De quoi parle-t-on ?
Plusieurs programmes 2027 — de LFI au RN — prévoient d'appliquer des mesures contraires au droit européen (règles budgétaires, concurrence, marché de l'énergie, immigration), en « désobéissant » aux traités ou en invoquant la primauté du droit national, sans sortir de l'Union.
Ce qui fait débat
Le droit de l'UE prime sur les lois nationales et les juridictions (CJUE) peuvent sanctionner — mais l'histoire européenne est aussi faite de rapports de force, de compromis et de dérogations arrachées. La vraie question n'est pas juridique mais stratégique : que coûte l'épreuve de force, et qu'a-t-elle déjà rapporté à ceux qui l'ont tentée ?
Ça a déjà été essayé
Grèce, 2015 — ça n'a pas marché
Ce qui a été fait : Gouvernement élu sur la rupture avec les créanciers, référendum gagné contre l'austérité.
Résultat : Fermeture des banques, contrôle des capitaux, capitulation en six mois et troisième mémorandum plus dur.
Ce que ça nous apprend : Dans la zone euro, le rapport de force frontal sans arme monétaire s'est soldé par une défaite totale.
Pologne / Hongrie, 2015-2023 — résultat mitigé
Ce qui a été fait : Défiance assumée envers la primauté du droit européen (justice, valeurs).
Résultat : Fonds gelés, astreintes, isolement — puis alternance polonaise revenue dans le rang ; la Hongrie négocie déblocage contre concessions.
Ce que ça nous apprend : La désobéissance prolongée coûte cher et finit en négociation — mais elle a aussi arraché des délais et des compromis.
France-Allemagne, 2003 — ça a plutôt marché
Ce qui a été fait : Dépassement assumé des 3 % de déficit par les deux grands, procédure suspendue par le Conseil.
Résultat : Aucune sanction ; le Pacte fut réformé ensuite.
Ce que ça nous apprend : Quand les grands États enfreignent ensemble des règles budgétaires, la règle plie — précédent limité aux sujets budgétaires.