Économie & finances publiques : Consolidation budgétaire et réforme de l'État
Attal porte la trajectoire budgétaire la plus stricte du champ : déficit public ramené sous 3 % avant 2032 et à 0 % en 2037, ce qui suppose 120 à 150 Md€ d'économies sur la période. Le levier principal est la dépense sociale et l'emploi public, avec un plan de départs volontaires visant 100 000 postes de fonctionnaires en moins. Une « année blanche » gèlerait les prestations sociales dès le budget 2028, et une règle d'or constitutionnelle inspirée du modèle allemand encadrerait les budgets suivants.
Déficit public à 0 % en 2037 et 120-150 Md€ d'économies
Fixer une trajectoire de retour à l'équilibre des comptes publics en deux temps : sous 3 % de déficit avant 2032, zéro en 2037, l'équilibre de la Sécurité sociale étant visé avant la fin du quinquennat. L'effort porte sur la dépense plutôt que sur l'impôt : « année blanche » gelant les prestations sociales au budget 2028 en épargnant les petites retraites, plan de départs volontaires visant 100 000 postes dans la fonction publique avec sanctuarisation de l'Éducation, des Armées, de la Justice et de l'Intérieur, reprise de la réforme de l'assurance chômage, et « règle d'or » constitutionnelle prévoyant la démission du gouvernement en cas de dérive budgétaire trois années consécutives. « Aujourd'hui, nous payons notre modèle social avec la carte de crédit de nos enfants », résume le candidat.
Chiffrage : 120 à 150 Md€ d'économies cumulées sur dix ans, aux deux tiers sur le modèle social selon le candidat. La reprise de la réforme de l'assurance chômage est chiffrée par lui à 5 Md€ ; le volet fonction publique est estimé à environ 7 Md€ d'économies par la Fondation iFRAP (think-tank libéral), soit une fraction modeste du total.
Note de crédibilité : 59 sur 100. Précision de la mise en œuvre 17 sur 25, financement 12 sur 25, adossement au consensus économique 16 sur 25, précédents observés 14 sur 25.
Arguments favorables : La soutenabilité de la dette n'est pas un slogan : avec une charge d'intérêts qui devient l'un des premiers postes du budget de l'État, chaque point de taux évité finance des politiques publiques. (Cour des comptes, rapports sur la situation des finances publiques) La littérature sur les consolidations budgétaires montre que celles qui reposent sur la dépense sont nettement moins récessives et plus durables que celles qui reposent sur l'impôt. (Alesina, Favero & Giavazzi, « Austerity: When It Works and When It Doesn't » (2019)) Un plan de départs volontaires est un instrument réel et déjà utilisé dans la fonction publique française : il ne suppose pas de rupture juridique. (Dispositifs de rupture conventionnelle dans la fonction publique)
Objections : L'ordre de grandeur est le problème : 120-150 Md€ d'économies représentent l'équivalent de plusieurs ministères entiers, et le seul poste explicitement chiffré (fonction publique) n'en couvre qu'environ 5 %. (Comparateur de programmes, Fondation iFRAP) Une consolidation de cette ampleur menée en même temps que les partenaires européens produit un effet récessif cumulatif, comme la zone euro l'a expérimenté entre 2011 et 2014. (FMI, révision des multiplicateurs budgétaires (2013)) Le non-remplacement de fonctionnaires n'est pas neutre : la RGPP de 2007-2012 a produit des économies réelles mais une dégradation documentée de plusieurs services publics, sans transformation structurelle. (Rapports d'évaluation de la RGPP (IGF, IGA, IGAS, 2012))
Précédent, Canada, 1994-1998 : Consolidation budgétaire massive, portant à 80 % sur la dépense, avec revue de programmes ministère par ministère. Passage d'un déficit de 9 % du PIB à un excédent en quatre ans, sans récession, aidé par une monnaie qui se déprécie et une demande américaine forte. Le précédent de référence pour ce type de trajectoire : ça marche, mais les conditions extérieures (change flexible, partenaires en croissance) étaient très favorables. La France ne dispose pas du levier de change.
Précédent, Zone euro, 2011-2014 : Consolidations budgétaires simultanées dans plusieurs pays. Double-dip récessif ; le FMI a publiquement reconnu avoir sous-estimé les multiplicateurs budgétaires. Le calendrier et la coordination comptent autant que le montant. Une consolidation isolée est moins risquée qu'une consolidation généralisée.
Précédent, France, RGPP 2007-2012 : Non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Environ 150 000 postes supprimés, économies réelles mais inférieures aux annonces, dégradation mesurée de l'accueil du public et de certains services. Précédent français direct : la cible de 100 000 postes est atteignable, mais le rendement budgétaire par poste est plus faible qu'annoncé.
Sources : « Zéro déficit en 2037 » : la série de mesures d'Attal, franceinfo · Interview au Parisien du 2 juillet 2026, reprise par le site de campagne · Comparateur de programmes, Fondation iFRAP (think-tank libéral)
Une règle d'or constitutionnelle sur les finances publiques
Inscrire dans la Constitution un frein à l'endettement inspiré du modèle allemand, avec démission automatique du gouvernement en cas de dérive budgétaire trois années consécutives.
Note : 40 sur 100. Le mécanisme existe en Allemagne depuis 2009 et a contenu la dette, mais il y est régulièrement suspendu et contesté ; surtout, une révision constitutionnelle exige les trois cinquièmes du Congrès ou un référendum, ce qu'aucune majorité récente n'aurait permis. Source : Interview au Parisien, 2 juillet 2026, via attalpresident.fr.
Un « plan France 2040 » de 200 Md€ pour l'IA et l'innovation
Investir 200 Md€ sur dix ans, pour moitié publics, en passant d'une logique de subvention à une logique de commande publique inspirée du modèle américain, pour faire de la France la première puissance européenne de l'IA.
Note : 40 sur 100. L'ordre de grandeur et la méthode (commande publique plutôt que subvention) sont énoncés, mais l'articulation des 100 Md€ publics avec la trajectoire de zéro déficit en 2037 n'est pas expliquée. Source : Entretien aux Échos, juin 2026, repris par attalpresident.fr.
Fiscalité & impôts : Stabilité fiscale et priorité aux économies
Refus des hausses d'impôts généralisées : la trajectoire budgétaire doit passer par la dépense, aux deux tiers par le modèle social. Maintien de la fiscalité compétitive sur les entreprises et le capital, refus de la TVA sociale, et crédit d'impôt productivité pour diffuser l'IA dans les PME.
Aucune hausse d'impôts pour financer la trajectoire budgétaire
Réaliser la totalité de l'ajustement (120 à 150 Md€) par des économies de dépense, sans hausse d'impôts ni TVA sociale, en préservant la fiscalité du capital issue de 2017.
Note : 42 sur 100. Le cap est clair et cohérent avec la littérature sur les consolidations par la dépense, mais il rend l'ensemble de la promesse dépendant d'économies d'une ampleur jamais réalisée en France ; aucun quinquennat n'a dépassé quelques dizaines de milliards. Source : Interview au Parisien, 2 juillet 2026, via attalpresident.fr.
Un crédit d'impôt productivité pour diffuser l'IA dans les PME
Soutenir fiscalement l'adoption de l'intelligence artificielle par les PME et ETI, dont le taux d'équipement est inférieur à la moyenne européenne selon le candidat.
Note : 38 sur 100. Instrument classique et administrable (sur le modèle du crédit d'impôt recherche), mais ni taux, ni assiette, ni coût annoncés ; l'évaluation du CIR montre que l'efficacité de ce type de dispositif est réelle mais inégale. Source : Entretien aux Échos, juin 2026, repris par attalpresident.fr.
Éducation & école : Exigence, évaluation et numérique
C'est le terrain d'origine d'Attal, ancien ministre de l'Éducation nationale, qui promet des premières réformes par décret dès la rentrée 2027. Il propose de rendre le brevet obligatoire pour entrer au lycée, d'intégrer l'intelligence artificielle aux programmes dès le collège, de passer sous 20 élèves par classe en primaire en s'appuyant sur la baisse démographique, et d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
Brevet obligatoire pour entrer au lycée
Conditionner le passage en seconde à l'obtention du diplôme national du brevet, afin de rétablir un palier d'exigence en fin de collège et de mettre fin au passage automatique.
Chiffrage : Coût budgétaire direct faible ; coût réel concentré sur les dispositifs de remédiation à créer pour les élèves non admis.
Note de crédibilité : 50 sur 100. Précision de la mise en œuvre 16 sur 25, financement 17 sur 25, adossement au consensus économique 9 sur 25, précédents observés 8 sur 25.
Arguments favorables : Le passage automatique en fin de collège envoie un signal d'exigence faible ; rétablir un palier peut mobiliser les élèves et les familles en amont. (Argument de l'effet incitatif des examens à enjeu) Un palier certifiant rend visible le niveau réel des élèves, aujourd'hui masqué par un taux de réussite au brevet proche de 90 %. (DEPP, statistiques du diplôme national du brevet)
Objections : La littérature sur le redoublement est l'une des plus univoques en éducation : à niveau égal, redoubler dégrade les trajectoires plutôt qu'il ne les améliore, et pèse surtout sur les élèves d'origine modeste. (Méta-analyses sur le redoublement (Hattie, « Visible Learning », 2009) ; Cnesco (2015)) Sans dispositif de remédiation dimensionné, la mesure produit surtout un flux d'élèves bloqués : la question devient « que fait-on d'eux ? » plus que « comment relève-t-on le niveau ? ». (Critique standard des paliers certifiants) L'exigence affichée risque d'être absorbée par un ajustement du niveau de l'examen, comme cela s'observe régulièrement sur les examens nationaux à fort enjeu politique. (Historique des taux de réussite aux examens nationaux)
Précédent, Allemagne (orientation précoce) : Sélection à la fin du primaire vers trois filières distinctes. Système efficace pour la formation professionnelle, mais l'un des liens les plus forts de l'OCDE entre origine sociale et parcours scolaire, régulièrement pointé par PISA. Un palier de sélection produit de l'exigence, et reproduit les inégalités sociales si aucun mécanisme de rattrapage ne l'accompagne.
Précédent, Portugal, 2000-2018 : Politique inverse : réduction du redoublement, ciblage sur le soutien précoce et l'autonomie des établissements. L'une des progressions PISA les plus fortes de l'OCDE sur la période. Le levier qui a le mieux fonctionné ailleurs est le soutien précoce, pas le durcissement du palier de sortie.
Sources : Les premières lignes du programme d'Attal · Programme Gabriel Attal, ÉlyséeScope
Intégrer l'intelligence artificielle aux programmes dès le collège
Inscrire l'intelligence artificielle dans les programmes scolaires à partir du collège, dans le cadre d'une formation à l'IA voulue « du primaire à la reconversion professionnelle », les premières réformes du chantier école étant prises par décret dès la rentrée 2027.
Chiffrage : Non chiffré ; le candidat renvoie aux marges dégagées par la baisse démographique scolaire pour financer les priorités du chantier école.
Note de crédibilité : 43 sur 100. Précision de la mise en œuvre 13 sur 25, financement 8 sur 25, adossement au consensus économique 12 sur 25, précédents observés 10 sur 25.
Arguments favorables : Le vecteur juridique est réaliste : les programmes scolaires relèvent d'arrêtés et de décrets, pas de la loi, ce qui rend le calendrier de la rentrée 2027 techniquement tenable. (Code de l'éducation, compétence réglementaire sur les programmes) Un socle existe déjà : la certification des compétences numériques (Pix) est obligatoire au collège et au lycée depuis 2019, l'IA pourrait s'y adosser plutôt que partir de zéro. (Dispositif Pix, ministère de l'Éducation nationale) L'argument d'équité porte : si l'IA transforme le travail, ne la faire entrer que dans les familles équipées creuserait les écarts que l'école est censée corriger. (Argumentaire du candidat, chantier « intelligence artificielle »)
Objections : Le point dur n'est pas le programme mais les professeurs : sans plan massif de formation des enseignants, chiffré et outillé, une ligne de programme reste lettre morte. (Bilan des plans numériques successifs de l'Éducation nationale) Le recul empirique sur l'IA en classe est quasi nul : aucune évaluation robuste ne permet aujourd'hui de dire si elle améliore ou dégrade les apprentissages fondamentaux. (État de la littérature sur les usages scolaires de l'IA générative) La proposition coexiste avec l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans portée par le même candidat : la doctrine sur l'exposition des mineurs aux écrans reste à clarifier. (Proposition de loi sur les réseaux sociaux, LCP)
Précédent, Estonie, « AI Leap », 2025 : Programme national donnant accès à des outils d'IA générative aux lycéens et à leurs enseignants, en partenariat avec des acteurs privés du secteur. Déploiement engagé dans un pays déjà très numérisé ; pas encore d'évaluation d'impact publiée sur les apprentissages. Un petit système scolaire homogène peut déployer vite ; la preuve pédagogique, elle, n'existe pas encore.
Précédent, France, plan numérique pour l'école, 2015 : Équipement massif des collégiens en tablettes, avec un milliard d'euros annoncé. Évaluations décevantes : matériel sous-utilisé, formation des enseignants insuffisante, pas d'effet mesuré sur les résultats. Le précédent français direct : sans formation des enseignants et contenus pédagogiques, l'outillage technologique ne produit pas d'apprentissages.
Sources : Les premières lignes du programme d'Attal · Chantier « intelligence artificielle », site de campagne
Moins de 20 élèves par classe en primaire
Utiliser la baisse démographique scolaire pour réduire la taille des classes du primaire sous 20 élèves, en s'alignant sur les meilleurs systèmes européens.
Note : 45 sur 100. Levier étayé (l'expérimentation STAR et les dédoublements de CP-CE1 en éducation prioritaire montrent des effets réels quoique coûteux), et la baisse du nombre d'élèves dégage mécaniquement des marges ; mais ni le calendrier ni le redéploiement des postes ne sont détaillés. Source : Chantier « École », attalpresident.fr/programme/education.
Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans
Interdire l'accès des mineurs de moins de 15 ans aux réseaux sociaux et suspendre les comptes existants, avec sanctions financières pour les plateformes ; Attal est deuxième signataire d'une proposition de loi transpartisane en ce sens.
Note : 48 sur 100. Véhicule législatif réel et précédent étranger direct (l'Australie a voté une interdiction avant 16 ans fin 2024), mais la vérification d'âge à grande échelle reste techniquement incertaine et le dispositif devra passer le filtre du droit européen. Source : LCP, « Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : Gabriel Attal devance le gouvernement ».
Travail, salaires & pouvoir d'achat : Salaires par la baisse des charges et réforme du chômage
« Ma priorité, ce sera les salaires. » L'augmentation passe par un « droit au brut » : réduire l'écart entre salaire brut et salaire net en baissant les cotisations salariales, financé par des économies sur la dépense sociale et une réforme de l'assurance chômage, plutôt que par une hausse administrée du SMIC. S'y ajoutent une refonte du code du travail en « Constitution du travail » et la formation de 20 millions de salariés à l'IA.
« Droit au brut » : réduire l'écart entre salaire brut et salaire net
Augmenter les salaires nets sans renchérir le coût du travail, en réduisant les cotisations salariales pour rapprocher le net du brut. « On a un écart entre le net et le brut qui est trop important, c'est presque un scandale national », argumente le candidat, qui veut financer la mesure par des économies sur les dépenses sociales et la réforme de l'assurance chômage, en refusant la piste de la TVA sociale. La démarche s'inscrit dans sa volonté de « désmicardisation » : que le travail progresse au-dessus du SMIC plutôt que de relever le SMIC administré.
Chiffrage : Non chiffré globalement par le candidat ; la réforme de l'assurance chômage est annoncée à 5 Md€ d'économies. Aucune évaluation externe du coût d'une baisse visible des cotisations salariales n'a été publiée à ce stade.
Note de crédibilité : 46 sur 100. Précision de la mise en œuvre 12 sur 25, financement 9 sur 25, adossement au consensus économique 13 sur 25, précédents observés 12 sur 25.
Arguments favorables : Le diagnostic est solide : le coin socio-fiscal français (écart entre coût du travail et salaire net) est l'un des plus élevés de l'OCDE, ce qui comprime mécaniquement le net. (OCDE, « Taxing Wages », éditions récentes) Agir sur les cotisations salariales augmente directement la fiche de paie, sans passer par une négociation salariale : l'effet est immédiat et lisible, comme l'a montré la bascule de 2018. (Bascule cotisations salariales / CSG d'octobre 2018) La « smicardisation » est documentée : la concentration des salaires autour du SMIC, entretenue par le profil des allègements de charges, est établie par le rapport Bozio-Wasmer commandé par le gouvernement. (Rapport Bozio-Wasmer sur l'articulation entre salaires et allègements (2024))
Objections : Baisser les cotisations sans hausse d'impôt suppose de trouver l'équivalent en économies sociales : le seul poste chiffré (assurance chômage, 5 Md€) est sans commune mesure avec le coût d'une hausse de net perceptible pour 27 millions de salariés. (Ordres de grandeur des recettes de cotisations, comptes de la Sécurité sociale) Réduire le financement assurantiel (chômage, retraite) pour gonfler le net revient à échanger du salaire différé contre du salaire immédiat : le gain de pouvoir d'achat a pour contrepartie des droits sociaux réduits. (Critique portée notamment par les organisations syndicales et l'Observatoire de la justice fiscale (Attac)) Le précédent de 2018 montre que la bascule crée des perdants (les retraités via la CSG) : la promesse « personne ne paie » n'a jamais été tenue sur ce type d'opération. (Bilan de la hausse de CSG de 2018)
Précédent, France, octobre 2018 : Suppression des cotisations salariales maladie et chômage, financée par une hausse de 1,7 point de CSG. Gain net visible sur la fiche de paie des salariés du privé, mais transfert de charge vers les retraités qui a alimenté la contestation sociale de l'hiver 2018. La mécanique fonctionne : le net monte. Mais quelqu'un paie la différence, et le point dur est politique autant que comptable.
Précédent, France, allègements généraux depuis 1993 : Trente ans de baisses de cotisations concentrées sur les bas salaires. Effets positifs documentés sur l'emploi peu qualifié, mais concentration des salaires au niveau du SMIC (trappes à bas salaires) établie par le rapport Bozio-Wasmer. Agir par les cotisations soutient l'emploi mais peut freiner les progressions salariales, exactement ce que la « désmicardisation » prétend corriger : le dessin précis du barème est décisif.
Sources : Chantier « Travail et salaires », site de campagne · Entretien aux Échos, juin 2026, repris par le site de campagne · Les premières lignes du programme d'Attal
Reprendre la réforme de l'assurance chômage
Reprendre la réforme suspendue lors de la dissolution de 2024 (durée et conditions d'indemnisation durcies), créditée par le candidat de 5 Md€ d'économies et de 100 000 emplois supplémentaires.
Note : 48 sur 100. Le projet existe déjà sous forme aboutie (décret prêt en 2024, proposition de loi déposée en 2025) et la littérature confirme un effet des règles d'indemnisation sur le retour à l'emploi ; l'ampleur des chiffres avancés reste en revanche discutée. Source : Interview au Parisien, 2 juillet 2026, via attalpresident.fr.
Refondre le code du travail en une « Constitution du travail »
Réduire un code du travail de 11 000 articles à un socle de règles fondamentales, renvoyant le reste à la négociation d'entreprise et de branche, avec semaine de quatre jours là où c'est possible.
Note : 35 sur 100. La direction prolonge les ordonnances de 2017, précédent réel ; mais la refonte intégrale d'un code n'a jamais été menée à cette échelle, son contenu précis n'est pas publié et l'effet emploi de la simplification reste empiriquement modeste. Source : Chantier « Travail et salaires », attalpresident.fr/programme/travail-salaires.
Former 20 millions de salariés à l'IA d'ici 2030
Un plan de formation massif à l'intelligence artificielle, présenté comme une « priorité nationale », couvrant les deux tiers de la population active en cinq ans.
Note : 34 sur 100. L'objectif est daté et quantifié mais sans budget, opérateur ni contenu précisés ; le précédent du compte personnel de formation montre qu'un déploiement de masse est possible, et que la qualité et l'usage réel sont le point faible. Source : Les premières lignes du programme, actu.orange.fr.
Retraites : Système universel fondé sur la durée de cotisation
Attal veut rouvrir le dossier par une « véritable révolution » : un système universel où « un euro cotisé ouvre les mêmes droits », fondé sur la durée de cotisation plutôt que sur un âge légal, avec liberté de choix de la date de départ, bonus pour ceux qui prolongent, et une première brique de capitalisation publique : 1 000 € versés par l'État à chaque enfant à la naissance. Il propose de trancher la réforme par référendum ou par la présidentielle.
Système universel de retraite sans âge légal, avec une part de capitalisation
Remplacer progressivement les régimes existants par un système « universel, clair et compréhensible » où un euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous. Plus d'âge légal unique : chacun choisit sa date de départ dès lors qu'il atteint un niveau minimal de pension, la durée de cotisation devenant le paramètre central, avec un bonus pour ceux qui continuent de travailler. Le système s'appliquerait automatiquement aux nouveaux entrants sur le marché du travail, les actifs actuels pouvant basculer volontairement. S'y ajoute une part de capitalisation : 1 000 € versés par l'État à chaque naissance sur un compte bloqué, et un fléchage d'une partie de l'intéressement et de la participation vers l'épargne retraite.
Chiffrage : Le versement de 1 000 € par naissance est chiffré par le candidat à environ 660 M€ par an. Le coût de transition vers le système universel, lui, n'est pas chiffré.
Note de crédibilité : 47 sur 100. Précision de la mise en œuvre 13 sur 25, financement 8 sur 25, adossement au consensus économique 13 sur 25, précédents observés 13 sur 25.
Arguments favorables : Le véhicule existe : une proposition de loi a été annoncée puis déposée par le groupe d'Attal, ce qui donne à la réforme un contenu juridique examinable, rare à ce stade d'une campagne. (LCP, examen de la proposition Attal sur les retraites) Les systèmes en comptes notionnels à la suédoise sont bien documentés et appréciés des économistes : lisibilité des droits, équilibre de long terme intégré au système, liberté de choix de la date de départ. (Littérature sur les comptes notionnels (Suède, Italie) ; travaux du COR) Déplacer le débat de l'âge légal vers la durée de cotisation répond à la principale critique sociale de la réforme de 2023, qui pénalisait les carrières précoces. (Débats sur la réforme de 2023, positions syndicales sur les carrières longues)
Objections : Le précédent est interne : la même famille politique a porté la même réforme universelle en 2019-2020 et l'a abandonnée face au plus long conflit social depuis 1968, sans avoir résolu la question de la transition. (Réforme Delevoye-Philippe, 2019-2020) « Sans âge légal » ne veut pas dire « partir plus tôt » : à besoin de financement constant, l'ajustement se reporte sur la durée de cotisation, dont l'effet est proche pour la plupart des carrières. (Projections du Conseil d'orientation des retraites) La brique de capitalisation est symbolique : 1 000 € placés à la naissance produisent quelques milliers d'euros à 64 ans, sans commune mesure avec une pension ; l'essentiel du système resterait à construire. (Calculs d'intérêts composés sur longue période, ordres de grandeur standards)
Précédent, Suède, réforme de 1994-2001 : Passage à un système universel en comptes notionnels, complété par une capitalisation obligatoire marginale (2,5 % du salaire). Système lisible et financièrement équilibré par construction ; le mécanisme d'équilibrage automatique a toutefois réduit les pensions après la crise de 2008. Le modèle de référence fonctionne depuis vingt-cinq ans, au prix d'un transfert du risque économique et démographique vers les retraités.
Précédent, France, 2019-2020 : Réforme du « système universel de retraite » par points, portée par le gouvernement Philippe. Grèves massives, adoption au 49.3 interrompue par le Covid, réforme abandonnée ; la réforme paramétrique de 2023 l'a remplacée. Le précédent français direct montre que l'obstacle n'est pas la conception mais la transition et l'acceptabilité ; le référendum proposé par Attal est une tentative de réponse à ce blocage.
Sources : LCP : Attal prône une « véritable révolution » sur les retraites · franceinfo : Attal propose de réformer les retraites sans âge légal de départ
Immigration : Quotas votés par le Parlement
« Accueillir moins pour accueillir mieux » : Attal propose des quotas limitatifs d'immigration votés tous les deux ans par le Parlement, par métier, secteur et origine géographique, sur des besoins définis par les partenaires sociaux, avec un système de permis à points inspiré du Canada. La « préférence travail » privilégie l'immigration professionnelle, au détriment d'un regroupement familial durci.
Quotas d'immigration limitatifs votés par le Parlement, permis à points
Instituer une « préférence travail » : les partenaires sociaux définissent tous les deux ans les besoins de main-d'œuvre, le Parlement vote des quotas limitatifs par métier, par secteur et par origine géographique, et les candidats à l'immigration sont sélectionnés par un système de points à la canadienne : offre d'emploi stable, logement, maîtrise du français, connaissance et respect des valeurs nationales. En parallèle, le regroupement familial est réduit, notamment en allongeant la durée de résidence exigée pour faire venir un conjoint.
Chiffrage : Coût administratif direct faible ; la mesure vise à modifier la composition des flux, pas à produire des économies. Aucun chiffrage publié.
Note de crédibilité : 54 sur 100. Précision de la mise en œuvre 14 sur 25, financement 17 sur 25, adossement au consensus économique 9 sur 25, précédents observés 14 sur 25.
Arguments favorables : Le mécanisme cible le vrai levier dont dispose l'État : l'immigration de travail relève de titres délivrés par l'administration, contrairement à l'asile ou à la famille qui relèvent de droits. (Structure des titres de séjour délivrés, données du ministère de l'Intérieur) Le débat parlementaire annuel sur des cibles migratoires est une position ancienne et constante d'Attal, formulée dès 2019 comme porte-parole du gouvernement : la proposition est mûrie, pas improvisée. (vie-publique.fr, déclaration de Gabriel Attal du 5 novembre 2019) Le modèle canadien fonctionne depuis 1967 : sélection lisible, immigration économique majoritaire et intégration sur le marché du travail parmi les meilleures de l'OCDE. (OCDE, indicateurs d'intégration des immigrés)
Objections : Des quotas « par origine géographique » soulèvent une difficulté constitutionnelle frontale : le principe d'égalité interdit de traiter différemment les demandeurs selon leur nationalité sans justification objective, et le Conseil constitutionnel a déjà écarté les quotas de la loi immigration de 2024. (Conseil constitutionnel, décision du 25 janvier 2024 sur la loi immigration) Les quotas ne portent que sur une fraction des flux : l'immigration économique représente une part minoritaire des titres délivrés, l'essentiel relevant de la famille, des étudiants et de l'asile, hors de portée d'un quota limitatif. (Répartition des premiers titres de séjour, ministère de l'Intérieur) Le précédent britannique montre qu'un système à points ne réduit pas mécaniquement les volumes : tout dépend des seuils, que la pression des employeurs pousse à abaisser. (Bilan migratoire du Royaume-Uni après 2021)
Précédent, Canada, depuis 1967 : Système de points fédéral et cibles annuelles d'immigration votées, ajustées par profession et par province. Immigration économique majoritaire, intégration professionnelle parmi les meilleures de l'OCDE ; le pays a toutefois réduit ses cibles en 2024 face à la crise du logement. Le modèle revendiqué fonctionne, mais dans un pays qui choisit ses flux grâce à sa géographie : il n'a pas d'équivalent des arrivées spontanées européennes.
Précédent, Royaume-Uni, depuis 2021 : Système à points post-Brexit, présenté comme une reprise de contrôle des flux. Immigration nette record en 2022-2023, très supérieure aux niveaux antérieurs au Brexit, avant un resserrement des seuils en 2024. Un système à points est un outil de sélection, pas de réduction : le volume dépend des seuils politiques, pas de l'architecture.
Sources : Chantier « Frontières », site de campagne · franceinfo : des « quotas limitatifs » pour ancrer la campagne · vie-publique.fr, déclaration de Gabriel Attal sur les quotas (2019)
Encadrer davantage le regroupement familial
Réduire le regroupement familial en durcissant ses conditions, notamment en allongeant la durée de résidence en France exigée pour faire venir un conjoint.
Note : 38 sur 100. Les leviers existent (durée de résidence, ressources, logement) mais sont bornés par la Constitution et la Convention européenne des droits de l'homme : le Conseil constitutionnel a censuré en 2024 plusieurs durcissements comparables, au moins pour des raisons de procédure. Source : Chantier « Frontières », attalpresident.fr/programme/frontieres.
Santé & hôpital : Continuité et réorganisation de l'offre
Poursuite de la logique des dernières années : hausse du nombre de médecins formés, réorganisation territoriale de l'offre de soins et incitations plutôt que coercition sur l'installation. La maîtrise des dépenses passe par la lutte contre les arrêts maladie jugés abusifs, présentée comme une des sources d'économies de la trajectoire budgétaire.
Un plan d'économies sur les arrêts maladie
Freiner la progression des indemnités journalières, dont le coût a fortement augmenté depuis 2019, par des contrôles renforcés et des règles de prescription plus strictes, au titre de l'équilibre de la Sécurité sociale.
Note : 40 sur 100. Le gisement est réel et documenté par l'Assurance maladie, et des mesures de ce type sont déjà engagées dans les derniers budgets sociaux ; mais le rendement des contrôles est historiquement inférieur aux annonces et le risque de report sur les employeurs et les patients est débattu. Source : Interview au Parisien, 2 juillet 2026, via attalpresident.fr.
Former plus de médecins et faire revenir les étudiants partis à l'étranger
Poursuivre la hausse du nombre de médecins formés permise par la fin du numerus clausus, et créer les conditions du retour des étudiants français en médecine partis se former à l'étranger.
Note : 45 sur 100. La suppression du numerus clausus est actée depuis 2019 et la hausse des promotions est engagée ; c'est une politique consensuelle mais à effet lent, environ dix ans entre l'entrée en études et l'installation, qui ne répond pas à la pénurie immédiate. Source : Déclaration de politique générale de Gabriel Attal, janvier 2024.
Défense & politique étrangère : Poursuite de la remontée en puissance
Soutien à la trajectoire de hausse du budget des armées engagée depuis 2017 et amplifiée par la révision de la loi de programmation militaire, maintien de l'ancrage OTAN, soutien sans relâche à l'Ukraine incluant la mobilisation des avoirs russes gelés, et construction d'une Europe de la défense élargie au-delà de l'Union.
Poursuivre la remontée en puissance des armées
Appliquer la loi de programmation militaire révisée, qui ajoute 36 Md€ aux crédits prévus d'ici 2030, et sanctuariser le ministère des Armées dans le plan d'économies budgétaires.
Note : 58 sur 100. La trajectoire est votée, financée dans les budgets récents et soutenue par un large consensus depuis 2022 ; la principale tension est interne au programme : concilier cette hausse avec l'objectif de zéro déficit en 2037 n'est pas arbitré publiquement. Source : Révision de la loi de programmation militaire 2024-2030, actu.orange.fr.
Mobiliser les avoirs russes gelés pour l'Ukraine
« Utilisons ces près de 300 milliards d'euros d'avoirs russes pour aider l'Ukraine » : faire financer l'effort de guerre et la reconstruction ukrainienne par les avoirs souverains russes immobilisés en Europe.
Note : 35 sur 100. L'usage des intérêts de ces avoirs est déjà acquis au niveau du G7, mais la confiscation du principal se heurte à l'opposition de la BCE et de plusieurs États membres et à l'absence de précédent juridique : la France ne peut pas en décider seule. Source : actu.orange.fr, déclaration de Gabriel Attal sur les avoirs russes.
Une Europe de la défense plus large que l'Union européenne
Construire une coalition de défense européenne incluant des partenaires hors UE, complémentaire de l'OTAN, pour que la sécurité du continent ne dépende plus des échéances électorales américaines.
Note : 42 sur 100. La direction est partagée par plusieurs capitales depuis 2022 et des instruments existent (facilité européenne pour la paix, programmes industriels communs), mais l'architecture institutionnelle et le financement de cette coalition élargie ne sont pas précisés. Source : Déclarations de Gabriel Attal comme Premier ministre puis président de Renaissance (2024-2026).
Europe & institutions : Approfondissement européen
Ligne européenne assumée : souveraineté européenne, autonomie stratégique, politiques industrielles communes. Attal y ajoute un agenda IA : révision de l'AI Act jugé trop contraignant et création d'une politique commune de l'intelligence artificielle adossée au budget européen, sur le modèle de la politique agricole commune.
Réviser l'AI Act européen
Assouplir le règlement européen sur l'intelligence artificielle, jugé trop restrictif face à la concurrence américaine et chinoise, pour ne pas pénaliser les acteurs européens émergents.
Note : 42 sur 100. La demande est partagée par une partie des industriels et plusieurs gouvernements, et la Commission a elle-même ouvert des chantiers de simplification ; mais une révision exige une majorité à 27 et au Parlement européen, que la France ne contrôle pas. Source : Entretien aux Échos, juin 2026, repris par attalpresident.fr.
Créer l'équivalent de la politique agricole commune pour l'IA
Mutualiser au niveau européen une part des investissements dans l'intelligence artificielle, en y consacrant une partie du budget de l'Union, comme la PAC l'a fait pour l'agriculture.
Note : 30 sur 100. L'analogie est parlante mais le contenu reste à construire : ni montant, ni gouvernance, ni position des partenaires ; le cadre financier pluriannuel se négocie à l'unanimité et les précédents de mutualisation budgétaire nouvelle (plan de relance 2020) ont exigé une crise majeure. Source : Positions publiques du candidat sur la souveraineté européenne en IA.
Écologie & énergie : Adaptation, eau et sortie des fossiles
L'écologie est traitée comme une « dette » au même titre que la dette financière : sortir des énergies fossiles, qui représentent encore plus de la moitié de l'énergie finale consommée, par la rénovation thermique, l'électrification des transports et la décarbonation de l'industrie. La mesure la plus détaillée est un plan « massif » sur l'eau, annoncé le 9 août 2026, combinant chasse aux fuites, réutilisation des eaux usées et bouclier tarifaire.
Plan « massif » sur l'eau : chasse au gâchis et bouclier tarifaire
Lancer « la plus grande chasse au gâchis jamais menée » : un litre d'eau potable sur cinq est perdu dans les fuites des réseaux, et le plan vise à récupérer 1 000 milliards de litres d'ici 2035, « l'équivalent de 400 000 piscines olympiques ». Les crédits publics seraient réorientés vers les réseaux aux plus faibles rendements, avec un plan de financement « clé en main » proposé aux communes pour les 500 réseaux les moins performants. S'y ajoutent la réutilisation des eaux usées sur le modèle espagnol avec simplification des autorisations et contrats de long terme pour l'agriculture et l'industrie, la récupération d'eau de pluie sur les bâtiments publics, la désimperméabilisation des parkings, un ministère dédié à l'eau, un doublement des amendes en cas de violation des restrictions (3 000 € pour un particulier, 15 000 € pour une entreprise) et un bouclier tarifaire garantissant un prix stable pour les quantités d'eau essentielles, selon la taille du foyer.
Chiffrage : Pas de montant global annoncé : financement par redéploiement de crédits publics existants et prêts de long terme de la Banque des Territoires. L'objectif physique est chiffré (1 000 milliards de litres récupérés d'ici 2035), pas l'investissement nécessaire pour l'atteindre.
Note de crédibilité : 56 sur 100. Précision de la mise en œuvre 16 sur 25, financement 10 sur 25, adossement au consensus économique 16 sur 25, précédents observés 14 sur 25.
Arguments favorables : Le diagnostic est établi : environ 20 % de l'eau potable est perdue dans les fuites des réseaux de distribution, un ordre de grandeur confirmé par l'observatoire national des services d'eau. (Observatoire national des services publics d'eau et d'assainissement (Sispea)) La réutilisation des eaux usées est un gisement réel et peu exploité : la France en réutilise moins de 1 %, très loin de l'Espagne ou d'Israël, et le verrou est largement réglementaire, donc actionnable. (Comparaisons européennes sur la réutilisation des eaux usées traitées) Cibler les 500 réseaux les moins performants est une méthode de bon sens : les pertes sont très concentrées dans un petit nombre de collectivités rurales sans capacité d'ingénierie. (Données Sispea sur les rendements des réseaux)
Objections : Le financement est le point aveugle : le renouvellement des réseaux est estimé à plusieurs milliards d'euros par an par la filière, et un « redéploiement de crédits » sans argent frais ne change pas l'équation des petites communes. (Estimations des besoins d'investissement portées par les fédérations de la filière eau) L'État n'a pas la main sur le prix de l'eau : il est fixé par les communes et intercommunalités, et un bouclier tarifaire national supposerait soit une compensation budgétaire, soit une recentralisation d'une compétence locale. (Organisation des services publics d'eau, code général des collectivités territoriales) La tarification progressive de l'eau, déjà expérimentée en France, a des effets ambigus : les économies d'eau des ménages sont modestes et les effets distributifs dépendent de la composition des foyers, pas seulement du revenu. (Bilan des expérimentations de tarification sociale de l'eau (loi Brottes, 2013))
Précédent, Espagne, depuis les années 2000 : Développement massif de la réutilisation des eaux usées traitées pour l'irrigation, l'industrie et les espaces verts, principalement dans le sud-est du pays. La réutilisation la plus développée d'Europe, qui sécurise l'irrigation en zone aride ; elle a demandé vingt ans d'infrastructures, un cadre sanitaire dédié et une tarification adaptée. Le modèle explicitement revendiqué par Attal existe et fonctionne, mais il s'est construit sur deux décennies : la simplification administrative est nécessaire, pas suffisante.
Précédent, France, plan eau de mars 2023 : 53 mesures gouvernementales : objectif de -10 % de prélèvements d'ici 2030, cible de 10 % d'eaux usées réutilisées, aides aux agences de l'eau. Mise en œuvre engagée mais partielle ; les fuites restent autour d'un litre sur cinq et la réutilisation a peu progressé. Un plan eau national existe déjà : la valeur ajoutée du plan Attal dépendra du financement et du pilotage, exactement les points les moins détaillés de l'annonce.
Sources : Dépêche AFP du 9 août 2026, reprise par Orange Actu · franceinfo : Attal promet un plan « massif » sur l'eau s'il est élu
Résorber la « dette écologique » en sortant des énergies fossiles
Réduire la dépendance aux énergies fossiles, qui représentent encore plus de la moitié de la consommation finale d'énergie, par la rénovation thermique massive des logements, l'électrification des transports et la décarbonation de l'industrie, en visant la neutralité carbone en 2050.
Note : 40 sur 100. Le cap est aligné sur la stratégie nationale bas-carbone et présenté aussi comme un enjeu d'indépendance, ce qui élargit son assise politique ; mais le rythme requis suppose d'accélérer nettement la baisse annuelle des émissions, et le programme n'annonce ni instruments nouveaux ni financements dédiés. Source : « Dette écologique », attalpresident.fr/programme/dette-ecologique.
Sécurité & justice : Autorité de l'État et fermeté pénale
Attal met en avant son bilan législatif : la loi du 23 juin 2025 sur la justice pénale des mineurs, qu'il a portée comme député et dont le Conseil constitutionnel a censuré plusieurs articles clés. Il défend une ligne de fermeté sur la délinquance des mineurs, la clarté et l'exécution des peines, et la protection des mineurs en ligne.
Durcir la justice pénale des mineurs
Prolonger la loi du 23 juin 2025 « visant à restaurer l'autorité de la justice » : responsabilisation des parents défaillants et procédures accélérées pour les mineurs délinquants.
Note : 42 sur 100. C'est un des rares points du programme adossé à une loi déjà votée, ce qui prouve la capacité d'exécution ; mais le Conseil constitutionnel en a censuré six articles, dont les plus emblématiques, ce qui borne constitutionnellement la suite. Source : vie-publique.fr, loi du 23 juin 2025 sur la justice pénale des mineurs.
Rétablir la comparution immédiate pour les mineurs récidivistes de plus de 16 ans
Réintroduire la procédure de comparution immédiate pour les mineurs de plus de 16 ans récidivistes, censurée par le Conseil constitutionnel en juin 2025 au nom des principes fondamentaux de la justice des mineurs.
Note : 28 sur 100. La mesure a déjà été votée puis censurée sur le fond : la rétablir supposerait une révision constitutionnelle touchant à un principe fondamental reconnu par les lois de la République, chemin institutionnel étroit qu'aucun candidat n'a détaillé. Source : franceinfo, censure de six articles de la loi Attal par le Conseil constitutionnel.