en 2025 mobilise 150 Md€, mais sous forme de prêts aux États garantis par le budget européen, pas de subventions.
Note de crédibilité : 59 sur 100. Précision de la mise en œuvre 13 sur 25, financement 16 sur 25, adossement au consensus économique 14 sur 25, précédents observés 16 sur 25.
Arguments favorables : L'emprunt commun de 750 Md€ décidé en 2020 (NextGenerationEU) a montré que l'Union peut lever massivement et rapidement des fonds sur les marchés quand la volonté politique existe. (Précédent NextGenerationEU (2020)) L'UE a déjà commencé à emprunter pour la défense : le programme SAFE de 150 Md€ de prêts, adopté en 2025, valide la voie juridique que la proposition prolonge. (Règlement SAFE, Conseil de l'UE (2025)) La fragmentation des commandes militaires européennes renchérit les coûts et affaiblit l'industrie : la mutualisation est recommandée par les rapports remis aux institutions européennes. (Rapport Draghi sur la compétitivité européenne (2024))
Objections : L'Allemagne et les pays dits frugaux refusent de transformer l'emprunt de la pandémie en instrument permanent : un fonds de défense par dette commune sous forme de subventions exige leur accord. (Négociations budgétaires européennes depuis 2023) Le remboursement de NextGenerationEU n'est lui-même pas réglé : les ressources propres censées le financer n'ont pas été adoptées, ce qui fragilise l'argument du précédent. (Cour des comptes européenne, audits de NextGenerationEU) La défense reste une compétence essentiellement nationale et intergouvernementale : un président français peut proposer le fonds, pas le décider. (Traité sur l'Union européenne, article 42)
Précédent, Union européenne, 2020-2026 : Emprunt commun de 750 Md€ (NextGenerationEU) pour la relance post-pandémie, subventions et prêts confondus. Fonds levés sans difficulté sur les marchés et décaissés, mais gouvernance lente, absorption inégale selon les pays et remboursement toujours non financé. La mutualisation d'urgence fonctionne techniquement ; c'est sa reconduction en temps ordinaire qui est politiquement fragile, exactement ce que la proposition demande.
Précédent, Union européenne, 2025 : Programme SAFE : 150 Md€ de prêts aux États membres pour des achats de défense conjoints. Adopté rapidement sur une base juridique d'urgence, fortement souscrit, mais limité à des prêts remboursables par chaque État. Le chemin institutionnel existe et a déjà servi ; le saut vers des subventions communes de 100 Md€ reste l'étape que les États n'ont pas franchie.
Sources : Raphaël Glucksmann et l'Europe, WikiGlucksmann · Comparatif des programmes économiques 2027, ÉlyséeScope
Économie & finances publiques : Réindustrialisation verte et souveraineté
Réforme de la fiscalité du capital et grand plan d'investissement dans la transition, complétés par des outils de défense commerciale pour protéger les secteurs exposés au dumping. À Aubervilliers, il a placé sa campagne sous le signe de la « reconquête de la souveraineté », dénonçant « les trois laisses qui enserrent le cou des Français » : la dépendance énergétique, la dépendance industrielle à la Chine et la dépendance technologique, et réclamé un « état d'urgence industriel » pour les secteurs menacés.
Décréter l'« état d'urgence industriel » face à la concurrence chinoise
Protéger « tous les secteurs menacés par la Chine » à l'aide d'outils de défense commerciale et d'une politique de réindustrialisation, en réduisant la triple dépendance énergétique, industrielle et technologique de la France.
Note : 35 sur 100. Le diagnostic des dépendances est largement partagé par les rapports publics, mais la formule n'a pas de contenu juridique défini, et les principaux instruments de défense commerciale relèvent de la Commission européenne, pas de l'Élysée. Source : Discours d'Aubervilliers, 13 juin 2026 (LCP, Public Sénat).
Europe & institutions : Fédéraliste et pro-européen
Ligne la plus européenne du champ : approfondissement de l'intégration, budget européen renforcé, ISF européen, défense commune. Il propose de supprimer le droit de veto au Conseil de l'Union européenne et envisage un grand emprunt européen pour financer un plan de souveraineté du continent, face à la Russie, à la Chine et aux géants technologiques américains.
Supprimer le droit de veto au Conseil de l'Union européenne
Passer à la majorité qualifiée dans les domaines aujourd'hui soumis à l'unanimité, notamment la fiscalité et la politique étrangère, pour débloquer la décision européenne.
Note : 25 sur 100. Position constante et documentée du candidat, mais la suppression du veto exige elle-même l'unanimité des Vingt-Sept, plusieurs États s'y opposent explicitement, et la France n'en maîtrise ni le calendrier ni l'issue. Source : LCP, 26 mai 2026 ; WikiGlucksmann, positions européennes.
Un grand emprunt européen pour la souveraineté du continent
Financer par un emprunt commun un plan de souveraineté européenne couvrant la défense, les technologies et l'industrie, dans la continuité de l'emprunt de la pandémie.
Note : 45 sur 100. Le précédent de 2020 et le programme SAFE de 2025 montrent que l'instrument existe et fonctionne, mais sa reconduction se heurte au refus des États dits frugaux, et le contenu précis du plan n'est pas détaillé. Source : LCP, 26 mai 2026.
Santé & hôpital : Renforcement du service public
C'est le volet le moins détaillé à ce stade : les orientations connues portent sur l'hôpital public, l'accès aux soins dans les territoires ruraux (installation des médecins, exercice mixte ville-hôpital, structures de soins regroupées) et la prévention, sans mesures chiffrées publiées. Le candidat renvoie le détail au programme complet, attendu avec la déclaration de candidature annoncée pour l'automne 2026.
Éducation & école : Mixité sociale et revalorisation
Revalorisation « substantielle » du salaire des enseignants et augmentation du nombre d'adultes devant élèves, en réduisant les postes administratifs. S'y ajoutent une politique de mixité sociale étendue à l'enseignement privé, un « passeport pour l'émancipation » garantissant des séjours collectifs aux enfants, et une réflexion sur l'école à l'ère de l'intelligence artificielle et des réseaux sociaux.
Revaloriser substantiellement les salaires des enseignants
Augmenter nettement la rémunération des enseignants et le nombre de personnels au contact des élèves, en réduisant les postes administratifs.
Note : 45 sur 100. L'orientation est claire et le décrochage salarial des enseignants français est documenté par les comparaisons de l'OCDE, mais ni montant, ni calendrier, ni financement n'ont été précisés : un alignement sur la moyenne de l'OCDE se chiffrerait en milliards d'euros par an. Source : LCP, « Raphaël Glucksmann dévoile les premières lignes de son possible programme », 26 mai 2026.
Un « passeport pour l'émancipation » pour les enfants
Garantir à chaque enfant l'accès à des séjours collectifs, colonies et départs en vacances, présentés comme un outil de mixité sociale et d'ouverture.
Note : 35 sur 100. Dispositif esquissé sans chiffrage ni modalités ; les précédents comme les « colos apprenantes » montrent qu'un déploiement est possible mais que le non-recours des familles visées reste important. Source : LCP, 26 mai 2026.
Appliquer les objectifs de mixité sociale à l'enseignement privé
Conditionner davantage le financement public de l'enseignement privé sous contrat à des obligations de mixité sociale et scolaire.
Note : 40 sur 100. Le levier existe, le privé sous contrat étant très majoritairement financé par l'argent public, mais le protocole signé en 2023 est resté peu contraignant et toute contrainte forte rencontre une opposition politique et juridique réelle. Source : LCP, 26 mai 2026.
Travail, salaires & pouvoir d'achat : Salaires et conditions de travail au centre
Le candidat annonce vouloir faire de l'amélioration des conditions de travail et des hausses de salaires un « thème central de 2027 », dans le cadre d'un « nouveau contrat social et fiscal » rééquilibrant les prélèvements entre travail, capital et héritage. Les mesures précises, montants et instruments, ne sont pas encore publiées : le détail est renvoyé au programme complet, attendu avec la déclaration de candidature à l'automne 2026.
Faire des salaires et des conditions de travail le thème central de 2027
Engagement de méthode pris au meeting d'Aubervilliers : les hausses de salaires et l'amélioration des conditions de travail structureront la campagne, sans contenu chiffré rendu public à ce stade.
Note : 28 sur 100. L'intention est publique et répétée, mais aucun instrument, qu'il s'agisse du SMIC, de conférences salariales ou de conditionnalité des aides aux entreprises, n'est arrêté à ce jour, ce qui empêche toute évaluation de faisabilité. Source : LCP et Public Sénat, comptes rendus du meeting d'Aubervilliers, 13 juin 2026.
Un « nouveau contrat social et fiscal » favorable aux travailleurs
Rééquilibrer les prélèvements entre revenus du travail, du capital et de l'héritage, au motif que la France redevient « une société d'héritiers » plutôt que de travailleurs.
Note : 40 sur 100. Le diagnostic est étayé par des travaux publics, notamment le Conseil d'analyse économique sur l'héritage et France Stratégie sur la fiscalité du capital, et il est cohérent avec ses mesures fiscales ; la traduction concrète côté travail reste à écrire. Source : LCP, 26 mai 2026.
Retraites : Abroger la borne des 64 ans, moduler selon les carrières
Revenir sur la réforme de 2023 : un âge de départ entre 62 et 64 ans selon les carrières, négocié avec les partenaires sociaux, un système par répartition renforcé, le refus de la capitalisation et une pension minimale portée à 1 200 euros. Il propose d'intégrer un critère d'espérance de vie en bonne santé : « L'équité exige que ceux qui ont les carrières les plus hachées et les métiers les plus durs puissent partir plus tôt. Mais ceux qui ont une espérance de vie en bonne santé plus longue, les cadres, doivent partir à leur tour plus tard. »
Revenir sur les 64 ans et moduler le départ entre 62 et 64 ans
Abroger la borne d'âge de la réforme de 2023 et rétablir un départ entre 62 et 64 ans selon les carrières, dans le cadre d'une réforme négociée avec les partenaires sociaux. Ceux qui ont les carrières les plus hachées et les métiers les plus pénibles partiraient plus tôt ; ceux dont l'espérance de vie en bonne santé est la plus longue, notamment les cadres, partiraient plus tard.
Chiffrage : Non chiffré par le candidat. L'étude d'impact de la réforme de 2023 évaluait son rendement à environ 17,7 Md€ par an à l'horizon 2030 : un retour modulé entre 62 et 64 ans en annulerait une partie, dans une proportion qui dépend des paramètres retenus.
Note de crédibilité : 44 sur 100. Précision de la mise en œuvre 12 sur 25, financement 8 sur 25, adossement au consensus économique 12 sur 25, précédents observés 12 sur 25.
Arguments favorables : Les écarts d'espérance de vie, et plus encore d'espérance de vie en bonne santé, entre cadres et ouvriers sont massifs et documentés : un âge unique fait porter l'effort le plus lourd sur ceux qui vivent le moins longtemps. (INSEE, écarts d'espérance de vie par catégorie sociale) Le passage par la négociation a des précédents qui fonctionnent : les régimes complémentaires Agirc-Arrco sont réformés par les partenaires sociaux sans crise politique majeure. (Gestion paritaire de l'Agirc-Arrco) La réforme de 2023, adoptée par 49.3 après un long conflit social, reste massivement rejetée dans l'opinion : une renégociation peut restaurer l'acceptabilité du système. (Enquêtes d'opinion sur la réforme des retraites de 2023)
Objections : Toute abrogation, même partielle, dégrade le solde d'un système que le Conseil d'orientation des retraites projette durablement déficitaire, et le financement du retour à 62-64 ans n'est pas précisé. (Conseil d'orientation des retraites, rapports annuels) Objectiver l'usure professionnelle est très difficile en pratique : le compte pénibilité en a fait la démonstration, quatre critères sur dix ayant été abandonnés en 2017 faute d'être mesurables en entreprise. (Réformes du compte professionnel de prévention (C2P)) Un âge de départ modulé selon la catégorie professionnelle crée des effets de seuil et des stratégies de reclassification difficiles à contrôler. (Littérature sur les régimes spéciaux et les classifications professionnelles)
Précédent, France, 2012 : Décret élargissant le départ à 60 ans pour carrières longues, au début du quinquennat Hollande. Mesure appliquée et pérennisée, coût de l'ordre de quelques milliards d'euros par an, ciblage effectif des débuts de carrière précoces. Une modulation par la durée de carrière est administrable, parce que la durée cotisée est observable ; c'est le critère de santé qui ne l'est pas.
Précédent, Danemark, depuis 2006 : Indexation de l'âge de départ sur l'espérance de vie, trajectoire vers 68 à 70 ans. Soutenabilité financière renforcée, mais le débat sur les métiers pénibles a imposé en 2020 la création de la « pension Arne », un droit au départ anticipé pour les carrières longues et usantes. Même le système le plus indexé d'Europe a dû créer un départ anticipé pour pénibilité : la question que la proposition met au centre est réelle, sa mise en œuvre reste partout approximative.
Sources : Retraites 2027 : que proposent les candidats ? (SP2027) · LCP, « Raphaël Glucksmann dévoile les premières lignes de son possible programme »
Porter la pension minimale à 1 200 euros
Garantir une retraite minimale de 1 200 euros pour une carrière complète.
Note : 50 sur 100. Objectif chiffré et administrable via le minimum contributif, mais le précédent est instructif : la promesse des « 1 200 euros » de la réforme de 2023 n'a concerné qu'une minorité des nouveaux retraités, loin des annonces initiales ; tout dépend de la définition de la carrière complète. Source : SP2027, synthèse des positions retraites des candidats.
Immigration : Assumer le débat, ni immigration zéro ni statu quo
Il dit vouloir occuper un terrain jugé délaissé par la gauche : « Au lieu de fuir le débat migratoire, nous l'assumerons », tout en posant que « l'immigration zéro n'est ni souhaitable, ni possible ». La méthode proposée est une convention citoyenne tirée au sort, travaillant sur les données démographiques, économiques et sécuritaires, dont les conclusions seraient rendues publiques puis soumises au vote du Parlement. Au-delà de cette méthode, le contenu précis de sa politique migratoire n'est pas encore publié.
Une convention citoyenne sur l'immigration
Confier à des citoyens tirés au sort, éclairés par les données démographiques, économiques et sécuritaires, l'élaboration de propositions migratoires ensuite rendues publiques et soumises au vote du Parlement.
Note : 42 sur 100. La méthode est précise et dispose d'un précédent direct, la convention citoyenne pour le climat de 2019-2020, mais ce précédent en montre aussi la limite : la reprise « sans filtre » promise n'a pas eu lieu et une minorité des propositions a été traduite dans la loi. Source : LCP, 26 mai 2026 ; Le JDD, plaidoyer pour une convention citoyenne.
Sécurité & justice : Cohésion nationale et lien civique
Son approche affichée de la sécurité passe d'abord par la cohésion : face à la montée de la violence, il propose un service civique obligatoire de dix mois pour tous les jeunes, effectué en Ehpad, à l'école ou dans les services publics, avec une dimension militaire sur la base du volontariat. Les volets classiques, police et justice, ne sont pas détaillés à ce stade.
Un service civique obligatoire de dix mois pour tous les jeunes
Instaurer un service civique obligatoire de dix mois pour tous les jeunes Français, déployé dans les Ehpad, les écoles, les services publics et les missions d'intérêt général, avec une dimension militaire sur la base du volontariat, afin de renouer le lien civique et d'« assurer la cohésion de la Nation ».
Chiffrage : Non chiffré par le candidat. Une classe d'âge représente environ 800 000 jeunes ; la Cour des comptes estimait en 2024 qu'une généralisation du seul SNU, un séjour de douze jours, coûterait de l'ordre de 3,5 à 5 Md€ par an. Un service de dix mois, indemnisé et encadré, serait d'un ordre de grandeur nettement supérieur.
Note de crédibilité : 37 sur 100. Précision de la mise en œuvre 12 sur 25, financement 6 sur 25, adossement au consensus économique 10 sur 25, précédents observés 9 sur 25.
Arguments favorables : Les évaluations du service civique volontaire sont positives : effets mesurés sur l'insertion, la confiance et l'engagement des jeunes qui le suivent. (INJEP, évaluations du service civique) Un service commun à toute une classe d'âge est l'un des rares instruments de mixité sociale vécue en dehors de l'école, argument central de la proposition. (Argument de cohésion nationale porté par le candidat) Les secteurs d'affectation visés, grand âge, école, intérêt général, ont des besoins de main-d'œuvre réels et documentés. (Rapports publics sur les Ehpad et l'accompagnement scolaire)
Objections : Le SNU, pourtant limité à douze jours, n'a jamais pu être généralisé : hébergement, encadrement et coût ont conduit à son abandon. Dix mois obligatoires démultiplient chacun de ces obstacles. (Cour des comptes, rapport sur le service national universel (2024)) Dix mois de service imposés à de jeunes adultes posent une question juridique réelle au regard de l'interdiction du travail obligatoire, sauf à inscrire le dispositif dans le cadre dérogatoire du service national. (Convention européenne des droits de l'homme, article 4) Le coût d'opportunité est élevé : dix mois de report d'études ou d'emploi pour 800 000 jeunes chaque année, et des centaines de milliers de tuteurs à trouver dans des services publics déjà tendus. (Critiques formulées lors du débat sur la généralisation du SNU)
Précédent, France, SNU 2019-2025 : Séjours de cohésion volontaires avec objectif affiché de généralisation à toute une classe d'âge. Montée en charge très lente, coût par jeune élevé, difficultés d'hébergement et d'encadrement ; la généralisation a été abandonnée. L'État n'a pas réussi à accueillir une classe d'âge pendant douze jours ; l'accueillir dix mois est un défi logistique d'une tout autre ampleur.
Précédent, Allemagne, Zivildienst (jusqu'en 2011) : Service civil de remplacement adossé à la conscription, jusqu'à environ 90 000 jeunes par an dans les secteurs sociaux. Apport massif et durable aux hôpitaux et au secteur social ; suspendu avec la conscription en 2011, le volontariat qui l'a remplacé n'a jamais retrouvé les mêmes effectifs. Un service civil de masse est possible quand il s'adosse à une obligation ; il crée en retour une dépendance des secteurs sociaux à cette main-d'œuvre, qu'il faut assumer.
Sources : LCP, « Raphaël Glucksmann dévoile les premières lignes de son possible programme » · Programme de Raphaël Glucksmann, ÉlyséeScope