Travail, salaires & pouvoir d'achat : Interdiction des licenciements et échelle mobile des salaires
Le programme est explicitement révolutionnaire : interdiction des licenciements, répartition du travail entre tous sans perte de salaire, augmentation générale des salaires indexée sur les prix et contrôle des travailleurs sur les comptes des entreprises.
Interdire les licenciements, répartir le travail entre tous
Pour que personne ne soit condamné au chômage, interdire les suppressions d'emplois et imposer que le travail soit réparti entre tous, sans perte de salaire : recenser les besoins d'embauches atelier par atelier et service par service, baisser le temps et la charge de travail, et créer « des centaines de milliers d'emplois » dans les hôpitaux, les Ehpad, l'éducation et les transports publics.
Chiffrage : Non chiffré par la candidate. Elle cite, d'après la CGT, quelque 500 plans de licenciements en cours et 200 000 à 300 000 emplois directement menacés.
Note de crédibilité : 23 sur 100. Précision de la mise en œuvre 8 sur 25, financement 5 sur 25, adossement au consensus économique 4 sur 25, précédents observés 6 sur 25.
Arguments favorables : La répartition du travail a déjà réduit le chômage en France : les évaluations officielles attribuent aux 35 heures environ 350 000 créations d'emplois entre 1998 et 2002. (DARES, évaluations de la réduction du temps de travail) Les plans sociaux d'entreprises bénéficiaires que dénonce la candidate sont documentés : Michelin a annoncé fin 2024 la fermeture de sites français tout en restant profitable, ce qui nourrit la demande d'un encadrement plus strict. (Annonces de fermetures Michelin, novembre 2024) Le droit français encadre déjà le licenciement économique et le juge peut annuler un plan social insuffisant : la mesure prolonge un contrôle existant plutôt qu'elle ne part de rien. (Code du travail, contrôle des plans de sauvegarde de l'emploi)
Objections : Le Conseil constitutionnel a censuré en 2002 une simple restriction de la définition du licenciement économique au nom de la liberté d'entreprendre : une interdiction pure serait contraire à la Constitution en l'état. (Conseil constitutionnel, décision 2001-455 DC du 12 janvier 2002) Une protection de l'emploi très stricte décourage l'embauche : les employeurs anticipent l'impossibilité de licencier, au détriment des entrants sur le marché du travail, jeunes et précaires. (OCDE, indicateurs de protection de l'emploi) La candidate présente elle-même la mesure comme un objectif à imposer au patronat par les luttes, non comme une loi qu'un gouvernement ferait voter : aucun véhicule juridique n'est proposé. (Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026)
Précédent, Italie, 1970-2015 : L'article 18 du statut des travailleurs imposait la réintégration du salarié en cas de licenciement injustifié dans les entreprises de plus de 15 salariés. Protection réelle des salariés en poste, mais concentration documentée des entreprises juste sous le seuil de 15 salariés et dualisation du marché du travail ; le dispositif a été largement démantelé par le Jobs Act en 2015. Même une interdiction partielle de licencier déplace l'ajustement vers la taille des entreprises et les contrats précaires plutôt qu'elle ne le supprime.
Précédent, France, 1998-2002 : Réduction légale du temps de travail à 35 heures, forme partielle de répartition du travail entre tous. Environ 350 000 emplois créés selon la DARES, au prix d'allégements de cotisations coûteux pour les finances publiques et d'une modération salariale négociée. Le partage du travail peut créer des emplois, mais à une échelle modeste et avec des contreparties, loin d'une interdiction générale des licenciements.
Sources : Brochure de campagne « Nathalie Arthaud, présidentielle 2027 », Lutte ouvrière, juin 2026 · Lutte ouvrière, revue de presse : « une candidature révolutionnaire pour 2027 »
300 à 500 euros d'augmentation et échelle mobile des salaires
Augmenter immédiatement les salaires, les allocations et les pensions de 300, 400 ou 500 euros, garantir « au moins 2 200 euros net par mois pour s'en sortir », et indexer l'ensemble sur la hausse réelle des prix, celle que les travailleurs constatent au supermarché ou à la pompe, pas l'inflation officielle : quand les prix montent, le salaire doit suivre.
Chiffrage : Non chiffré par la candidate. Estimation externe : une hausse de 300 euros net pour environ 25 millions de salariés représente de l'ordre de 90 milliards d'euros net par an, soit nettement plus en coût employeur, avant même le jeu de l'indexation.
Note de crédibilité : 29 sur 100. Précision de la mise en œuvre 11 sur 25, financement 4 sur 25, adossement au consensus économique 5 sur 25, précédents observés 9 sur 25.
Arguments favorables : L'indexation des salaires n'a rien d'inédit : l'échelle mobile a existé en France de 1952 à 1983, et le SMIC reste indexé sur l'inflation aujourd'hui. (Histoire de l'échelle mobile des salaires en France) La Belgique indexe toujours automatiquement salaires, allocations et pensions : le pouvoir d'achat y a été largement préservé pendant la poussée d'inflation de 2022-2023. (Banque nationale de Belgique, mécanisme d'indexation automatique) Les chocs d'inflation frappent plus durement les ménages modestes, dont le panier réel (énergie, alimentation) a augmenté plus vite que l'indice moyen en 2022-2023. (Insee, inflation par catégorie de ménages)
Objections : La désindexation de 1983 a précisément été décidée pour casser la boucle prix-salaires : l'inflation est passée d'environ 13 % en 1981 à 3 % en 1986, et la fin de l'échelle mobile est créditée d'une part de cette désinflation. (Tournant de la rigueur de 1983, littérature macroéconomique) Une hausse uniforme de 300 à 500 euros pèserait d'abord sur les PME à faibles marges, pas sur les grands groupes visés par la candidate, avec un risque de faillites et de destructions d'emplois. (Insee, marges par taille d'entreprise) Aucun financement n'est proposé : la mesure est explicitement conçue pour être prise sur les profits par le rapport de force, sans étude de son incidence sur les prix ou l'emploi. (Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026)
Précédent, France, 1952-1983 : Échelle mobile généralisée : salaires largement indexés sur les prix. Le dispositif a accompagné la croissance des Trente Glorieuses puis alimenté la spirale inflationniste des années 1970 ; il a été abandonné en 1983 pour désinflater l'économie. L'indexation protège le pouvoir d'achat à court terme mais entretient l'inflation quand le choc initial persiste.
Précédent, Belgique, aujourd'hui : Indexation automatique des salaires, allocations et pensions sur un « indice santé » des prix. Pouvoir d'achat globalement préservé lors du choc inflationniste de 2022, mais au prix de garde-fous : un saut d'index a été imposé en 2015 et une norme salariale encadre les hausses pour préserver la compétitivité. Un pays européen comparable fait vivre l'indexation, mais avec des mécanismes correcteurs que le programme de LO ne prévoit pas.
Sources : Brochure de campagne « Nathalie Arthaud, présidentielle 2027 », Lutte ouvrière, juin 2026 · Meeting du 14 février 2026, discours de Nathalie Arthaud (lutte-ouvriere.org)
Baisser le temps et la charge de travail sans perte de salaire
Réduire la durée du travail pour la répartir entre tous : les progrès de productivité permettraient, selon LO, de « réduire à quelques heures par semaine le temps de travail de chacun » sans gagner moins.
Note : 24 sur 100. L'idée s'appuie sur des précédents réels de réduction du temps de travail, mais sans durée cible, ni calendrier, ni financement de la compensation salariale. Source : Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026.
Économie & finances publiques : Remise en cause du capitalisme
Lutte ouvrière ne propose pas un programme de gestion mais une perspective de renversement du système capitaliste : expropriation des grands groupes, contrôle ouvrier de la production. Le parti assume que ces objectifs ne sont pas réalisables dans le cadre institutionnel actuel.
Expropriation sans indemnité des grands groupes
Exproprier « sans indemnité ni rachat » les actionnaires des grands groupes capitalistes, en commençant par l'industrie pétrolière et les industries d'armement, confisquer les bénéfices des « profiteurs de guerre » et placer la production sous le contrôle des travailleurs. La candidate assume que cet objectif s'imposera par les luttes et non par les urnes.
Chiffrage : Aucun : l'expropriation étant revendiquée sans indemnisation, aucun coût budgétaire n'est affiché ; le contentieux constitutionnel et international qui en résulterait n'est pas évalué.
Note de crédibilité : 17 sur 100. Précision de la mise en œuvre 6 sur 25, financement 5 sur 25, adossement au consensus économique 2 sur 25, précédents observés 4 sur 25.
Arguments favorables : La France a déjà nationalisé très largement, en 1944-1946 puis en 1982 ; Renault a même été confisqué sans indemnité en 1945, au titre de la collaboration, sans empêcher l'entreprise de prospérer sous statut public. (Ordonnance du 16 janvier 1945 ; lois de nationalisation de 1982) Le poids des aides publiques aux entreprises que dénonce la candidate est documenté : une commission d'enquête du Sénat l'a évalué à environ 211 milliards d'euros par an en 2025. (Sénat, commission d'enquête sur les aides publiques aux grandes entreprises, 2025)
Objections : L'expropriation sans indemnité est frontalement contraire à l'article 17 de la Déclaration de 1789, qui exige une « juste et préalable indemnité » : la mesure se situe hors du cadre constitutionnel, ce que la candidate assume. (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, article 17) Les expropriations sans compensation déclenchent fuite des capitaux, arbitrages internationaux et désorganisation productive : le Venezuela a été condamné à des milliards de dollars par le CIRDI après les siennes. (Sentences CIRDI ConocoPhillips et ExxonMobil c. Venezuela) Le programme ne décrit ni l'administration des groupes expropriés ni la transition : le contrôle ouvrier est posé comme principe, pas comme organisation. (Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026)
Précédent, France, 1945-1946 : Nationalisation-sanction de Renault sans indemnité, puis vague de nationalisations (banques, énergie, assurances) avec indemnisation. La Régie Renault a été un fleuron industriel pendant quarante ans avant sa reprivatisation ; les nationalisations de la Libération ont accompagné la reconstruction. Une confiscation ponctuelle, dans le contexte exceptionnel de la Libération, a pu fonctionner ; elle ne dit rien d'une expropriation générale du capital en temps normal.
Précédent, Venezuela, 2007-2014 : Expropriations massives dans le pétrole, le ciment, l'agroalimentaire et la distribution, souvent sans indemnisation effective. Effondrement de la production pétrolière, pénuries généralisées, condamnations arbitrales en milliards de dollars et exode économique massif. L'expropriation sans indemnité ni appareil gestionnaire compétent détruit l'outil productif qu'elle prétend saisir.
Sources : Brochure de campagne « Nathalie Arthaud, présidentielle 2027 », Lutte ouvrière, juin 2026 · Lutte ouvrière, revue de presse : « une candidature révolutionnaire pour 2027 »
Lever le secret commercial et le secret des affaires
Rendre publics l'intégralité des comptes des grandes entreprises, de leurs filiales et de leurs maisons-mères, circuits financiers compris, pour que les travailleurs puissent vérifier où vont les profits.
Note : 40 sur 100. Techniquement réalisable en partie et dans le sens de l'évolution réglementaire (reporting fiscal pays par pays, obligations de publication), mais la publicité totale se heurterait au droit européen du secret des affaires (directive de 2016) et aucun véhicule législatif n'est proposé. Source : Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026.
Refuser le protectionnisme et le « produire français »
LO rejette droits de douane et préférence nationale, défendus selon elle « de l'extrême droite jusqu'à LFI et au PCF » : le protectionnisme est décrit comme une arme des capitalistes dans leur guerre commerciale, pas comme une protection des travailleurs.
Note : 45 sur 100. Position argumentée et singulière dans le paysage, convergente avec le scepticisme majoritaire des économistes sur le protectionnisme généralisé ; mais elle ne s'accompagne d'aucun instrument alternatif de politique commerciale ou industrielle. Source : Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026.
Fiscalité & impôts : Supprimer la TVA, taxer les profits
La fiscalité devrait, selon Lutte ouvrière, reposer exclusivement sur la classe riche et les profits du capital : suppression de la TVA, jugée injuste parce que payée au même taux par les milliardaires et les plus pauvres, et taxation des profits des grandes entreprises, ordinaires ou exceptionnels. Le remplacement des recettes n'est pas chiffré.
Supprimer la TVA
Supprimer la TVA, payée au même taux « par les milliardaires et les plus pauvres » et qui pèse d'autant plus qu'on est modeste, et faire reposer la fiscalité exclusivement sur la classe riche et les profits du capital sous toutes leurs formes, avec un contrôle des travailleurs sur les comptes des entreprises et des banques pour traquer l'évasion fiscale.
Chiffrage : La candidate cite près de 120 milliards d'euros de recettes de TVA pour l'État en 2020 ; toutes administrations confondues, la TVA rapporte de l'ordre de 200 milliards d'euros par an, première recette fiscale du pays.
Note de crédibilité : 23 sur 100. Précision de la mise en œuvre 8 sur 25, financement 3 sur 25, adossement au consensus économique 7 sur 25, précédents observés 5 sur 25.
Arguments favorables : La régressivité de la TVA est documentée : rapportée au revenu, elle pèse nettement plus sur les ménages modestes, qui consomment tout leur revenu, que sur les plus aisés qui en épargnent une large part. (Conseil des prélèvements obligatoires ; Institut des politiques publiques) Des taux zéro ciblés ont été pratiqués récemment en Europe, comme en Espagne sur les aliments de base à partir de 2023, avec une répercussion sur les prix jugée largement effective par les premiers suivis. (Suivi de la TVA à taux zéro espagnole, 2023)
Objections : La TVA est la première recette fiscale du pays et la candidate reconnaît elle-même que l'impôt sur les sociétés rapporte trois à quatre fois moins : aucun scénario chiffré ne montre comment les profits pourraient combler un tel manque. (Documents budgétaires ; réponse de Nathalie Arthaud sur la TVA) Les baisses de TVA sont souvent captées par les marges plutôt que répercutées : la TVA réduite dans la restauration en 2009 n'a fait baisser les prix que d'environ 2 %, pour un coût supérieur à 2,5 milliards d'euros par an. (Évaluations de la TVA restauration de 2009) Aucun pays de l'OCDE doté d'une TVA ne l'a jamais supprimée ; une assiette assise sur les seuls profits serait volatile et très exposée à la délocalisation des bases fiscales. (OCDE, statistiques des recettes publiques)
Précédent, France, 2009 : Baisse de la TVA dans la restauration de 19,6 % à 5,5 %, présentée comme un gain de pouvoir d'achat et d'emploi. Répercussion très partielle sur les prix (environ 2 % de baisse), effets sur l'emploi modestes, coût budgétaire supérieur à 2,5 milliards d'euros par an, critiqué par la Cour des comptes. Sans mécanisme de contrôle des prix, une baisse de TVA enrichit d'abord les marges : l'effet redistributif espéré n'est pas automatique.
Précédent, Espagne, 2023-2024 : TVA à 0 % sur les aliments de première nécessité pendant la poussée d'inflation. Répercussion sur les prix largement constatée par les organismes de suivi, mais mesure temporaire, ciblée et coûteuse, progressivement retirée. Un taux zéro ciblé et temporaire est gérable ; il ne préjuge en rien de la faisabilité d'une suppression totale et permanente de la TVA.
Sources : Réponse de Nathalie Arthaud sur la suppression de la TVA (lutte-ouvriere.org) · Brochure de campagne « Nathalie Arthaud, présidentielle 2027 », Lutte ouvrière, juin 2026
Taxer les profits des grandes entreprises, « ordinaires ou extraordinaires »
Augmenter les impôts des grands groupes et taxer leurs profits, y compris les surprofits liés aux guerres et aux crises, à rebours des quelque 270 milliards d'euros d'aides publiques et d'exonérations annuelles que LO dénonce.
Note : 40 sur 100. Des taxes sur les profits exceptionnels ont réellement existé (contribution européenne de solidarité sur l'énergie en 2022, surtaxe française d'impôt sur les sociétés en 2025) et l'ordre de grandeur des aides dénoncées rejoint les travaux du Sénat ; mais ni taux, ni assiette, ni rendement ne sont précisés. Source : Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026.
Retraites : Retraite à 60 ans, pension au niveau du SMIC
Lutte ouvrière défend le retour du droit à la retraite à 60 ans à taux plein et refuse toute pension inférieure au SMIC, dans la continuité de ses campagnes précédentes. Comme le reste du programme, ces revendications sont présentées comme des objectifs à imposer par les luttes collectives, pas comme un projet de loi financé.
Retour de la retraite à 60 ans à taux plein
Revenir sur les réformes successives qui ont porté l'âge légal à 64 ans et rétablir un droit au départ à 60 ans avec pension complète.
Note : 30 sur 100. Juridiquement simple et revendication constante de LO depuis 2012, mais le coût, de l'ordre de plusieurs dizaines de milliards d'euros par an d'après les ordres de grandeur des projections du COR pour des retours à 62 ou 60 ans, n'est ni chiffré ni financé dans le programme. Source : Revendications de campagne de Lutte ouvrière (lutte-ouvriere.org).
Aucune pension inférieure au SMIC
Porter toutes les pensions au moins au niveau du salaire minimum, le coût de la vie étant jugé identique pour un retraité et pour un salarié.
Note : 30 sur 100. Objectif clair et proche de revendications syndicales existantes, mais son coût dépend entièrement du périmètre retenu (carrières complètes ou non), que le programme ne précise pas, et aucun financement n'est indiqué. Source : Revendications de campagne de Lutte ouvrière (lutte-ouvriere.org).
Indexation des pensions et allocations sur la hausse réelle des prix
Réindexer automatiquement pensions et allocations sur les prix effectivement constatés, l'inflation officielle étant jugée sous-estimée par la candidate.
Note : 38 sur 100. L'indexation légale des pensions sur l'inflation existe déjà, ce qui rend la revendication partiellement satisfaite ; la notion de « hausse réelle » supérieure à l'indice Insee reste en revanche indéfinie et non mesurable. Source : Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026.
Santé & hôpital : Embauches massives selon les besoins
Pas de plan santé détaillé : Lutte ouvrière demande des embauches massives à l'hôpital, dans les Ehpad et les services publics, à hauteur des besoins recensés par le personnel lui-même, et la réorientation vers la santé des milliards consacrés à l'armement. Le financement relève de la confiscation des profits, pas d'une programmation budgétaire.
Embaucher massivement dans les hôpitaux et les Ehpad
Faire établir par le personnel lui-même, service par service, les listes d'embauches nécessaires : cela représenterait selon LO des centaines de milliers de postes à créer immédiatement dans la santé et les services publics.
Note : 28 sur 100. Le sous-effectif hospitalier est documenté (postes vacants, lits fermés faute de personnel), mais la revendication n'est ni chiffrée ni financée, et le recensement des besoins par le personnel n'a pas d'équivalent institutionnel défini. Source : Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026.
« Les milliards pour les hôpitaux, les écoles, pas pour la guerre »
Réorienter vers la santé et l'éducation les crédits militaires supplémentaires, dont la rallonge de 36 milliards d'euros pour l'armée et les 10 milliards du nouveau porte-avions cités par la candidate.
Note : 25 sur 100. L'arbitrage s'appuie sur des montants budgétaires réels côté recettes, mais aucune ventilation n'est proposée côté dépenses, et la réallocation suppose l'abandon assumé des objectifs de défense soutenus par tous les autres candidats. Source : Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026.
Éducation & école : Créer les postes nécessaires
L'école est traitée comme les autres services publics : Lutte ouvrière dénonce les classes surchargées, les professeurs non remplacés et un service de la dette passé devant le budget de l'Éducation nationale, et demande la création des postes nécessaires, recensés par le personnel. Aucun projet pédagogique ou institutionnel n'est détaillé.
Créer les postes nécessaires dans l'éducation
Embaucher enseignants et personnels à hauteur des besoins constatés dans les écoles, collèges et lycées, où des élèves restent privés de professeurs et de remplaçants.
Note : 27 sur 100. Le constat des postes non pourvus est réel (concours enseignants non remplis plusieurs années de suite), mais la revendication reste sans chiffrage, sans calendrier et sans volet sur l'attractivité du métier. Source : Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026.
Immigration : Liberté de circulation et régularisation
Position la plus ouverte du champ politique : régularisation de tous les sans-papiers et « liberté de circulation et d'installation pour chaque être humain de cette planète ». Lutte ouvrière refuse l'« Europe forteresse », les expulsions et ce qu'elle décrit comme une campagne xénophobe permanente destinée à diviser les travailleurs.
Régularisation de tous les sans-papiers
Régulariser l'ensemble des travailleurs sans titre de séjour, dont beaucoup, selon LO, sont devenus sans-papiers par le durcissement des règles de renouvellement des titres, tout en continuant de travailler.
Note : 38 sur 100. Des régularisations massives ont des précédents réels et administrativement gérés (France 1981-1982, environ 130 000 personnes ; Espagne 2005, près de 600 000) ; mais une régularisation générale, permanente et sans critères n'a pas d'équivalent et ses effets d'attraction restent débattus. Source : Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026.
Liberté de circulation et d'installation pour chaque être humain
Ouvrir les frontières à la circulation et à l'installation de quiconque, la fermeture étant jugée à la fois meurtrière en Méditerranée et inefficace contre les causes des migrations.
Note : 15 sur 100. Aucun État comparable n'applique une ouverture totale et unilatérale des frontières ; la position est assumée comme un principe internationaliste, sans dispositif d'accueil, de logement ou de séquencement. Source : Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026.
Écologie & énergie : Le capitalisme est le problème
Pas de programme environnemental au sens des autres candidats : pour Lutte ouvrière, la destruction du climat est un produit de la course au profit, et seule une planification rationnelle de la production, à l'échelle planétaire et sous le contrôle de la population, permettrait d'y répondre. Sur le nucléaire, la candidate refuse le débat « sortir ou pas » : c'est le capitalisme qui rend le nucléaire dangereux.
Planifier rationnellement la production à l'échelle planétaire
Retirer l'économie des mains des capitalistes pour organiser production et énergie sous le contrôle « conscient et éclairé » de la population, présenté comme la seule réponse à la hauteur du changement climatique.
Note : 12 sur 100. Aucun instrument, aucune étape intermédiaire ni aucun précédent réussi de planification mondiale démocratique : c'est un horizon révolutionnaire, pas une politique publique évaluable. Source : Réponse de Nathalie Arthaud au Réseau Sortir du nucléaire (lutte-ouvriere.org).
« C'est le capitalisme qui rend le nucléaire dangereux »
Ni sortie ni développement du nucléaire en soi : la sûreté exigerait de soustraire la filière à la logique du profit, qui pousse selon la candidate à économiser sur la sécurité et à recourir à une sous-traitance en cascade incontrôlable.
Note : 24 sur 100. Le lien entre pression sur les coûts, sous-traitance et risques industriels est documenté dans plusieurs secteurs, mais la position esquive tout choix concret de mix énergétique et n'engage aucune mesure. Source : Réponse de Nathalie Arthaud au Réseau Sortir du nucléaire (lutte-ouvriere.org).
Europe & institutions : Internationalisme, ni UE ni repli national
Lutte ouvrière ne défend ni l'Union européenne, construction des bourgeoisies du continent, ni la sortie souverainiste : elle renvoie dos à dos l'« Europe forteresse » et le repli national, et leur oppose l'unité des travailleurs par-delà les frontières. Aucune proposition institutionnelle sur les traités ou l'euro n'est formulée.
L'unité internationale des travailleurs plutôt que l'Europe des capitalistes
Reconstruire un mouvement ouvrier international ; les questions institutionnelles européennes (traités, euro, budget) sont tenues pour secondaires par rapport à l'affrontement de classe.
Note : 15 sur 100. Cohérent avec la doctrine internationaliste du parti, mais sans aucune traduction concrète : rien n'est dit de ce qu'un gouvernement ferait des traités, de l'euro ou des institutions européennes. Source : Discours de Nathalie Arthaud, fête de Lutte ouvrière, mai 2026.
Défense & politique étrangère : Contre le réarmement et l'union sacrée
Lutte ouvrière refuse la marche au réarmement : ni les 36 milliards d'euros de rallonge militaire, ni le nouveau porte-avions, ni l'embrigadement de la jeunesse. Sur l'Ukraine comme ailleurs, la ligne est internationaliste : renvoi dos à dos de Poutine et de l'OTAN, refus de l'union nationale et confiscation des profits des industries d'armement.
Refuser le réarmement et l'économie de guerre
Annuler les rallonges militaires, votées selon la candidate « quasiment sans discussion », et renoncer au porte-avions de nouvelle génération pour financer hôpitaux et écoles.
Note : 28 sur 100. Les montants dénoncés correspondent à des crédits réels et l'arbitrage proposé est explicite ; mais la position suppose l'abandon assumé des objectifs de défense partagés par le reste du champ politique, sans doctrine alternative de sécurité. Source : Brochure de campagne Lutte ouvrière, juin 2026.
Ukraine : ni Poutine ni l'OTAN, le camp des travailleurs
Refus de soutenir tant l'agression russe que le camp occidental : la guerre est lue comme un affrontement entre impérialismes pour les ressources et les zones d'influence, dont les peuples paient le prix.
Note : 15 sur 100. Ligne constante du parti depuis 2022, cohérente avec sa doctrine, mais qui ne propose ni cadre de paix ni politique étrangère praticable, et reste très isolée dans le débat français. Source : Lutte ouvrière, motion de congrès sur la guerre en Ukraine (2022).