🧾 La flat tax sur le capital (PFU)

Le capital doit-il être moins imposé que le travail ?

De quoi parle-t-on ?

Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), créé en 2018, impose les revenus du capital — dividendes, intérêts, plus-values — à un taux fixe de 30 %, quel que soit le revenu du contribuable. Avant, ces revenus étaient soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, comme les salaires.

Ce qui fait débat

Deux principes s'affrontent. L'équité horizontale : un euro de dividende devrait être imposé comme un euro de salaire. L'efficacité : le capital étant mobile, trop l'imposer le fait fuir ou décourage l'épargne investie. La question empirique centrale : la flat tax a-t-elle stimulé l'investissement productif, ou seulement les distributions de dividendes ?

Ce que disent les partisans

Ce que disent les critiques

Ça a déjà été essayé

France, 2013-2017résultat mitigé

Ce qui a été fait : L'expérience inverse : réintégration des revenus du capital au barème progressif (« barémisation »).

Résultat : Rendement fiscal réel, mais chute des dividendes versés et contestation forte sur l'épargne longue ; le dispositif a été défait en 2018.

Ce que ça nous apprend : Les comportements réagissent vite et fort à la fiscalité du capital — dans les deux sens.

Pays nordiques (depuis les années 1990)ça a plutôt marché

Ce qui a été fait : Dual income tax pérenne : capital à taux proportionnel, travail au barème.

Résultat : Base fiscale préservée, rendement stable, redistribution élevée obtenue par la dépense publique.

Ce que ça nous apprend : Un taux séparé et modéré sur le capital est compatible avec un État-providence généreux.

Ce que disent les économistes

Le dissensus est réel et honnête. La théorie penche pour une imposition du capital plus faible que celle du travail (mobilité, double imposition de l'épargne), mais les travaux empiriques récents — Piketty, Saez, Zucman d'un côté, les évaluations France Stratégie de l'autre — montrent qu'en pratique, les baisses de fiscalité du capital enrichissent surtout les distributions de dividendes sans effet mesurable sur l'investissement. La position médiane : un taux séparé, mais pas trop bas, avec lutte active contre l'arbitrage salaire/dividende.