🏦 La taxe Zucman

Un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions ?

De quoi parle-t-on ?

Proposée par l'économiste Gabriel Zucman, cette taxe garantirait que les quelque 1 800 foyers français détenant plus de 100 M€ de patrimoine paient chaque année au moins 2 % de sa valeur en impôts, tous prélèvements confondus. Elle répond à un constat empirique : au sommet de la distribution, le taux d'imposition effectif décroît.

Ce qui fait débat

Le constat de départ (les ultra-riches paient proportionnellement moins) est peu contesté ; la solution l'est. Comment évaluer chaque année des actifs non cotés ? Un fondateur d'entreprise peu liquide devra-t-il vendre des titres pour payer ? Et que vaut une taxe nationale sur l'assiette la plus mobile du monde ?

Ce que disent les partisans

Ce que disent les critiques

Ça a déjà été essayé

États-Unis — « billionaire minimum income tax » (2022)ça n'a pas marché

Ce qui a été fait : Projet d'impôt minimum incluant les plus-values latentes des milliardaires.

Résultat : Jamais adopté : bloqué notamment sur la constitutionnalité d'imposer des gains non réalisés.

Ce que ça nous apprend : Le nœud — taxer une richesse non réalisée — n'a encore été tranché nulle part à grande échelle.

Impôt minimum mondial sur les multinationales (2021-2024)ça a plutôt marché

Ce qui a été fait : Accord OCDE fixant un taux effectif minimal de 15 % sur les bénéfices des grandes entreprises.

Résultat : Adopté par plus de 140 pays et entré en vigueur : la logique du « plancher » a fonctionné pour les entreprises.

Ce que ça nous apprend : Le précédent le plus encourageant pour les partisans : un plancher mondial coordonné est possible.

Ce que disent les économistes

Débat vif et de haut niveau. Le diagnostic de régressivité au sommet est largement admis depuis les travaux de l'IPP. Sur le remède, Zucman, Piketty et Landais défendent le plancher patrimonial ; d'autres (dont plusieurs anciens du Conseil d'analyse économique) préfèrent corriger par l'imposition des revenus des holdings, des successions ou une « exit tax » renforcée — mêmes objectifs, instruments moins exposés juridiquement. Personne ne défend le statu quo comme équitable.